Amour censure

by Hoshi (alias Mathilde Gerner)... une petite minette qui a une voix géniale, assurément une superbe interprète, avec une forte présence. Le ton est donné, le rythme de la chanson est dynamique et motivant, les paroles sont impeccables, il n'y a rien à ajouter ni à retrancher. Un bel hymne à la tolérance et à l'amour tout court !

Au placard, mes sentiments
Surtout ne rien dire et faire semblant
Être à part, un peu penchant
Au bout du navire, je coule doucement

Maman désolée j'vais pas te mentir
C'est dur d'effacer tout se qui m'attire
Un peu dépassée par tout mes désirs

Papa c'est vrai j'ai poussé de travers
J'suis une fleur qui se bat entre deux pierres
J'ai un cœur niqué par les bonnes manières

Est-ce qu'on va un jour en finir
Avec la haine et les injures
Est-ce que quelqu'un viendra leur dire
Qu'on s'aime et que c'est pas impur
Pour pas que j'pense à en finir
Vos coups m'ont donné de l'allure
Pour le meilleur et pour le pire
J'prendrai ta main, un jour c'est sûr


Il n'y a pas d'amour censure
Il n'y a que de l'amour sincère
Il n'y a pas d'amour censure
Il n'y a que de l'amour sincère


Travestir qui je suis vraiment
Faire taire la rumeur
Les mots sont tranchants
Se mentir à s'arracher les dents
Ils cherchent un docteur
On souffre sans être souffrant

Maman, désolée j'ai pris tes calmants
C'est pas que j'voulais partir mais c'est violent
J'voulais juste dormir un peu plus longtemps





Papa t'inquiètes, j'ai appris à courir
Moi aussi, j'veux une famille à nourrir
On s'en fout près de qui j'vais m'endormir

Est-ce qu'on va un jour en finir
Avec la haine et les injures
Est-ce que quelqu'un viendra leur dire
Qu'on s'aime et que c'est pas impur

Pour pas que j'pense à en finir
Vos coups m'ont donné de l'allure
Pour le meilleur et pour le pire
J'prendrai ta main, un jour c'est sûr


Est-ce qu'on va un jour en finir
Avec la haine et les injures
Est-ce que quelqu'un viendra leur dire
Qu'on s'aime et que c'est pas impur
Pour pas que j'pense à en finir
Vos coups m'ont donné de l'allure
Pour le meilleur et pour le pire
J'prendrai sa main un jour c'est sûr


Il n'y a pas d'amour censure
Il n'y a que de l'amour sincère        
Il n'y a pas d'amour censure           
Il n'y a que de l'amour sincère

Paroliers : Marc Hekic / Mathilde Gerner

Un peu de nuit en plein jour - Érik L'Homme **

Il y a une chose qui m'énerve particulièrement quand je referme un livre, c'est le goût d'inachevé, d'à peine amorcé. Et je suis d'autant plus énervée lorsque je considère
  • qu'il y avait de vraies bonnes idées qui, si elles avaient été correctement exploitées, auraient donné un ensemble consistant efficace et sympa à lire.  
  • que ce sentiment d'inachevé aurait pu être largement atténué voire amendé avec un minimum de relectures (soit par des lecteurs externes, soit par le comité de lecture de la maison d'édition). Je n'en veux pas à l'auteur qui, dans son processus de création peut ne pas avoir complètement conscience du manque de consistance de son écrit ou du moins ne pas avoir assez de recul, là-dessus. Mais je me demande comment un tel contenu a pu sortir des fourneaux tel quel, sans amendements. Ou alors, la maison d'édition a fait ce qu'elle a pu et ce que je considère comme une ébauche avancée est le meilleur résultat qu'on pouvait obtenir. 
Bref vous l'avez compris, Un peu de nuit en plein jour d'Érik L'Homme ne m'a pas complètement emballée et j'en suis sortie très frustrée parce qu'il y avait matière à faire autrement !
Un peu de nuit en plein jour par L'Homme
Image captée sur le site Babélio

Un peu de nuit en plein jour narre un univers où la nature est en recul, où les castes humaines sont légions, où les dominants ont le droit de vivre en surface, où un monde foisonnant subsiste en sous-sol, où les combats de rue sont des moyens de subvenir au quotidien, où l'amour existe toujours mais s'achète parfois, où les complots politiques scandent le rythme existentiel.

