L'autre proposition de la PdM #79

Voici une autre photo de pluie qui a été coiffée sur le poteau par la préférée (préférée et choisie par le cœur assurément parce qu'elle me lie à mon aînée).

C'est fou comme le toit d'une voiture et des gouttelette plus ou moins grosses, plus ou moins formées, proposent une perspective picturale intéressante et rappellent mon fond de blog, je trouve !

Pour retrouver la Photo du Mois # 79 : Votre plus belle photo de pluie c'est par ici.

La Photo du Mois # 79 : Votre plus belle photo de pluie

Le thème du mois a été choisi par Jakline qui l'illustre ainsi : " L'été n'a pas été à la hauteur ... la pluie inspire souvent le/la photographe ! "


J'aime cette image qui laisse présager un lendemain qui chante après une nuitée mouillée. J'aime aussi le graphisme géométrique opéré par les gouttes de pluie déposées sur une fenêtre et qui voilent l'espoir ensoleillé.

PS : J'avais une autre proposition pour ce défi du mois, proposition que je publierai demain : une image plus "urbaine", assez neutre avec un petit côté arty.

Allons repérer les plus belles photos des photocopains et photocopines : Akaieric, Amartia, Blogoth67, Christophe, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Frédéric, Gilsoub, Gine, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Le souffleur de mots, Lilousoleil, magda627, Pilisi, Renepaulhenry, Sous mon arbre, Xoliv'.

Encre sympathique - Patrick Modiano ****

J'ai retrouvé avec plaisir la plume de Patrick Modiano dans Encre sympathique. 

Dans Encre sympathique, Patrick Modiano nous propose un enquêteur qui mène sur plusieurs années une recherche d'une jeune femme Noëlle Lefebvre disparue du jour au lendemain. On découvrira l'inclinaison forte de ce détective à trouver le fin mot de l'histoire.

Comme toujours chez Patrick Modiano, on retrouve une héroïne emplie de mystère, une provinciale partie sur Paris pour le travail, un environnement masculin un peu louche, des souvenirs épars, un passé cotonneux, un agenda qui donne des pistes, et un enquêteur qui s'entête à trouver la vérité. Et pour une fois, une fin qui clôt la quête (c'est mon interprétation). 

J'ai passé un très bon moment avec Encre sympathique qui à l'image de ce qu'elle représente, résume parfaitement le fil rouge littéraire de son auteur :

page 92 : "Encre qui, incolore quand on l'emploie, noircit à l'action d'une substance indéterminée. Peut-être, au détour d'une page, apparaîtra peu à peu ce qui a été rédigé à l'encre invisible, et les questions que je me pose depuis longtemps sur la disparition de Noëlle Lefebvre, et la raison pour laquelle je me pose ces questions, tout cela sera résolu avec la précision et la clarté des rapports de police. D'une écriture très nette et qui ressemble à la mienne, les explications seront données dans les moindres détails et les mystères éclaircis. Et, en définitif, cela me permettra peut-être de mieux me comprendre moi-même."

D'Encre sympathique, je retiendrai des trajets en bus émouvants et pleins de promesse, la plume constante et fantastique de simplicité, de précision, aux mots sonnants un style qui coule. Patrick Modiano propose un récit cohérent et facile à suivre, avec l'économie de phrases tout en intégrant savamment les détails et descriptions. Rien à jeter, rien à ajouter : tout est parfaitement en place. Comme d'habitude.

Éditions Folio

du même auteur : Dora Bruder   Rue des boutiques obscures  Souvenirs dormants  Un pedigree Villa triste

[Livre audio] La familia grande - Camille Kouchner (entre **** et *****)

Que dire de ce roman qui a bousculé un microcosme parisien bien installé, qui fait bouger les lignes de façon diffuse mais absolument sûre, un roman qui est un best-seller que nombreux lecteurs ont déjà découvert. 

Mon avis va verser dans le pot de ceux des conquis au-delà de l'histoire par la forme narrative choisie par l'autrice, Camille Kouchner, son style, son panache, son phrasé tonique et sec, cinglant sans être méchant, qui respire l'authenticité et l'urgence, l'urgence d'en finir avec le silence, d'achever une boucle pour éviter la répétition, pour protéger les plus jeunes.


