[RDV en chanson] - Les amants by Les Rita Mitsouko

Je suis en retard sur ce rendez-vous mensuel avec Anne. J'ai déjà manqué celui d'octobre 2026, honte à moi ! J'ai voulu une chanson des Rita Mitsouko pour les remercier d'avoir inscrit des chefs d’œuvre musicaux dans notre culture commune francophone, pour honorer la mémoire de la sublime Catherine Ringer qui nous a quittés il y a quelques semaines. Merci à elle et à Fred Chichin son si grand et si talentueux amour décédé depuis plus longtemps, d'avoir osé, d'avoir expérimenté, de nous avoir accueillis dans leur sensibilité, de nous laisser des clips géniaux (merci à Jean-Baptiste Modiano) à leur image, des chansons originales en tout point (et parfois transgressives) et intemporelles, à la musicalité si particulière et foncièrement innovante. 


Voilà Les amants, une chanson qui parle d'une femme amoureuse (anglophone car il y a le "Mrs","together", "darling", "hold on") qui attend et de son homme (francophone par le Monsieur). Les amants à l'image du titre offre de nombreuses lectures ce qui en fait sa richesse, au-delà de sa musique géniale et du son de voix à la limite du supportable de Catherine Ringer (qui montre toute l'attente amoureuse et l'impatience de cette attente du côté de la femme).

On y trouve la pêche d'amour, le lexique de la mer ("marins", "pêcher", "port", "mouiller" dont la polysémie exprime à la fois le désir sexuel de cette femme pour cet homme, mais aussi ce qu'elle représente pour cet homme volage : le point d'ancrage comme peut l'être le mouillage d'un bateau, sa force aussi),  les amants (aux couples variés : femme-homme, homme-homme dans cette chanson). Un amour qui dure ("ils marchent sans sourciller", "Oh mon amour"), bancal comme une marche incertaine ("d'un pas irrégulier"). Et pour ce couple, la sexualité (" Les amants le font de coeur") est fédératrice ("leurs traits s'unifieront jusqu'à se ressembler.").

J'admire la prouesse du clip tant dans sa réalisation de Jean-Baptiste Modiano que dans l'animation des danseuses, du preneur de son sportif et fatigué à la fin, de Catherine Ringer (qui en perd presque son chapeau), du sourire fantastique de Fred Chichin. 

Si Mrs mouillait
Dans la nuit
En rêvant de son homme,
Alors elle s'enroulait
Dans les draps
Délestée de son sommeil.

Dans les heures pâles du matin,
Elle espérait ses formes
Comme il était allé pêcher
Sur la mer...

Oh darling !
Oh my darling ! Oh mon amour ! 

Les amants le font de coeur
Parce que l'union fait la force
Et leurs traits s'unifieront
Jusqu'à se ressembler.

Pour le pire et le meilleur 
Jusqu'à y crever leurs forces,
Ils marchent sans sourciller
D'un pas irrégulier.

Monsieur se glissait
Dans la nuit
Pour aller chercher des hommes
des types langoureux
Sur le port où les marins fument
Et dégorgent leur amour...

Oh darling !
Oh my darling ! Oh mon amour ! 

Les amants le font de coeur
Parce que l'union fait la force.
Et leurs traits s'unifieront
Jusqu'à se ressembler.

Pour le pire et le meilleur
Jusqu'à y crever leurs forces
Ils marchent sans sourciller 
D'un pas irrégulier

Darling, mon chéri, je t'aime, j'en pleure, j'en meurs, together, reviens, reste, mon bébé, mon darling, je t'aime, mon amour, hold on, hold on, please...
 
Les Rita Mitsouko 
Les Amants - Album : Système D (1993) 
Paroles et musique : Fred Chichin / Catherine Ringer 
Clip officiel réalisé par Jean-Baptiste Mondino 
 
Je remercie Anne pour sa fidélité à ce rendez-vous : j'essaierai d'être plus ponctuelle en décembre.
 
Je remercie les jurys des prix Goncourt, Renaudot, Fémina, Médicis, L'académie française qui ont encore une fois montré leur belle volonté à honorer l'écriture féminine en primant uniquement des hommes ! Vos votes m'ont motivée à reprendre du terrain parce que, là, ce n'est plus possible !

