La Photo du Mois #68 : Transmission

Le thème du mois fut choisi par USofParis qui argumente ainsi : " Rendez hommage à un mentor, un parent, un ami ou un artiste. Quelqu’un qui vous a apporté l’essentiel dans votre vie actuelle, et qui vous guide encore. " 

J'ai choisi la personne très vite (une évidence !), et j'ai mis du temps à trouver la photo la plus adaptée (avec la contrainte de ne dévoiler que  sa silhouette, pour préserver son anonymat). Je voulais un fond sympa, un contraste entre l'ombre et la lumière, j'ai eu en plus l'élément marin, si prégnant dans les photos que je publie.

Voici mon cher et tendre, un des piliers de ma vie, celui qui regarde au loin le spectacle réjouissant des kite-surfeurs, celui qui m'accompagne et me guide (et pas que lors de balades à vélo), celui qui me soutient et me supporte dans les moments difficiles, celui qui me porte dans mes projets et en construit d'autres avec moi, celui qui me pousse à dépasser mes limites et qui s'inquiète quand je m'épuise, celui qui m'a fait mère deux fois (notre bien commun le plus précieux). 

Je mesure chaque jour ma chance de vivre avec cet homme-là.

Allons voir d'autres transmissions :

Akaieric, Betty, Blogoth67, Chris M, Christophe, Cynthia, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, Frédéric, Gilsoub, Gine, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, Luckasetmoi, magda627, Marie-Paule, Marlabis, Morgane Byloos Photography, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, Tambour Major, USofParis, Xoliv'.

Vernon Subutex # 2 - Virginie Despentes ****

Après avoir lu le tome 1, je n'étais pas sûre de poursuivre, non pas parce que je n'avais pas été emballée mais les séries et moi, cela fait plus souvent deux maintenant qu'en mon temps de jeunesse. 

Alors qu'est-ce qui m'a fait décider de changer d'avis ? Je crois qu'avant tout, je suis indubitablement attachée à l'écriture féminine que je considère assez malmenée et pas suffisamment portée par les médias ou les décideurs de prix littéraires, malgré le talent indéniable des autrices. Et j'avoue avoir un énorme faible pour l'écriture de Virginie Despentes qui ne me laisse jamais indifférente. À la fois personnage social, citoyenne politique, cette femme est une formidable écrivaine qui dépeint avec une acuité remarquable notre société et rien ne lui échappe. Alors je ne sais pas si Vernon Subutex marquera les esprits comme les Rougon-Macquart de notre très cher Émile, mais il est clair que la série des Subutex vaut autant pour les témoignages de ses protagonistes, que les remarques (sur notre société et les rapports humains) vivifiantes, édifiantes, précises et qui pointent là où cela fait mal, de son autrice, décidément en très grande forme intellectuelle.

Nous avions quitté Vernon mal en point, abandonné à la rue et lâché par tous ses potos (souvent par sa faute : il est vrai qu'on se fait moins d'amis quand on les vole). On sait qu'il possède un enregistrement très précieux (mais qu'il n'a plus) et que certains tueraient père et mère pour le récupérer. Alors, si le tome 1 se distinguait par le manque criant d'amour, le tome 2 explose d'amitié, de communion et de retrouvailles. C'est réjouissant, cela allège la tension et la pression, libère l'intrigue qui n'oublie pas d'évoluer mais cela manque de crédibilité quand même. Pas grave, c'est un roman ! Mais qui se veut un chouïa réaliste et là cela le fait moins. On se prend à rêver de virées dans les Buttes Chaumont, de dance trans et de move. Bon, tout n'est pas rose loin de là et l'heure est à la revanche sous fond de #MeToo.

Le panorama des personnages est toujours excellent : le tome 2 réserve des temps à Loïc, à Marie-Ange, à Olga, à Anaïs, bref à ces "secondaires" qui sont aussi là pour renforcer les héros, éclairer leur conduite, dérouter aussi.
Bref, Vernon Subutex #2 est un écrit équilibré, une réussite, un vrai page-turner avec des sorties toujours savoureuses de piquant de Virginie, malgré un début un peu longuet.