La familia grande est un cri d'amour à une mère qui a perdu raison au cours de sa vie, après la perte de sa propre mère, après des cocktails d'alcool et de médicaments, qui a fait un mauvais choix de compagnon au point de perdre une partie de ses enfants, au point de les meurtrir définitivement. Une femme qui n'a pas compris, qui a aimé aveuglément sa famille, ses enfants, ses maris et ses amants ; une femme complexe, passionnée, intransigeante, intellectuelle qui a perdu le bon sens et son intelligence, qui est partie sans donner d'explications.

La familia grande décrit une saga familiale où on comprend qu'on est tout sauf dans une famille ordinaire, où les enfants ont déjà le statut d'embryons d'adulte, où la liberté sexuelle est vantée aux plus jeunes. Une famille soudée par les souvenirs de vacances, par les nombreuses liaisons, les recompositions, par les figures : le grand-père, la grand-mère, la mère, la tante, le père et puis le beau-père.

On peut retenir de La familia grande l'ultime secret que cette autofiction révèle. Mais ce serait tellement réducteur parce que ce livre vaut tellement plus que cela : pour la qualité narrative de son autrice, son écriture, sa capacité à décrire les personnages et l'univers dans lequel elle a évolué, avec sincérité, avec recul, sans ménagement car il n'a plus sa place à présent. 

Bien entendu, à travers ce livre, on re-découvre des personnalités publiques, leur parcours, leur intimité, leur tendresse ou leur rudesse. La déflagration lors de la sortie de La familia grande au sein de ce cercle a dû être retentissante pour un grand nombre et pas uniquement pour celui qui. 

La familia grande est un très grand livre, à découvrir si ce n'est déjà fait.

J'ai découvert cette œuvre par les oreilles. Iris Funk-Brentano donne corps aux mots de sa cousine et interprète le texte avec les intonations qu'il faut, avec subtilité, tout en s'effaçant : c'est bien Camille qu'on entend à travers Iris. Une œuvre dans l’œuvre, assurément une autre transmission.

Editions Lizzie. 

Texte lu et incarné par Iris Funk-Brentano

Audiolu grâce au partenariat Masse critique proposé par le site Babélio et les éditions Lizzie que je remercie.

Elle était là - Gauvain Sers

Une chanson comme je les aime : un air entraînant, des mots qui sonnent juste et qui glissent, une voix sympa et qui me rappelle Renaud (son parrain musical), avec beaucoup de tendresse et d'énergie douce, un hymne à la reconnaissance méritée, aux gens de l'ombre qui croient en nous. Très joli !

Quand devant 15 personnes j'y croyais pas du tout

Et que mon téléphone ne sonnait pas beaucoup
Quand aucun projecteur ne se braquait sur moi
Quand je guettais le facteur au tout début du mois
Quand j'étais sur la paille à passer le chapeau
Quand je prenais le train Corail comme on prend un radeau
Quand le café était froid sur les aires d'autoroute
Quand glissaient sous mes doigts des kilomètres de doute
 
Elle était là
Elle était déjà là
Bien avant tout ça, elle était là.
Elle était là
Elle était déjà là
Bien avant tout ça, elle était là.
 
Quand le marchand d'ambitions me disait "Ça sera dur",
Lui qui vend des chansons comme on vend des chaussures.
Quand je marchais dans la rue la dégaine de travers
Quand j'étais reconnu mais seulement par ma mère
Quand j'rêvais d'une complice pour braquer l'industrie
Quand le mec des coulisses me disait "Vous êtes qui ? "
Quand je jouais dans les bars et que les gens se souciaient
Vachement moins de ma guitare que des verres qui trinquaient.
 
Elle était là
Elle était déjà là
Bien avant tout ça elle était là
Elle était là
Elle était déjà là
Bien avant tout ça, elle était là
 
Quand on vivait à deux
Dans une toute petite piaule
Qu'on rêvait d'un peu mieux
Et puis d'un chat qui miaule
Quand je payais l'abonnement
Coquillettes tous les soirs
Quand les applaudissements
Ressemblaient à l'espoir
Quand j'étais dans l'impasse
À faire que des conneries
Quand le vie fait ses crasses
Quand mon père est parti
Quand j'ai eu besoin d'elle
Pour pouvoir m'envoler
Quand j'ai eu besoin d'elle
Elle était à côté.
 
Elle était là
Elle était déjà là
Bien avant tout ça, elle était là.
Elle était là
Elle était déjà là
Bien avant tout ça, elle était là.
Elle était là
Elle était déjà là
Bien avant tout ça, elle était là.

Paroles et musique : Gauvain Sers