Trois ombres au soleil - John.Henry **

Trois ombres au soleil  (Sofia, Marie et Loïc), trois solitudes abîmées dans le ciel froid de Bruxelles, trois satellites en perdition dont la collision va provoquer quelques secousses. En route, mauvaise troupe !
Loïc Loperon va mal, très mal : fréquemment alcoolisé, épris de l'étudiante prostituée Sofia, il ne sait pas garder un emploi, vit dans un bordel monstrueux, survit à des hallucinations éthyliques, bref ... que du bonheur ! Il lui arrive même de planter un entretien d'embauche, obtenu grâce au piston du tonton, dans une boîte informatique. Gros coup de bol : il est rappelé pour lancer une formation internet, à usage gériatrique exclusif. Les premiers cours promettent, le groupe semble du tonnerre et ce n'est pas qu'une image !

Commençons par les points positifs : l'idée de départ prometteuse ; l'intronisation du groupe d’octogénaires débonnaires bien menée avec la truculente Marie (le personnage le plus réussi) aux conversations nourries sur la fin de vie, exaltées sur le jeunisme à tout crin, teintées d'émotion sur le choix de nos vies, ce qu'on en fait ; l'occasion d'aborder l'oppression subie par les journalistes tunisiens sous Ben Ali ; la montée du suspense à la suite d'une explosion bien religieuse et les rendez-vous distillés par billets bien secrets ; une prose alerte et sympathique ; un univers glauque maitrisé ; des expressions qui font mouche et enfin, les escapades rocambolesques de Marie et du groupe.

Hélas, plus rien ne suit ! Comment rater une intrigue ? En ne l'amenant pas suffisamment, en ne la préparant peut-être pas assez, en l'embrouillant au possible avec des cartouches alambiquées si peu crédibles et carrément too much (un groupe de tatoués qui « date » un peu, un « politicien » peu reluisant et limite grabataire censé être une perle sexuelle - DSK, sors de là ! - des délires paranoïaques barbants, un héros neurasthénique pas franchement attirant), un zapping constant sans réel approfondissement.

Mais, le pompon of the pompones n'est pas attribué au romancier mais à la maison d'édition qui mériterait un bon stage de remédiation électronique typographique : des espaces après une ponctuation oubliés, desséparationsentrelesmotsparcellaires (page 117 et page 51, par exemple), voire l'héroïne Sofia qui change de prénom en quatrième de couverture... des détails qui rendent le lecteur sacrément attentif et dubitatif.

L'auteur John.Henry, généreux, souhaite que son roman continue le voyage.

pages 43- 44

« Je ne vivais plus. J'avais, inconsciemment, pris mes quartiers dans la salle d'attente de la mort, guettant patiemment le soir où l'on m'invitera à quitter la pièce.

J'étais désormais une ombre que le soleil ne venait plus éclairer. »

Éditions Chloé des Lys

Je remercie l'auteur de sa confiance.
Blog de John.Henry : ici  

avis : Liliba, Zazy

évasion musicale (évidente pour ceux et celles qui connaissent l'œuvre) : Jeune et con - Damien Saez
et un de plus pour les challenges de Piplo, de Denis et Fabienne, d'Anne et d'Anne (non, je ne me répète pas)

24 commentaires:

  1. Après un avis pareil, tu comprendras que je passe ..

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    1. Je ne suis guère stimulante quand je m'y mets, je sais. Bises

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  2. Ca devait sans doute arriver, je me demande pourquoi j'ai dit oui maintenant... La 4e me semblait pas mal, mais ton avis et l'exposition des personnages et thèmes me refroidit vraiment. Dommage, je vais sans doute passer aussi.

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    1. Tu es libre de le lire et de l'apprécier. Nous avons tous nos petites manies.

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    2. Certainement, mais même si tu avais fait l'éloge de ce roman, j'aurais su que les personnages et l'intrigue ne correspondent pas du tout à ce que j'aime lire. ;) J'ai parfois du mal à me cerner moi-même, mais je sais en général ce que je n'aime pas : les octogénaires (dans la littérature) débonnaires en font partie ; sans parler des mauvaises éditions ! (je sens que je vais m'énerver avec Khadra aussi d'après ta réponse à Anne :/)

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    3. Pour Khadra, le texte est parfait sauf un moment (certainement que l'encre a manqué !). Pour les octogénaires débonnaires, j'aime bien, surtout avec Arto Paasilinna (La douce empoisonneuse, Un homme heureux) ou le présent de Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire. Quant à l'édition, c'est le premier livre qui me choque à ce point (et pourtant, j'étais en vacances donc d'humeur badine... C'est dire)

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  3. Pas trop tentée, de toute façon le sujet déjà ne m'aurait pas accroché. Bonne semaine Philisine Cave

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    1. Bonne semaine à toi, l'Or et à très vite ... sur ton blog.

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  4. Bon, ben non alors. Même pas l'esquisse du début de la moindre tentation... J'aime les billets clairs, nets et précis (et drôles) comme celui-là.

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    1. Merci, Jérôme de ton indulgence concernant mon humour. Je t'embrasse.

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  5. Qu'est-ce que je suis contente de lui avoir dit non ! Déjà que même les bonnes maisons d'édition solidement établies depuis des lustres laissent des fautes, maintenant, mais où va-t-on, où va-t-on, ma bonne dame !

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    1. Tu fais bien d'en parler : même le Livre de Poche, pourtant maison établie, oublie des . en fin du roman Ce que le jour doit à la nuit de Khadra, à croire qu'ils valent plus cher !

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  6. Je passe mon chemin, ce roman ne me dit absolument rien mais c'est toujours aussi agréable de lire tes billets parsemés de pointes d'humour...

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    1. Merci pour l'humour et bonne route, alors !

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  7. Excellent billet ! Et entièrement d'accord avec toi !

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  8. dommage, il avait tout pour plaire.

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    1. Ce serait bien que tu le lises car il est fort possible qu'il te plaise et que les aspects négatifs qui me rebutent te gênent moins.

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  9. Quel dommage pour un roman qui avait pourtant des possibilités... Alors pour le prénom qui change c'est vraiment triste. L'auteur a du changer d'avis sur le prénom en cours de route et a zappé une page .
    bonne soirée :)

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    1. Au lieu de Sofia, il est écrit Sonia : rien de bien méchant mais avec les petites irrégularités typographiques, j'ai trouvé que c'était la goutte d'eau de trop ! Après, on fait tous des erreurs. L'idée de départ reste fantastique, c'est la fin de son traitement qui bloque (enfin, qui me bloque).

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  10. Merci pour ce billet Philisine. J'ai beaucoup de mal quand il y a des coquilles ou des erreurs et fautes répétées... alors en plus quand je n'accroche pas trop... je ne pense pas tenter l'aventure avec celui-ci!!

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    1. au moins, ce livre m'a permis de débuter ton défi ! bises

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