Dans Un peu de nuit en plein jour, il y a deux héros - un homme, une femme- : Féral, un humain massif au vécu chargé qui s'est trouvé une famille après des errements et souhaite en construire une autre avec Livie, jeune et sémillante guerrière qui accepte l'impossible pour s'acquitter d'une peine. D'eux, on découvre le lien fort qui les unit, leur parcours de vie, la violence aussi.

Si j'avais à faire la promotion de ce roman dystopique je dirais que c'est un des rares livres lus où le défrichage a eu lieu, mais aucun sillon n'a été creusé. Je m'explique : 
  • je n'ai pas réussi à imaginer les lieux (parce qu'il n'y a pas eu une seule description ; parce que les scènes n'ont pas prêté un temps pour installer l'atmosphère). Je n'ai pas réussi à visualiser les conditions de vie des personnages,
  • j'ai eu du mal à discerner le caractère des personnages -ce qui les habite vraiment, leurs motivations, leurs états d'âme- (parce qu'il n'y a eu aucun temps consacré par Érik L'Homme à celà)
  • seul, le passé de Féral est à peu près abordé. Le passé du reste de la troupe ou son avenir sont complètement sabordés ; le passé de Livie est à peine effleuré.
  • le fil rouge qui guide l'histoire n'a pas non plus une origine écrite : on ne sait pas d'où on vient, on ne sait pas où on va.
  • la fin est à l'image du livre : décalée et incohérente, elle tombe comme un cheveu sur la soupe ! J'ai eu le sentiment que l'auteur a voulu également aborder différents procédés littéraires (dystopie, onirisme, roman) en se dispersant beaucoup et sans aller au bout de sa démarche et c'est bien dommage.
Sincèrement, je regrette vraiment toutes mes remarques, parce que je pense sincèrement qu'avec plus d'application, plus de boulot, plus de recul, Un peu de nuit en plein jour aurait pu être une œuvre intéressante, nourrie. L'écriture d'Érik L'Homme est accessible, simple et agréable à lire : il ne se regarde pas écrire, il compose (et ça, c'est intéressant, même si le tout est perfectible). J'aurais tellement aimé apprécier cet écrit qui a de bonnes idées (en référence à La route de Cormac McCarthy pour le côté no man's land, à La servante écarlate de Margaret Atwood pour le côté sociétal même si là, la romancière offre une leçon éclatante à Érik L'Homme de ce que c'est que décrire une société nouvelle). Tout est installé mais tout absolument tout est survolé.
Déçue, je suis.

Éditions Calmann-Lévy
août 2019 

Autre avis : Bernhard

Lu grâce au prêt de mon amie G. qui voulait connaitre mon avis (et qui a eu le même ressenti que le mien)

BD : Fables amères (de tout petits riens) - Chabouté ****

Je ne suis pas une habituée des bandes-dessinées, je laisse les experts pour cela. Mais j'ai quand même eu des coups de cœur pour certains auteurs que j'aime suivre. Christophe Chabouté en fait partie et visiblement, il n'est pas décidé à laisser sa place !
Fables amères - de tout petits riens - raconte les maladresses du quotidien, les petites mesquineries du destin, la faiblesse, l'absurdité, l'ironie et la futilité humaines, les idéaux politiques et les lois implacables.
Chez Chabouté, il y a une humanité profonde, instituée, émouvante. Chabouté parle peu mais ses mots, ses images, ses histoires sont d'une efficacité folle d'une grande subtilité : il appuie là où cela fait mal ; il ne rate jamais son propos, jamais son discours, jamais une chute ; il arrive à m'émouvoir à chaque scène, il me bouscule.
Dans Fables amères, on aura le cœur serré en découvrant les rêves de réussite d'une petite fille, on sourira devant une correspondance électronique platonique suivie d'une descente générationnelle.
L'exil, le racisme ordinaire et l'ostracisme sont prégnants, les rêves et les désillusions aussi.

Il n'y a pas de chroniques faibles dans Fables amères, mais certaines décisives marquent la lecture de façon durable, donnent le frisson, font réfléchir.
Au cours de cette lecture, j'ai eu une pensée émue à cet adage maternel : "Il n'y a pas de sous-métiers, ma fille, tous méritent le respect.", que je transmets à mon tour à mes filles (merci, ma petite Maman, d'avoir tant insisté). Chabouté narre des anecdotes qui le démentent/le contredisent et c'est foncièrement cinglant, parce que ces chroniques disent l'irrespect et le manque de considération de son prochain, parce qu'elles conduisent à la violence sociale et sociétale.

