[BD] La nuit retrouvée - Lola Lafon et Pénélope Bagieu ****

La nuit retrouvée est un joli roman graphique avec des couleurs fantastiques, construit à quatre mains : celles de l'écrivaine Lola Lafon et celles de la dessinatrice Pénélope Bagieu. Avec délicatesse et intelligence, il nous permet de nous immerger dans une famille monoparentale : une femme divorcée et ses trois enfants adultes, réunis le soir de l'anniversaire maternel. Le décor est posé : il y a beaucoup d'amour et de gentilles chamailleries dans ce clan soudé. Cela débute dans la cuisine et cela s'achève au salon entre filles pour de secrètes confessions.

J'ai aimé l'humanité sincère des personnages, ces petites contre-vérités que nous opérons sur nos souvenirs et qui préservent l'image qu'on renvoie aux autres. J'ai aimé la dernière scène qui montre que la transmission a bien eu lieu et qu'une attitude et un enthousiasme non exprimés forcément par des mots la servent aussi. J'ai vraiment apprécié de lire cette histoire qui servira peut-être à des familles de dire, de se connecter. 

 

Si je ne suis pas tant accrochée au trait de crayon de Pénélope Bagieu (surtout concernant le graphisme de ses personnages), je lui reconnais un talent certain de rendre bien vivants ses personnages, de ne pas les falsifier. J'aime aussi sa façon de les colorer : c'est gai, vivant, tonique et joyeux. J'ai apprécié les cadres et les atmosphères (celle du passé, celle du présent), j'ai trouvé des images et des ambiances chaleureuses et réussies.

Le scénario de La nuit retrouvée est commun et donc universel : je pense qu'on peut tous se retrouver dans une situation comparable, où une confidence maternelle permet aussi de comprendre un moment de l'enfance et envisager un autre avenir, de comprendre la complicité mesurée entre une mère et sa fille, une forme de retenue et de pudeur. Une vraie réussite très agréable à lire.

Éditions Gallimard BD 

Autres avis : Gambadou,  

Ma première participation au défi En sortir 26 en 2026 du défi lancé par Maghily. Logo repris chez Mokamilla [Vous retrouverez les participantes et participants de ce défi grâce à ces deux liens.]

1/26


 Ma liste En sortir 26 en 2026 (en construction et au gré de mes publications)
 1. La nuit retrouvée - Lola Lafon et Pénélope Bagieu [PAL 2025]

 

Un, deux, trois... - Agatha Christie ****

Agatha Christie est une romancière géniale qui a réussi à construire une œuvre littéraire complètement adaptable à la réalisation filmée. En refusant de décrire plus qu'il n'en faut, elle ne prend aucun risque à  divulgâcher des éléments compromettant le secret et de révéler l'identité du, de la ou des coupables, elle assure aussi l'entière liberté aux réalisateurs et réalisatrices de recréer une atmosphère, de poser les transitions. Bref je comprends pourquoi son œuvre immense est à ce point populaire. Parce que son écriture classe est accessible, parce que son univers ouvert a permis aussi la filmographie de ses œuvres en divers formats (films, séries, épisodes) et sa nécessaire complémentarité avec ses écrits, avec parfois un brin de modernité qui n'aurait pas tant déplu à l'autrice, parce que les vilaines pratiques (cupidité, irrespect, présomption, abus de pouvoir, etc.) restent malheureusement indémodables. 

Et il semble que chaque livre soit un challenge pour Agatha Christie. Tantôt elle place la narration par une femme témoin secondaire (ici), dans Un, deux, trois... elle construit son intrigue autour d'une contrainte : celle d'une comptine. Chaque sous-partie a pour entrée une phrase de ladite comptine.


Dans Un, deux, trois..., vous apprendrez le fameux tour de la carte forcée, terriblement efficace dans cette histoire, vous verrez aussi qu'un crime peut en cacher un autre. Mais je n'en dis pas plus. 

J'ai apprécié cette lecture car j'ai trouvé l'histoire plus complète que Meurtre en Mésopotamie. J'ai visualisé les personnages (je les ai retenus sans trop de difficultés), j'ai aimé les controverses politiques et les éclairages des différents protagonistes, j'ai aimé qu'Agatha mette le doute à son héros récurrent un brin arrogant. Et là pour le coup, Hercule Poirot doute, il doute beaucoup et ce n'est pas dans ses habitudes. On sent la lutte des classes, on sent les mouvements et les réseaux. J'ai apprécié les différentes options et comme toujours avec Agatha, toute phrase est utile, tout détail sert l'intrigue (un bas, une boucle de chaussure, des coïncidences plus que fortuites, une phrase, un nom malencontreux.). Le pas de bol pour le/la/les criminel.le.s, c'est qu'Hercule Poirot a été présent ce matin-là chez son dentiste et qu'il enquête ! D'ailleurs, on essaie de se jouer de lui et forcément le retour du bâton dans les roues vaut son pesant de cacahuètes. À lire pour passer un bon moment. 

