[RDV en chanson] Melodrama - Disiz et Theodora

Pour ce rendez-vous en chanson avec Anne, je vous propose le Melodrama version Disiz et Theodora. Parce que même si cette chanson parle de rupture, elle raconte aussi l'avant de l'amour, la dégradation de la relation amoureuse même si le lien persiste ! 

Un duo frais, dynamique avec des voix incarnées (avec un flow doux et percutant) et un style d'écriture qui m'accroche vraiment. 

Well done et bravo !

Citations :

Moi, j’ai dit : “ Je t’aime ” à un homme.. pas à deux.

J’suis comme un son que t’aurais pas Shazam.
* Shazam : application qui permet de retrouver un titre de chanson grâce à un court extrait sonore de ladite chanson.

C’еst donc la dernière fois qu’on s’raccompagne.

.... il pleut de l’eau d’javel.
Ça fait de l’aquarelle sur les couleurs de la vie sans elle.

... tout coule sur moi, sur la douleur de la vie sans toi.
Tout roule, tout roule pour toi...

et cette conclusion implacable :  J’ai jamais vraiment été ta Valentine.


Blessé bg, végéter dans l’TGV.
Dégoûté, qu’est-ce que j’ai fait ? Qu’est-ce que j’ai fait ?
Encore, toujours, pareil (encore), il pleut de l’eau d’javel.
Ça fait de l’aquarelle sur les couleurs de la vie sans elle.
Tout coule, tout coule sur moi, sur la douleur de la vie sans toi.
Tout roule, tout roule pour toi, ouh.

J’suis comme un son que t’aurais pas Shazam.
J’suis comme un con dans c’méli-mélo drame.
Ça fait si mal alors qu’ça fait pas long time.
J’suis comme ce son que t’aurais pas Shazam.
J’suis comme un con dans c’méli-mélo drame.
C’еst donc la dernière fois qu’on s’raccompagne.

Pochеs pleines surtout sous les yeux.
Babe, tu m’as fait trop d'peine, j’ai même pleuré Dieu.
Je t’ai dit “ Je t’aime ” plus d’une fois ou deux.
Mais moi, j’ai dit : “ Je t’aime ” à un homme.. pas à deux.
Tu m’donnes le blues d’hiver.
Je suis dans un étoilé mais je repense à hier.
Galères et RER, si ton pied c’est mon pied, pourquoi tout foutre en l’air ?

J’suis comme ce son que t’aurais pas Shazam.
Y a ton odeur dans mon lit, dans mes draps.
J’ai jamais vraiment été ta Valentine.
J’suis comme ce son que t’aurais pas Shazam.
Y a ton odeur dans mon lit, dans mes draps.
J’ai jamais vraiment été ta Valentine.

C’est tout à ton bonheur de m’vouloir du mal.
Moi, j’suis venu pour l’amour, pas pour l’tribunal.
Je plaide coupable de toute façon, y a l’enfance dans l’équation.

J’suis comme un son que t’aurais pas Shazam.
J’suis comme un con dans c’méli-mélo drame.
Ça fait si mal alors qu’ça fait pas long time.
J’suis comme ce son que t’aurais pas Shazam.
Y a ton odeur dans mon lit, dans mes draps.
J’ai jamais vraiment été ta Valentine.

Melodrama 

J’suis comme un son que t’aurais pas Shazam.
J’suis comme un con dans c’méli-mélo drame.
Ça fait si mal alors qu’ça fait pas long time.
C’еst donc la dernière fois qu’on s’raccompagne.
Y a ton odeur dans mon lit dans mes draps,
J’ai jamais vraiment été ta Valentine.
Melodrama.


Les insolents Du même bois

Les insolents **** - Ann Scott

Les insolents, une découverte de la plume d'Ann Scott et une belle surprise. Dans Les insolents, Ann Scott décrit un trio de potes parisiens (Alex, Jacques et Margot), et plus particulièrement le choix d'Alex, compositrice reconnue de musiques de film, de quitter la capitale pour respirer le bon air, se rapprocher de la mer après une période Covid enfermante. Ses deux amis comprennent peu/pas cette décision, tous deux habitués à la culture à foison qu'offre la capitale, les rencontres enivrantes, les soirées à n'en plus finir, les choix de partenaire. Alex n'en a cure, son choix est acté depuis longtemps. À l'ère de l'IA, elle sait son métier en péril, elle sait les distances menaçantes pour les réseaux professionnels, pour les amitiés aussi. Mais Alex a envie d'espace, de verdure, d'un nouveau challenge de vie cette fois. Une énième rupture amoureuse, une liaison pas satisfaisante vont l'aider. Dans Les insolents, Ann Scott nous épargne aucune description, aucune étape, aucune remise en question : il n'y a rien de rose, juste des humains qui ont envie de se retrouver. J'ai senti les atmosphères, j'ai visualisé les scènes, les chemins qui mènent à la plage, les courses au village. J'ai lu l'isolement, les rencontres de solitudes. Les insolents est un roman qui offre aussi des réflexions sur nos vies encombrées. Intéressant, vraiment intéressant. 

