Le poids du papillon - Erri de Luca **

Deux nouvelles, soixante et onze pages exactement pour découvrir la prose de l'italien Erri de Luca et un constat : je ne fus point convaincue par cette lecture. Flûte, alors !
Le poids du papillon débute le recueil. On assiste à la rencontre de deux êtres que tout oppose : le braconnier de chamois et le roi vieillissant du troupeau. Tous deux solitaires, l'un tue pour la revente, l'autre prévient ou protège les futures victimes. Au final, une course poursuite entre les deux, un hymne à la nature, une rencontre troublante. La Visite à un arbre, nouvelle plus courte, parachève l'état semi-contemplatif de l'auteur (et mon état quasi végétatif devant un tel spectacle littéraire).

page 41 : « Un homme qui ne fréquente pas de femmes est un homme sans. Il n'est pas un homme un point c'est tout, et rien à ajouter. C'est un homme sans. Il ne peut l'oublier, mais s'il se trouve devant une femme, il le sait de nouveau »
 (Note de Phiphi : que préciser d'autre, à part que fumer la moquette n'offre pas toujours les résultats escomptés).

J'aurais pu admirer la prose, le lexique et la formulation des mots, le tempo du phrasé et pourtant tout m'a paru creux, vide. Peut-être que Luis Sepulveda, inconsciemment, participa à ma gêne. Trop de détails et de correspondances me rappelèrent Le vieux qui lisait des romans d'amour, sans l'intelligence des écrits, sans l'émotion de chaque description, sans la profondeur des personnages. Ici, un menu indigeste, des phrases alambiquées qui masquent difficilement une narration terne et des scènes répétées, un mélange de présent (analyse du comportement animal) et d'imparfait (temps du récit) au sein d'un même paragraphe, une platitude navrante ou l'art d'enfoncer des portes ouvertes, la sensation qu'Erri de Luca a produit une commande littéraire, qu'en aucun cas il ne sentait son histoire. Déprimant.    
  
Traduction de Danièle Valin

Éditions Gallimard - Collection Du monde entier

emprunté à la bibliothèque.  

et un de plus pour les challenges d'Anne et d'Une Part Manquante

29 commentaires:

  1. Cette fois, je vais t'écouter et fuir : l'extrait semble en effet particulièrement plat (tant au niveau du style que du contenu, donc lecture en italien ou pas, ça ne changera rien), et ton résumé de la première nouvelle ne m'inspire absolument pas. Dommage :/

    Tu en es à combien de lectures pour le défi 100 pages ? J'ai de la concurrence en tant que "sharon-naire" de ce défi, il va falloir que j'accélère la cadence :D

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    1. Non, je crois sincèrement que tu domines toutes catégories : je prends beaucoup de plaisir à partager avec toi et avec les autres participantes du challenge d'Une Part Manquante. En ce moment, j'aime lire les histoires courtes et je trouve que lorsqu'elles sont réussies, elles montrent un réel talent de leur auteur(e). Pour la citation, j'ai failli la nommer Minou's time (en référence à une demande de ta part de découvrir quelques extraits du livre). Bises

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  2. Le thème de ces nouvelles me tente assez mais ton avis refroidit. J'avais lu de cet auteur Trois chevaux sans être totalement convaincue non plus par le rythme du récit que j'avais trouvé assez lent.

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    1. Merci, Zarline pour cette info sur les Trois chevaux (visiblement, l'univers bestiaire ne réussit pas complètement à Erri). Rythme lent et très vide au final pour moi.

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  3. Je n'ai pas lu grand chose d'Erri De Luca, mais il me semble me souvenir que j'avais bien aimé l'écriture... Tu es bien dure sur ce coup-là ;-)

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    1. Dure, je ne suis pas sûre ; hermétique à la prose développée dans ce recueil, assurément.

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  4. Bon, ben, je pense que je peux passer.
    Bonne journée.

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  5. Je n'ai encore jamais rien lu de cet auteur ... et ce ne sera pas pour demain après avoir lu ton billet !!!

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    1. Je n'ai publié qu'une note de lecture, sur un livre donneé (peut-être pas le meilleur qu'Erri de Lucas ait écrit). Rien ne vaut ta propre opinion et ta propre expérience concernant sa prose. J'ai trouvé ses phrases assez pompeuses et ampoulées. Ce n'était peut-être pas le bon moment pour moi de découvrir son univers.

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  6. l'extrait que tu cites ...me fait mourir de rire!! (pardon pour l'auteur!):)

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  7. non merci, ça ira..............................

    :)

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    1. Déprimant pour moi de ne pas adhérer au style de l'auteur, de trouver son histoire bancale et de ne pas la ressentir comme il se doit. Voilà.

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  9. Bonjour Philisine, je n'ai encore jamais lu d'Erri de Luca donc je ne prononcerai pas mais je suis assez d'accord que l'on est frustré quand on est déçu. Ca fait rager. Bonne journée.

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    1. Oui, c'est exactement cela. Bonne journée à toi, Dasola.

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  10. Je ne ressens aucune motivation pour lire ce texte, mais alors strictement aucune.

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  11. Euh pas lu, mais tu l'as bien "cassé" dis donc!

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    1. Mon avis certes rude est à la hauteur de mon exaspération.

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  12. Il en fait peut-être un peu trop...

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    1. C'est exactement l'impression que j'ai eue : celle d'un vrai poète qui a cherché des effets de style inutiles et qui a manqué de simplicité sur ce coup-ci.

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  13. Encore un auteur très connu que je n'ai pas lu, tu vois, cela arrive à beaucoup de monde !

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    1. J'en suis presque rassurée ! bises et merci pour ce petit sourire en coin.

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    1. Je ne suis guère engageante quand je le veux ! bises

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  15. Trouvé le billet. Mazette ! ;-).
    Effectivement, sa prose ne te parle pas. Je ne saurais l'expliquer, comme tu le fait techniquement, mais j'ai aimé cette narration, comme je l'avais précédemment aimé dans " Trois Chevaux ". Cette lecture m'a fait l'effet de la déprime, elle m'a donné de l'air, c'était un joli moment de lecture. Il est vrai que j'apprécie les textes lents et courts, et j'ai lu au contraire une puissante émotion dans les descriptions, sous " la matière ". ( est-il nécessaire que je précise que j'ai adoré la seconde nouvelle ^^ ). C'est vraiment du ressenti, difficile à partager. Alors que tes arguments, je les conçois et les comprends.
    J'en lirai bientôt un autre...
    ( Tout n'est pas perdu, Luis Sepulveda est l'un de mes auteurs favoris :))

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    1. Bravo pour la recherche : il est possible que je n'ai pas découvert cette œuvre au bon moment, que je ne lui ai pas prêté l'attention qu'elle mérite. Et je suis d'accord, j'ai préféré la deuxième nouvelle plus épurée, où l'auteur a arrêté de se regarder écrire (c'est mon sentiment) pour libérer un peu sa plume. Je retenterai sur une autre œuvre pour défaire mon hermétisme à son encontre.

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