Fables amères : un recueil qui inscrit son auteur comme expert nouvelliste de la bande dessinée, un condensé de nos vies, tout en finesse, où l'économie des mots et des images rend le discours d'autant plus fort. Saisissant et impérial. No comment.

Éditions Vents d'Ouest.

Emprunté à la bibliothèque

Avis : Géronimo, Noukette, À propos des livres,

 Du même auteur
 Construire un feu (non chroniqué)
  Tout seul 
 Un peu de bois et d'acier
 

Vie de Gérard Fulmard - Jean Échenoz (entre ** et ***)

Dernier-né de l’œuvre d'un de mes auteurs chouchous Jean Échenoz, le roman Vie de Gérard Fulmard m'a un chouïa déçue. Bien sûr, on retrouve avec délice la plume de l'auteur, son côté proximal mais j'ai senti peut-être à tort une histoire construite de toutes pièces où l'auteur a esquissé auparavant une trame approximative et a pas mal improvisé sur la fin. En fait, tout m'a paru entamé et inachevé. Bref, je n'ai pas été hyper convaincue.
Ex-steward sorti manu militari de son boulot pour faute professionnelle, Gérard Fulmard décide d'une reconversion en tant que détective privé. Les débuts sont difficiles, le chaland semble peu attiré par son agence en construction/démolition et par le manque de charisme de son propriétaire. Parallèlement dans la ville, un petit clan politique a quelque peu des difficultés de leadership, amplifiées par la disparition soudaine de sa cheffe de parti.  

J'ai eu le sentiment tout au long de ma lecture que Jean Échenoz a voulu un mixe de ses précédentes œuvres, à la fois dans sa façon de narrer les événements  (tantôt dans le scan provisoire de certains protagonistes, tantôt dans le côté romancé de l'histoire) mais également dans son style littéraire : il s'autorise en dernière partie ses intrusions/commentaires habituels. Cela part dans tous les sens (on ne s'ennuie pas, mais on ne voit pas où on va), c'est plaisant à lire mais je ne suis pas sûre d'en retenir quelque chose d'inoubliable (à part peut-être la scène d'une baignade avec une blessure). Tout absolument tout m'a paru décousu, effleuré, superficiel et franchement, franchement avec le talent de l'auteur, j'aurais aimé tellement mieux. À croire que Jean Échenoz a répondu à une commande institutionnelle ou qu'il s'est infligé lui-même, que lui-même ne croit pas non plus en son histoire ni en son antihéros, pigeon parmi les pigeons (ou requin parmi les requins politiques ou physiques).

À lire si cela vous dit mais Jean Échenoz a fait tellement mieux.     

Les Éditions de Minuit

 autres avis : Ys (dont l'article m'a motivée à acheter le livre), Comète, Dasola,


Du même auteur :
Des éclairs  
Envoyée spéciale 
14    

La Photo du Mois # 59 : Mes bonnes résolutions pour 2020.

Le thème du mois fut décidé par Tambour major qui le décrit ainsi : " Quelles sont vos bonnes résolutions pour la nouvelle année ? Montrez-le-nous en image. "

Au début, je n'ai pas été franchement emballée par la thématique, pas très inspirée à vrai dire, parce que s'il y a bien quelque chose que je déteste envisager à chaque début d'année civile, est de me projeter sur des résolutions que je ne tiendrai pas de toute façon.
Toutefois, comme ma vie est très chamboulée actuellement et ce depuis quelque temps (j'en parlerai un jour sans m’appesantir et avec un brin d'humour, si j'en ai envie et si je pense que mon témoignage et mon cheminement peuvent aider d'autres femmes), faire des choses nouvelles fait partie de ma thérapie tout personnelle de mieux-être face à une épreuve.

Voici donc en image, une de mes résolutions qui datent d'au moins trente ans, et enfin tenue en ce début du mois de février pour fêter mon quatorzième anniversaire de mariage avec mon cher et tendre (qui porte très bien ces deux adjectifs) et parce que la réaliser m'a fait le plus grand bien !
La Cigale - Place Graslin - NANTES
Résolution 2020 : déjeuner à la Cigale, une brasserie-salon de thé historique de Nantes où le cadre est splendide. Le repas était super.