Éditions J'ai lu
Prix Renaudot 2023 

 

Du même bois *** - Marion Fayolle  

Autre autrice découverte avec ce court livre mi-fiction mi-autobiographie, Marion Fayolle décrit dans Du même bois des scènes de famille dans une ferme : une maison partagée, un frère à surveiller, chaque femme qui devient à son tour la matriarche (une petite devient si vite grande). Chaque vêlage est à la fois une fête et une inquiétude. Une enfance parmi les animaux (de toutes sortes, en chair et en os, et pas dans les documentaires) à les observer et à les ausculter, une famille d'accueil, de nouvelles arrivées et un cycle de vie qui se régénère. C'est une lecture agréable à découvrir, très courte (autour de 120 pages) qui rappellera des souvenirs à celles et à ceux qui ont connu des épisodes d'enfance dans les fermes (à l'occasion de vacances, de fêtes de famille, de dimanches à la campagne, de vie aussi). Une époque passée pas si lointaine, une époque où les enfants étaient beaucoup dehors et pas devant les écrans (d'ordinateur, de tablettes, de smartphones) exceptée la fameuse télé. Du même bois ne présente pas de nostalgie, il est avant tout un témoignage d'une époque révolue, un témoignage littéraire comme les vêtements, les murs ou les photographies en représentent d'autres plus matériels. À l'aide de courts chapitres, Marion Fayolle décrit des événements, des personnalités d'une famille, rend hommage à un monde de labeur, de simplicité et de générosité. Et cela fait du bien aussi de prendre ce temps de la contemplation. 

Éditions Folio

 

Avec Les insolents, je participe au Petit Bac 2026 d'Enna
Catégorie PLURIEL (Les INSOLENTS)  

 

 

 

Je suis Romane Monnier à L'oreille absolue

Je suis Romane Monnier **** - Delphine de Vigan

 
J'avais quitté Delphine de Vigan avec sa pièce de théâtre Les figurants, je la retrouve avec Je suis Romane Monnier. On peut dire que ce nouvel opus s'inscrit dans la lignée de Les enfants sont rois. Dans Je suis Romane Monnier, Delphine de Vigan provoque la rencontre de deux êtres à travers un échange de téléphones portables : Thomas un imprimeur et père de Léo, Romane une jeune femme en recherche. A priori, une histoire ordinaire qui bascule dans le pas normal, parce que si Thomas arrive à récupérer son smartphone, Romane n'éprouve aucune envie de retrouver le sien et laisse à Thomas tout loisir de comprendre le pourquoi du comment. Et dans ce jeu de devinettes et d'exploration, Thomas cherche Romane et se trouve aussi. Je suis Romane Monnier se lit très bien, interpelle nos vies hyper connectées où tout se dit, où tout se vit, où finalement l'intimité est réduite à peau de chagrin. Delphine de Vigan nous présente deux héros : un visible, transparent et qui finalement nous révèle une autre vérité de lui-même, et une invisible mais présente par ses sms, ses notes, ses enregistrements. On s'attache à l'un et à l'autre, on comprend Romane et on rentre dans le jeu de piste de Thomas. Le récit est maîtrisé, relancé par différents formes littéraires. Ce qui ressort de Je suis Romane Monnier est que Delphine de Vigan est une autrice brillante et profondément intelligente, au regard aigu sur l'âme humaine : ce livre en est la confirmation. Un très bon moment de lecture.
Éditions Gallimard 
 

L'oreille absolue **** - Agnès Desarthe 


J'ai eu à cœur de lire L'oreille absolue d'Agnès Desarthe, un roman bienveillant qui présente un village où on ne meurt pas/plus. Dans cette galerie de portraits, on rencontre un grand timide à la voix exceptionnelle, un Jacques sur le départ, une Sonya à la musique enchantée, un quatuor au drame partagé, tous convergent vers l'orchestre du coin, le soir de la représentation finale. Agnès Desarthe séquence ses portraits avec une petite incantation. Une musique qui déroule et rythme les vies, les secrets, les surprises. Une musique qui parle d'opportunités, de découvertes, de tremplin et d'injustice aussi. Un moment agréable de lecture, qui fait du bien.
Éditions de l'Olivier 
De la même autrice
Ce qui est arrivé aux Kempinski   -   Dans la nuit brune  - L'éternel fiancé -  La chance de leur vie  -

Après un Cocktail sugar, Tenez bon !