Et là, pour le coup, je suis décidée à finir cette série !

Éditions Le Livre de Poche

 de l'autrice : 
Apocalypse bébé
Vernon Subutex #1 

L'enfant des tempêtes - Mélanie Guyard (entre *** et ****)

L'enfant des tempêtes narre quelques jours de vie de Mathieu et de sa mère, esseulés après le décès du père, réfugiés sur l'île d'Oléron, le temps de fêtes familiales à fuir quand on souffre. Bousculés par un quotidien en mal d'équilibre, ils vont également sentir les déferlantes maritimes venir. Car la tempête du siècle, Lothar, du 26 décembre 1999 s'annonce, prête à faire des ravages.


Ce pâle résumé ne dit pas le principal, il explique juste un couple fils-mère qui ne cesse de se perdre et de se retrouver : chacun cherche à survivre à l'impensable perte d'un être aimé et aimant, chacun a peur de perdre le survivant mais le fuit quand même. Mathieu tente des expériences de plus en plus périlleuses avec son grand copain Corentin, la mère s'attache à disparaître avec les comprimés ingurgités. Tous deux font face, se font face. Tous deux ne se comprennent plus, et se parlent peu.

L'enfant des tempêtes aborde l'impossible deuil, l'entrée dans l'adolescence et la quête d'absolu que rien ne freine, la résilience face à un trauma trop douloureux à supporter. Mélanie Guyard fait preuve d'une belle dextérité romanesque, suggère les non-dits, laisse constamment le mystère planer sur le personnage atypique de Corentin, sur l'essence même de Mathieu aussi. L'élément nature prend du poids, de la forme tout au long du roman. Les nombreuses virées de Mathieu, les assauts tempétueux font monter la tension.  

L'enfant des tempêtes est un roman étonnant, de texture classique dans le moderne, bien écrit, qui s'inscrit dans la mouvance métaphysique, onirique de Le Caillou de Sigolène Pinson, dans l'histoire d'une génération  comme Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu ou Noël en février de Sylvia Hansel, comme une référence au roman D'après une histoire vraie de Delphine de Vigan.  

Mélanie Guyard fait preuve d'une belle intelligence narrative, construit son intrigue par des détails ou des événements qui paraissent anodins mais qui comptent : un caillou, un couteau, un vélo, des prénoms. Avec un titre énigmatique et ô combien éclairant, L'enfant des tempêtes offre un moment très sympa de lecture, une parenthèse ventée à défaut d'être totalement enchantée, idéale en ces temps automnaux. 

 J'ai eu la grande chance d'être sollicitée pour lire ce roman lors d'une Masse critique du site Babélio (que je remercie pour ce très bon choix) en partenariat avec les éditions Seuil qu'on ne présente plus.

Éditions Seuil 

Sortie octobre 2020.

La Photo du Mois # 67 : Que faites-vous ce matin ?

Le thème du mois fut décidé par Laurent Nicolas qui argumente ainsi : " Où es-tu? Que fais-tu? Que vois-tu? un instantané de votre vie ce 15 octobre 2020 à partager "ensemble"..."

Prise ce matin à 8h21 au bureau et illustrant une future journée de travail studieuse mais super sympa et riche devant ordinateurs.

Et j'espère que les photocopains et photocopines ont passé une chouette matinée :

La Photo du Mois # 66 : "The paire de chaussures"

Le thème du mois fut choisi par Xoliv' qui a précisé : et portées (pour la mise en scène) !

Je confirme que je les porte, ces chaussures et je les chéris même ! Elles m'accompagnent dans mes déambulations urbaines, mes balades en forêt, mes excursions au bord de mer et elles supportent mon poids conséquent, sans râler, elles ! 

Elles méritent bien cet hommage en image.

Allons admirer les pieds des autres : Akaieric, Amartia, Betty, Blogoth67, Chris M, Christophe, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, Frédéric, Gilsoub, Gine, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Marie-Paule, Marlabis, Nicky, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Sous mon arbre, Tambour Major, USofParis, Xoliv'.