J'avais quitté Delphine de Vigan avec sa pièce de théâtre Les figurants, je la retrouve avec Je suis Romane Monnier. On peut dire que ce nouvel opus s'inscrit dans la lignée de Les enfants sont rois. Dans Je suis Romane Monnier, Delphine de Vigan provoque la rencontre de deux êtres à travers un échange de téléphones portables : Thomas un imprimeur et père de Léo, Romane une jeune femme en recherche. A priori, une histoire ordinaire qui bascule dans le pas normal, parce si Thomas arrive à récupérer son smartphone, Romane n'éprouve aucune envie de retrouver le sien et laisse à Thomas tout loisir de comprendre le pourquoi du comment. Et dans ce jeu de devinettes et d'exploration, Thomas cherche Romane et se trouve aussi. Je suis Romane Monnier se lit très bien, interpelle nos vies hyper connectées où tout se dit, où tout se vit, où finalement l'intimité est réduite à peau de chagrin. Delphine de Vigan nous présente deux héros : un visible, transparent et qui finalement nous révèle une autre vérité de lui-même, et une invisible mais présente par ses sms, ses notes, ses enregistrements. On s'attache à l'un et à l'autre, on comprend Romane et on rentre dans le jeu de piste de Thomas. Le récit est maîtrisé, relancé par différents formes littéraires. Ce qui ressort de Je suis Romane Monnier est que Delphine de Vigan est une autrice brillante et profondément intelligente, au regard aigu sur l'âme humaine : ce livre en est la confirmation. Un très bon moment de lecture.
J'ai eu à cœur de lire L'oreille absolue d'Agnès Desarthe, un roman bienveillant qui présente un village où on ne meurt pas/plus. Dans cette galerie de portraits, on rencontre un grand timide à la voix exceptionnelle, un Jacques sur le départ, une Sonya à la musique enchantée, un quatuor au drame partagé, tous convergent vers l'orchestre du coin, le soir de la représentation finale. Agnès Desarthe séquence ses portraits avec une petite incantation. Une musique qui déroule et rythme les vies, les secrets, les surprises. Une musique qui parle d'opportunités, de découvertes, de tremplin et d'injustice aussi. Un moment agréable de lecture, qui fait du bien.
Pour répondre au thème, j'ai choisi un vitrail scintillant de l'artiste Sara Ouhaddou lors de la belle exposition temporaire "Lire le ciel, sous les étoiles en Méditerranée" au Mucem à MARSEILLE. Cette exposition s'est déroulée du 9 juillet 2025 au 5 janvier 2026.
Pour notre rendez-vous avec Anne, première écoute et gros coup de cœur pour la voix, la musique. J'ai été contente de retrouver Christine and the Queens, de retrouver son univers. J'aime l'artiste qui essaie, un être authentique avec un parcours sinueux et sincère, je l'aime pour tous les souvenirs (un super concert, des moments de musique fantastiques avec son album Chaleur humaine et d'autres chansons).
Merci beaucoup pour Rentrer chez moi, une perle de délicatesse et d'émotion.
C’est pas une raison
pour tout foutre en l’air. C’est pas une raison,
j'étais en colère. Je ne sais plus comment
demander qu’on m’aime. Je suis impatient,
tu me manques tant.
Et puis tous les matins, je me lève, je me demande encore ce qui m’est arrivé là. Et puis tous les matins comme en rêve, je me demande encore ce qui m’est arrivé là.
Oh je veux rentrer chez moi. Oh je veux rentrer chez moi.
On ne m’avait pas dit que tant de lumière pouvait s’échapper de dessous la terre.
On ne m’avait rien dit, j’ai dû laisser faire parler à l’enfant du passage du temps.
Et puis tous les matins je me lève, je me demande encore ce qui m’est arrivé là. Et puis tous les matins comme en rêve, je me demande encore ce qui m’est arrivé là.
Oh je veux rentrer chez moi. Oh je veux rentrer chez moi.
Oh prends le temps de faire renaître la vie d’avant lettre après lettre.
Depuis tous les matins je me rêve en quelque chose que le vent soulève. Ne plus jamais donner de nouvelles. Dans ton absence, tout se révèle.
Et puis tous les matins je me lève, je me demande encore ce qui m’est arrivé là. Et puis tous les matins comme en rêve, je me demande encore ce qui m’est arrivé là.
Oh je veux rentrer chez moi. Oh je veux rentrer chez moi.