Cocktail Sugar et autres nouvelles de Corée ****
Collectif de huit autrices coréennes

 
Cocktail Sugar et autres nouvelles de Corée est un recueil de huit nouvelles intéressantes et de haute qualité, qui permettent d’entrer par la petite porte littéraire dans la culture coréenne, autour de femmes et d’hommes, dans un monde particulier où l’adultère est coutumier. J’ai lu et apprécié certains écrits, j’ai eu un coup de cœur pour le fantastique Cocktail Sugar de Go Eun-Ju (pour la ronde des personnalités et des transmissions qu’il permet avec une chute imparable) et le corrosif Premières neiges de Oh Jung-Hi (une pause goûter gourmande qui m'a rappelée une fable de Jean de la Fontaine en version moderne et humaine). J’ai aimé le portrait maternel dans Le couteau de ma mère (ustensile de labeur et de liberté) de Kim Ae-Ran.  La nouvelle  Les chiens au soleil couchant de Han Kang (prix Nobel de littérature 2024) m'a profondément touchée, nouvelle sombre à la maîtrise parfaite tant dans les descriptions de lieu que des relations, sur une enfance abîmée. J’ai été sensible à Doublage de Park Chan-Soon qui honore les accompagnants avec douceur et délicatesse, sans le côté larmoyant, tout en restant raisonnable. L'héroïne de Trois jours en automne de Pak Wan-So se voue corps et âme à ses missions jusqu'aux trois derniers jours.
Les nouvelles sont relativement longues (la plupart dépassent les trente pages, certaines oscillent autour de soixante pages) et permettent d’installer les personnages et l’atmosphère. Elles sont toutes bien écrites et construites. Elles abordent des femmes de notre temps, combattantes, personnalités déterminées du plus jeune âge au plus ancien, au destin fragile ou fragilisé. Je suis contente de leur découverte.
Éditions Zulma
Traduction multiple conduite sous la direction de Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet.
 
 
Tenez bon - Pierre Assouline (entre *** et ****)
 
Dans Tenez bon, Pierre Assouline nous parle d’expériences de vie (parfois dangereuses, souvent altruistes), de littérature, d’impact d’œuvres littéraires sur sa pensée (et celle de ses élèves), sur ses choix. J’ai apprécié cet essai instruit sans être trop nombriliste, je l’ai trouvé utile et vrai (parce que la littérature a été et est un beau refuge dans ma vie d'humaine et m'a aidée à surmonter des deuils, des désillusions, à continuer à croire en l'humanité même si les temps actuels d'espoir sont durs) : c’est toujours bon de rappeler les valeurs qui nous lient, des valeurs humanistes. J’ai apprécié l’écriture à la fois instruite et claire, son estime de grands auteurs et de personnalités attachantes et justes (j’ai apprécié les moments partagés avec Simone Veil, j'ai compris son exaspération.). J'aime aussi le titre de cet essai avec son double sens : tenir bon en résistant à toutes les formes de bêtise, tenir bon en restant digne tout court. J’ai découvert la plume de Pierre Assouline,  un auteur pourtant bien installé. J'y reviendrai.
Éditions Robert Laffont 
 

Avec Cocktail Sugar et autres nouvelles de Corée, je participe au Petit Bac 2026 d'Enna
Catégorie LIEU (Cocktail Sugar et autres nouvelles de CORÉE) 

 

 

La Photo du Mois #124 : Multicolore

 Sur une idée de Blogosth




Pour répondre au thème, j'ai choisi un vitrail scintillant de l'artiste Sara Ouhaddou lors de la belle exposition temporaire "Lire le ciel, sous les étoiles en Méditerranée" au Mucem à MARSEILLE. Cette exposition s'est déroulée du 9 juillet 2025 au 5 janvier 2026.