La Photo du Mois # 82 : Les p'tits bonheurs du quotidien

Le thème du mois a été choisi par Julia qui argumente ainsi : Déguster un thé, regarder le ciel, lire, faire du sport… le chant d’un oiseau… toutes ces petites choses qui nous rendent heureux.

Dans l'image choisie, il y a deux choses qui me rendent heureuse : lire (activité quotidienne) et le paysage (décor moins quotidien malheureusement mais uniquement en vacances).

Et qu'en pensent les blogocopains et blogocopines ?
Akaieric
, Amartia, Blogoth67, Christophe, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Frédéric, Gilsoub, Gine, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Le souffleur de mots, Lilousoleil, Pilisi, Renepaulhenry, Xoliv'.

BD : Senso - Alfred ***

Senso est une parenthèse dans la vie d'un homme, débarqué dans une contrée italienne un peu reculée à la recherche de sa fille qu'il n'a pas vu grandir. Heureusement, la rencontre pleine de promesses avec une femme va égayer cette journée particulière qui cumule loose sur loose.  (Re)connu pour avoir vivement réagi au rachat de son exploitation agricole périclitante, notre héros pas très charismatique va s'attirer les foudres d'un extrémiste, les blagues douteuses d'un ex-copain de foot en mal de mariage, les discours de rupture d'un maître d'hôtel, le suivi très près d''un garçon "sauvage".

Vous dire que j'ai été super enthousiaste de découvrir cette oeuvre serait mentir, je l'ai finie sans m'y sentir obligée. J'ai trouvé le scénario complètement décousu à l'image de la vie de notre héros. Je n'ai pas non plus été submergée de tendresse face aux personnages. Je les ai vus naviguer devant moi, et je ne suis pas sûre d'en retenir un message. 

Senso se résume bien à une parenthèse de vie, sans passé et sans lendemain. A l'issue de cette histoire, notre héros conçoit que le temps passe vite, que les souvenirs se créent d'anecdotes, que l'absence s'exprime au détour d'une exposition. J'ai eu le sentiment que l'auteur Alfred s'est fait plaisir en construisant son récit : il a voulu dessiner des paysages (et bien v'là quelques pans entiers consécutifs d'un très beau jardin), un couple qui occupe une chambrée avec énergie (et v'là deux pans entiers consacrés au couple, et dispersés au cours de l'intrigue comme intermèdes sensuels). Le scénario m'a paru bien bancal : le héros promet à sa dulcinée de revenir avec le petit-déjeuner et puis plus rien (tout le petit monde est replacé à différents endroits ensuite sans explication), un petit garçon qui apparaît et disparaît. En fait cela part dans tous les sens.

Le graphisme choisi montre des visages anguleux, les fonds colorés imposent les scènes. Si j'accroche moins au trait de crayon concernant les personnes, j'ai bien aimé les ambiances et atmosphères dessinés : elles ont permis mon immersion dans cet univers décousu, borderline et sans avenir

Senso propose un pan de vie, à vous de voir si vous avez envie de le découvrir.

Une image : celle d'une pièce qui manque à un puzzle.

Editions Delcourt/ Mirages

Emprunté à la bibliothèque 

Je lis donc je suis... en 2021. Bienvenue à 2022 !

Sur une idée de Noukette, reprise par tout plein de blogocopains et blogocopines, j'utilise des titres lus et chroniqués au cours de l'année qui vient de s'écouler (2021 donc) pour répondre aux questions !  
J'ai changé une question (Comment aimerais-tu mourir ?)
 que je trouvais trop sombre, en une autre (Qu'aimerais-tu découvrir ?).


Décris-toi La fille du professeur

Comment te sens-tu ?  Sur le vif

Décris où tu vis actuellement L'Hôtel du Cygne

Si tu pouvais aller où tu veux, où irais-tu ?  Retour à Cuba

Ton moyen de transport préféré ? Canoës

Ta meilleure amie est Lucy in the sky

Toi et tes amies vous êtes Les impatientes

Comment est le temps ? L'ombre de nos nuits

Quel est ton moment préféré de la journée ? L'heure des olives

Qu'est la vie pour toi ? Le petit paradis

Qu'aimerais-tu découvrir ? La vérité sur la lumière

Ta peur ? Mon maître et mon vainqueur

Quel est le conseil que tu as à donner ? Ne m'oublie pas

La pensée du jour L'arbre mime le vent pour plaire à ses fleurs

Les conditions actuelles de ton âme ? Lait et miel

Ton rêve ? Toutes les familles heureuses


Je lis donc je suis (édition 2021) aussi chez Noukette, Stephie, Delphine, Mokamilla, Christie, Aifelle,


Éditions précédentes sur Jemelivre

Je vous souhaite une magnifique année 2022 ainsi qu'à votre famille et à vos proches.