Pour la petite histoire, 
  • deux jours après le déjeuner, j'y retournais pour prendre un cappuccino.  Comme quoi, il fallait vraiment une première fois pour me décider !
  • Et quelques jours après notre passage, on découvrait sur TF1 dans l'émission Sept à huit un reportage consacré à ce lieu mythique et historique (un reportage instruit et complet qui indique aussi l'origine du nom et l'histoire de ce lieu exceptionnel qui a connu différents bouleversements) : trop bien ! Comme quoi, le hasard et la vie réservent aussi de belles surprises.
Admirons les résolutions des autres :

Avant toi

une chanson classe, qui s'écoute partout ; un duo très inspiré et visible dont les deux tessitures de voix me donnent des frissons à leur façon : chaleur et arrondi chez Slimane, profonde maîtrise et à la limite de la rupture chez Vitaa, et pour tous les deux une précision d'orfèvre et une justesse de ton.
Et ce live est ma version favorite d'Avant toi.

Le duo Slimane-Vitaa est un aboutissement : en effet, c'est grâce à une réinterprétation génialissime et solennelle du magnifique hit À fleur de toi de Vitaa que Slimane a passé brillamment les auditions de The Voice 2016 (et la suite on la connaît ... il en a été le vainqueur émérite de cette édition et a découvert la postérité).

"Je ne suis pas sortie de ma nuit." - Annie Ernaux ***

J'aime beaucoup le titre de cet instantané de vie que narre Annie Ernaux. Il n'est pas d'elle mais de sa mère, souffrant en fin de vie de la maladie d'Alzheimer et dont les fulgurances étaient tantôt d'une extrême poésie, tantôt à côté de la plaque, souvent décalées. Annie Ernaux raconte dans "Je ne suis pas sortie de ma nuit." son accompagnement auprès de sa mère, le quotidien des malades, leur abandon au réel, la déchéance mentale et physique. L'autrice fait preuve d'une grande lucidité comme à son habitude, décrit sans mensonge, sans tromperie, brut de décoffrage mais sans heurter non plus. Il y a du tact, de la colère de voir sa mère partir, de ne pas pouvoir tout lui dire ; il y a la description des conditions d'hébergement en hôpital, le suivi des malades ; il y a le passé familial aussi. Il y a sa vie à elle aussi, chamboulée, en plein divorce et en construction d'un autre amour.

Je pense sincèrement que ce livre peut faire du bien aux personnes qui connaissent ou qui ont connu cette situation : vivre et accompagner une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer. Parce qu'ils reconnaîtront un moment ou un autre un passage vécu ou quasi similaire. Pour ma part, je n'ai pas été si emballée : Annie Ernaux arrive parfaitement à son but (comme toujours, elle est infiniment pragmatique et directe). Il m'a manqué l'émotion dans une partie du livre : j'ai senti que l'autrice écrivait plus avec sa tête qu'avec son cœur, que cette forme de retenue et de pudeur rendait sa prose hachée, irrégulière, pas assez fluide, peut-être percutante mais pas assez jolie et parfois répétitive. Il a fallu malheureusement attendre l'annonce de la fin pour que là les vannes s'ouvrent, que le cœur prenne toute la place, et qu'enfin on découvre des mots (toujours aussi) justes, simples et un contenu (très) habité.  Oui, que le cœur prenne toute la place (je me répète) et qu'il parle de cœur à cœur (à partir de la page 105). 
Mais Annie Ernaux l'exprime si bien, (et Delphine de Vigan également dans Rien ne s'oppose à la nuit le décrit aussi), il est difficile d'écrire sur sa mère parce que beaucoup de sentiments refoulés refont surface et peuvent gêner la prise de recul et la création. Et de ce point de vue, l'autrice a parfaitement réussi : ne pas se mettre en avant, montrer le couple mère-fille, leur relation jusqu'au bout complexe et pas toujours sereine. 
Reste à savoir s'il faut dévoiler tous ses petits secrets avant le départ de l'autre : Annie Ernaux se questionne, éprouve un regret de n'avoir rien dit de l'Événement à sa mère. Je crois que contrairement à elle, il n'est pas indispensable que tout se sache, qu'on n'y perd pas en convivialité ou en proximité, parce que parfois certains problèmes sont nos problèmes et en aucun cas ceux des autres, et que c'est à nous de les résoudre et pas les autres. 

Au-delà de la maladie dont traite ce livre, "Je ne suis pas sortie de ma nuit" porte un regard sur une  relation familiale, un vécu, un regard sur la vie aussi et interroge le lecteur. Qu'écrire ce livre-là de cette façon-là est à la fois courageux et généreux. Donc intéressant.

Éditions Folio

de la même autrice :
    L'autre fille  
    L'événement  
    La place 
    Les années

emprunté à la bibliothèque