[RDV en chanson] Recommence-moi by Santa

Pour notre rendez-vous avec Anne, et en ce temps de rentrée (signe de renouveau), je propose cette pépite archi connue qui donne la pêche, j'ai nommé Recommence-moi de l'artiste accomplie Santa.

Je préfère danser avec mes silences
Pour tout recommencer, en quelques pas de danse
Et s'il ne reste plus rien du tout
Et que tout tourne, tourne, tourne autour de nous
J't'écrirai une chanson pas comme les autres
Et si tout tourne, tourne, tourne, ce sera la nôtre
Un, deux, trois, recommence-moi (ouh, ouh)
Recommence-moi, ah (ouh, ouh)
J'irai danser au bord du monde
Tu danseras sur mes secondes
Et on recommencera (ouh, ouh)
Et on recommencera, ah, toi et moi
J'irai danser au bord du monde
Tu danseras sur mes secondes
Et je remettrai l'ombre sur mes paupières
Je te sourirai, sans larmes et sans prières
Et s'il ne reste plus rien, ouh du tout
Et que tout tourne, tourne, tourne autour de nous
J't'écrirai une chanson pas comme les autres
Et si tout tourne, tourne, tourne, ce sera la nôtre
Et si le temps change, hmm, en un claquement de doigts
Et que tout tourne, tourne, tourne autour de toi
Un, deux, trois, recommence-moi (ouh, ouh)
Recommence-moi (ouh, ouh)
J'irai danser au bord du monde
Tu danseras sur mes secondes
Et on recommencera (ouh, ouh)
On recommencera, toi et moi
J'irai danser au bord du monde
Tu danseras sur mes secondes
Et on recommencera (ouh, ouh)
Recommence-moi (ouh, ouh)
(Ouh, ouh) recommence-moi
On recommencera, toi et moi (et moi)
J'irai danser au bord du monde
Tu danseras sur mes secondes
Un, deux, trois, recommence-moi (ouh, ouh)
Et on recommencera (on recommencera)
On recommencera, toi et moi (et moi)
Tout recommencera, tout recommencera
Toi et moi (et moi)
(Et on recommencera) on recommencera
Recommence-moi
Tout recommencera 

Deux femmes et un jardin – Anne Guglielmetti (entre *** et ****)

 

Deux femmes et un jardin conte la jolie rencontre estivale d'une adolescente et d'une femme d'un âge certain : la première s'ennuie dans le hameau de vacances (comprenant quelques maisons) supportant difficilement la mésentente entre son père et sa seconde épouse, la seconde héritant à sa grande surprise d'une maisonnée dont le jardin mérite toute son attention et son énergie. Dans ce roman  bienveillant,  tout a vocation à la contemplation, le temps s'arrête pour observer ou sentir. Deux femmes et un jardin est un hymne à la nature et aux sentiments sincères, sans naïveté. C'est très agréable de lire une histoire qui ne s'encombre pas d'une multiplicité d'événements secondaires, de personnages, d'une profusion de sentiments, d'une exagération des faits. Là, on voit la discrétion et le silence, le savoir-taire et l'observation, l'attention à l'autre par de petits gestes (et de menus larcins aussi, que vous découvrirez en lisant cette histoire). Ici une balade à vélo ou le défrichage d'un jardin récalcitrant à la tonte offre de belles aventures, sous le regard d'esprits jamais très loin. Deux femmes et un jardin est un roman aussi court que doux, simple et bien écrit, qui prend le temps de décrire les éléments (faune, flore, êtres humains), de les observer, voire d'arrêter toute activité pour les contempler, un roman dans lequel les temps de silence sont aussi des instants de complicité et d'échanges. Anne Guglielmetti nous offre un bonbon-doudou littéraire qui fait du bien et qui m'a rappelé par sa douceur le magnifique Le livre d'un été de Tove Jansson pour son côté filiation et transmission, et le génial Là où chantent les écrevisses de Délia Owens et le beau Toutes les créatures de Sarah Louise Butler pour la connexion avec la nature.

Merci à Sylire et à Fransoaz pour leur conseil judicieux !

Éditions Folio (148 pages)