Testament d'une race - Stanislas Kowalski ***

Testament d'une race ou la vie décrite de Kuntara, chef d'une ethnie massacrée par les puissants Locustes décidés à faire table rase du passé, et en particulier des peuples qu'ils rencontrent sur leur route (une sorte de croisade athée). On y découvre son enfance, son sacre, la diplomatie face à des envahisseurs pas commodes puis les combats, la fuite avant le(s) massacre(s) puis la reddition.

Honnêtement, j'ai eu un mal fou à entrer dans l'histoire. Non pas que l'écriture soit repoussoir (au contraire) mais les nombreux rebondissements (batailles, changement de ville, épreuves nombreuses...) ont failli me faire abandonner (un sacrilège que je ne me résous toujours pas à commettre, sauf cas ultime connu de certaines copines blogueuses ).
Mais j'ai bien fait d'insister : déjà parce que j'avais promis à son jeune auteur Stanislas Kowalski dont c'est le premier roman et ensuite... (cf la suite, normal quoi !)

Aussi bizarre que cela puisse paraître, là où l'action se fait moindre (en deuxième partie), j'ai adhéré au récit et même apprécié les scènes concernant la relation de Kuntara avec sa benjamine, celle avec les dames de société qui acceptent leur sort et cherchent l'issue la moins douloureuse, évacuant d'un revers de la main un passé de luxe, rappelant que la classe ne s'acquiert pas à coups de millions. Par cette proximité promiscuité féminine, Kuntara dégage son humanité et les funérailles d'une servante courageuse et honnête présentent un exemple magnifique. Kuntara, héros bien né, subit les pertes amicales (familiales, fraternelles), relève la tête et avance face à l'adversité en ne perdant jamais courage, jusqu'à l'épuisement de tout.

De longues phrases, un lexique nourri des néologismes liés aux peuplades rencontrées, un roman épique : l'histoire n'est que recommencement, une civilisation renaît souvent sur les cendres d'une autre ou en l'asservissant. Ce texte peu gai intrigue par son contenu narratif, même si un scénario de veillées comme celui employé dans En attendant le vote des bêtes sauvages d'Ahmadou Kourouma aurait été plus judicieux, à mon avis.
À vous de voir, de lire.

page 135 :
" - Ma fille ! Reprenez-vous ! Vous perdez toute dignité. N' oubliez pas qu'il y a toujours quelque chose à tenter. Nous n'éviterons pas la captivité mais nous pouvons faire en sorte qu'elle reste tolérable. Si nous manœuvrons intelligemment, nous devrions parvenir à reconquérir un peu de liberté d'ici quelques mois. 
  - Quelques mois !
  - Oui, au demeurant, ce ne sera pas tellement différent de ce que nous avons fait dans ce palais. Ou est-ce que la perspective de laver du linge et de cultiver la terre vous effraie tant que cela ? "

livre publié à compte d'auteur, chez Lulu

Rentrée littéraire 2012

Je remercie Stanislas Kowalski de sa confiance et pour l'envoi de ce premier roman.

Ce livre fait l'objet d'une lecture commune avec Zarline 

le blog de l'auteur : ici

et un de plus pour le challenge d'Anne

22 commentaires:

  1. Je croyais qu'il s'agissait de Stanislavski ; la boulette....

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  2. Malgré tout le bien que tu en dis, je ne me laisserais pas tenter. Phrases longues et néologismes, ce n'est pas vraiment mon truc...

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    1. Le début fut difficile pour moi et je comprends ta retenue. Mais il y a des moments très intéressants dans ce livre qui montrent un talent littéraire certain de l'auteur. À lui de sortir des détails nombreux et parfois inutiles.

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  3. Je viens de mettre mon avis en ligne et c'est vraiment drôle, car je crois qu'au final, on a chacune aimé les parties que l'autre a trouvées plus faibles. Je n'ai pas réussi à croire aux émotions de Kuntara envers sa fille ou Parthéné alors que ses faiblesses face aux combats et son côté plus égoïste m'ont parus plus crédibles. J'ai par contre beaucoup aimé le style et serais curieuse de lire les prochains écrits de l'auteur. En tous cas merci pour cette LC, je comprends tes difficultés à parler de ce livre.

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    1. Merci à toi de m'avoir accompagnée. C'est vrai que j'ai eu un mal fou à rédiger cet article car je souhaitais rester honnête sur cette lecture et ne pas décourager l'auteur. Voilà, je pense y être arrivée finalement. Bises (cette LC est vraiment tombée à point et elle éclaire l’œuvre de différentes points de vue).

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  4. Le thème ne m'attire pas du tout, je ne pense pas qu'il soit pour moi.

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    1. As you want, my dear ! Je ne te jette pas la pierre, je n'ai pas su susciter l'envie non plus. Bisous

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  5. Je ne vais pas retenir, c'est le sujet qui ne m'attire pas.
    Bonne soirée !

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    1. Oui, le thème n'est pas gai : je comprends. Bises

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  6. Oserais-je me joindre au concert général des commentaires ? Je ne suis pas très tentée... mais je note ce titre au challenge, bien sûr !

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    1. Je comprends, je ne suis guère engageante mais je préfère rester honnête. Zarline et moi avons été intéressées au cours de ce récit, à des moments totalement opposés. Bises

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  7. Euh... je passe mon tour. Ceci dit ton billet est remarquable bisous !

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    1. Merci, Une Comète, qu'il fut dur à produire !

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  8. je copie sur Jérôme ( je suis une mauvaise élève:))

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  9. Oh, j'avoue que je n'ai pas du tout envie de le ire.

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  10. Bonjour Philisine, j'ai été sollicité par l'auteur à propos de son roman, je n'ai pas donné suite et puis je dois dire que je n'aime pas trop le titre. Bon dimanche.

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    1. Oui, je comprends pour le titre que je n'aime pas non plus. Pour moi, le mot race reste très connoté. Bises

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  11. Je me range du côté de l'avis général, ce livre ne me tente guère...

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