Jeunesse : Guerre, et si ça nous arrivait ? - Janne Teller

Les responsables de cette chronique sont mes amies Une Comète et G. que j'ai croisées ce week-end et qui m'ont obligée fortement incitée à parler de ce roman jeunesse exceptionnel. Donc si vous trouvez cet avis mal écrit, lamentable et inutile (vous constaterez que je ne vous demande pas de rayer la mention inutile !), c'est de leur faute, pas de la mienne !
Présenté comme un passeport européen, Guerre narre la fin de la communauté européenne. La France a souhaité imposer son modèle expansionniste économique, les Anglais et les pays scandinaves s'y sont opposés, le conflit armé s'impose : bombardements, plus de chauffage, des maladies à profusion, une mort qui rôde et enfin l'exil qui semble la seule voie de survie face à l'inquiétante Police de redressement. Et justement, la terre d'accueil promise se révèle guère hospitalière : ghettos, impossibilité de travailler sur place sans connaître l'idiome local (cette situation temporaire ne devrait pas de toute façon s'éterniser : de quelques mois, elle passe à des années, générant une pelletée de citoyens de seconde troisième no zone) et puis les alliances, la fin du conflit et cette question lancinante : où aller ? 

Quelle richesse que ce roman ! En peu de pages, il développe toute la géopolitique du siècle dernier. Sans lourdeur, sans académisme, la présentation remarquable amène à l'adhésion immédiate : le lecteur est pris à parti (usage du "tu", du "vous" évoquant son clan) ; l'intrigue s'adapte au pays d'édition (une France en guerre, une famille de souche en perdition, dans cette édition française) ; les thèmes abordés interpellent (l'exil, le rejet, les contradictions d'un conflit, le patriotisme, la peur de l'étranger, son intégration difficile, le conflit des générations aux héritiers brinquebalés entre deux cultures) et enfin, l'intelligence du choix du pays d'accueil (inversant complètement l'échelle des valeurs géostratégiques actuelles).
Les illustrations fortes de Jean-François Martin renforcent le propos. Impressionnant.

Traduction de Laurence W. Ø. Larsen 

Éditions (Les Grandes Personnes)  

emprunté à la bibliothèque

20 commentaires:

  1. Impressionnée aussi par ce court roman. Avec l'inversion des regards et des rôles tout y est dit. A diffuser !!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. oui, ce court roman mérite toute notre attention.

      Supprimer
  2. Bon ben je note, pas le choix. Un billet tout sauf inutile (manquerait plus que ça !).

    RépondreSupprimer
  3. je vais peut-être attendre car en ce moment j'ai une envie de gaieté !( la météo sûrement..)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce texte n'est pas sombre mais juste lucide !

      Supprimer
  4. Chic chic le billet !!! Tu le décris très bien, et j'ai toujours autant envie de le lire. Je le note, comme Clara, mais comme elle, il attendra des jours plus ensoleillés :))
    Bisous ma bichette


    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. merci, Une Comète : son contenu grave n'est pas lourd et peut se lire à n'importe quel moment de la vie.

      Supprimer
  5. Je le note c'est certain mais il attendra !! :D
    Bonne soirée à toi bises ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. comme tu veux, du moment que tu le lises !!!!! Bisous

      Supprimer
  6. Mais comment ça ? il n'est pas mal écrit ce billet ! Et puis tes amies ont eu raison de t'inciter à le faire.

    RépondreSupprimer
  7. J'avais déjà été impressionnée par "Rien" du même auteur, alors je note celui-ci dont la couverture m'a déjà souvent intriguée en librairie.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. c'est une excellente nouvelle que ce Rien ! bisous

      Supprimer
  8. Bon le thème ne m'attire pas vraiment pour le moment, mais je note ce livre, qui selon ton beau billet (j'insiste) mérite qu'on le lise.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pourtant c'est vraiment très bien fait et pas pesant. Merci en tout cas pour ton si gentil mot.

      Supprimer
  9. Voilà qui semble bien inéressant ! Et retourner à la littérature jeunesse est une expérience bien agréable, comme de lire tous les numéros d"Abricot" (3/5 ans) dans une salle dattente de radiologue, sous le regard dubitatif des autres patients, ce qui m'est arrivé la semaine dernière !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'en lis de temps en temps des Abricot mais je préfère les Pommes d'Api et les Popi ! Bisous

      Supprimer