Je nous la souhaite plus clémente que les deux précédentes, même si j'avoue exprimer un léger doute actuel sur la réalisation de ce vœu pieu !


BD : Ma fille, mon enfant - David Ratte ****

Je continue mon exploration personnelle de la relation fille-mère (étant à la fois fille et mère de filles).

J'ai choisi Ma fille, mon enfant pour son synopsis : la révélation par une jeune fille de son amour pour un garçon, garçon qui n'a pas les faveurs de la mère de la jeune fille. Il porte un prénom (Abdelaziz), une culture, une histoire de famille,  qui ne conviennent pas à cette mère. Celle-ci pourtant issue de l'immigration ancienne espagnole, ne supporte que sa petite fricote avec "un arabe" à l'univers qu'elle remet constamment en question et qu'elle provoque par pure méchanceté et par défaut de courtoisie. Au-delà de sa bêtise et de son irrationalité, le ressentiment qu'elle éprouve va sérieusement perturber ses relations de travail, de famille, d'entourage. Ma fille, mon enfant décrit le parcours de cette mère en colère, dont le racisme ordinaire l'isole et la fragilise avant toute chose. 


Ma fille, mon enfant est une BD très équilibrée aux personnages marqués. Le scénario est impeccable (j'insiste en ce moment beaucoup sur le scénario car dans les romans graphiques et parfois romans tout court que je lis actuellement, c'est souvent le point qui pêche le plus) : il y a un très bon rythme, deux ruptures dans l'intrigue qui remettent en perspective tous les personnages et bousculent l'histoire. Il y a un réel travail de construction des protagonistes : d'un côté les jeunes amoureux (Chloë et Abdelaziz), de l'autre la mère Catherine à la violence verbale constante, le diplomate père, la famille d'Abdelaziz d'une très grande classe (face à la malveillance maternelle), la voisine qui remet en place Catherine avec plus ou moins de réussite, les collègues qui subissent. Les dialogues sont punchys, les scènes gagnent en réalité, la bascule est impeccable. Le graphisme est ce qui m'a le moins scotchée même si je reconnais son efficacité : je n'ai pas trouvé les personnages beaux (mais peut-être est-ce voulu pour garder la dimension ordinaire du récit ?).

Quelques images et temps : un endroit de repli et de retrouvaille d'une très grande force, l'évocation du club Dorothée. 

Une dernière scène juste sublime.  

À découvrir. 

Editions Grand Angle

scénario et dessin : David Ratte 
couleurs : Mateo Ratte & David Ratte

Emprunté à la bibliothèque.

BD : Belle-île en père - Weber & Nicoby (entre ** et ***)

Je continue dans l'univers de Nicoby et je dois dire que sans rien attendre de Belle-île en père (titre au jeu de mots explicite), j'ai été un peu déçue tout au long de ma lecture. 
Je n'ai pas su m'attacher à l'héroïne, Vanessa Blue, starlette d'une série télévisée à la Sous le soleil ou Demain nous appartient, qui choisit de faire un break dans sa carrière, histoire de mieux rebondir sur des projets plus consistants et est accessoirement en recherche sur l'histoire paternelle. En bonne touriste, elle débarque dans un monde ilien qui au départ lui mange dans la main mais dont certaines individualités lui annoncent clairement une malvenue et vont tout faire pour la débarquer (parce que fouiller dans le passé remue non seulement les souvenirs mais aussi les morts... et on verra que certains fantômes sont illustres). 

Je n'ai pas apprécié tant que cela le scénario qui m'a paru un peu light (l'enquête mène vers une réponse complètement plate : tout cela pour cela !). Je n'ai pas bien perçu la pertinence du parallèle avec l'instantané  de vie de la grande Sarah Bernhard, tragicomédienne exceptionnelle. Le dessin ne m'a pas non plus scotchée : j'ai trouvé les traits plutôt grossiers, même si je reconnais que les personnages sont hyper expressifs. 

J'ai aimé les couleurs et les paysages (je ne me lasse pas des intrigues sur une île, il y a une ambiance vraiment remarquable) ; j'ai apprécié les épisodes Sarah Bernhard. J'ai trouvé aussi très réussie la phase Vivre normalement quand on est connu. et vouloir un peu d'anonymat : la violence que peut engendrer l'entrée perpétuelle dans l'intimité des gens célèbres qui ne le souhaitent plus, leur envie de retrait. Et puis il y a quelque chose dans l'univers de Nicoby qui m'interpelle toujours : ce dessinateur sait retenir mon attention.

Bref une lecture en demi-teinte avec une première de couverture réussie et pleine de promesse, qui ne m'empêchera pas de continuer à explorer l'oeuvre de Nicoby parce que je le veux bien.

Editions Vents d'Ouest
 
Emprunté à la bilbiothèque

du même auteur :  À Ouessant... dans les choux   -   Vacances