Éditions le Club des masques

Exemplaire issu d'une boîte à livres.

Première participation pour les challenges Un hiver polar d'Alexandra et Petit Bac 2026 d'Enna.

Et un de plus pour le challenge Les gravillons de l'hiver de Sibylline

Petite dédicace de remerciement à Keisha pour le rappel du challenge d'Alexandra !  

Catégorie Musique (1 2 3 est un titre de chanson, celle d'Amel Bent et d'Hatik, repérée ici et
190 pages 

Je lis donc je suis en 2025 et bienvenue à 2026

Sur une idée de Noukette, j'utilise des titres chroniqués en 2025 pour répondre à ce questionnaire.


Comment te sens-tu ? De pierre et d'os 

Décris où tu vis actuellement : Ultramarins

Si tu pouvais aller où tu veux, où irais-tu ? Promenons-nous dans les bois

Ton moyen de transport préféré ? GPS

Ta meilleure amie est DJ Bambi

Toi et tes amis, vous êtes Toutes les créatures

Comment est le temps ? Un sombre manteau

Quel est ton moment préféré de la journée ?Intérieur nuit *

Qu'est la vie pour toi ? Musée 

Qu'aimerais-tu découvrir ? Plus loin qu'ailleurs

Ta peur ? Devenir zéro

Quel est le conseil que tu as à donner ? De nos blessures un royaume

La pensée du jour : À nos vies imparfaites

Les conditions actuelles de ton âme ? Je suis leur silence

* Titre choisi avec mon cher et tendre (parmi deux choix) et en soutien à notre Nico !

Édition 2025 chez les blogocopains et blogocopines : Noukette, Mokamilla, Fanny, Géraldine, Maghily

Éditions précédentes Je lis donc je suis sur Jemelivre2024, 2023, 2022, 2021, 2020, 2019, 2018, 2017, 2016, 2015, 2011-2012.
 
Et pour terminer l'année 2025 et débuter l'année 2026 en beauté :
 
Un hit franco-barbadien (David Guetta et Rihanna)
 

et
 
une image de notre félin belge préféré (et merci à Philippe Geluck de garder cette fraîcheur, cette intelligence délicate, cet humour génial et de rendre tout cela accessible.)
 

Philippe Geluck  

Je vous souhaite une magnifique année 2026 ainsi qu'à vos proches, une excellente santé et tout ce que vous désirez. Pour ma part, 2026 est une année de quelques résolutions bienvenues suite à ma prise de conscience (tardive) et de quelques déconvenues (qui vont me servir d'exemples à ne pas reproduire). Si je n'ai pas un grand pouvoir pour changer notre monde, je peux à ma mesure changer mon comportement d'humaine et de consommatrice (en particulier) afin d'être plus en adéquation avec les valeurs humanistes, raisonnables et responsables que je souhaite prévalentes. Y'a plus qu'à !

[Jeunesse] Les douze travaux de Jean-Phil Defert - Jean-Christophe Gary

Je remercie sincèrement Babelio et les éditions Le Verger des Hespérides pour l'envoi de ce livre à l'occasion d'une Masse critique. 

Les douze travaux de Jean-Phil Defert présentent une version actualisée et réinventée des douze travaux d'Hercule. Ici notre héros dont l'identité est déjà un jeu de mots est un garçon épris qui, à la suite d'une bévue, tente de se faire pardonner auprès de l'élue de son cœur en réussissant tous les défis lancés par un original version ermite. Cela va de se venger auprès d'intrigantes méchantes par des moyens aussi bas que les méfaits des mégères, de risquer sa vie pour une photo, de rendre un sourire aussi... L'écrit est solide avec un scénario enlevé et une recherche bibliographique fournie avec des références de mythologie grecque. La plume alerte de Jean-Christophe Gary est accessible et instruite lexicalement. J'ai apprécié les illustrations de Laurence Schluth qui servent le récit et complètent l'imagination du lecteur.  
J'ai été moins fan des moyens utilisés par le héros pour diffuser ses conquêtes, même si j'entends bien qu'il répond ainsi à la loi du talion " œil pour œil, dent pour dent " et que Jean-Christophe Gary répond à sa contrainte originelle : celle d'être au plus près des aventures herculéennes qui étaient loin d'être tout mignonnettes, revisitées en Guerre des boutons. Mais en ces temps actuels, je ne sais pas si l'univers vachard de certaines épreuves convaincra des familles qui attendent un peu plus de bienveillance en littérature pour leurs petits.
 
Éditions Le Verger des Hespérides

Badjens - Delphine Minoui (entre *** et ****)

Badjens décrit une adolescente iranienne décidée à faire vivre son intégrité physique et corporelle. Sa naissance installe le décor : le déshonneur de la famille paternelle qui rêve d'un garçon, le prénom de naissance imposé par une grand-mère omnipotente. L'éducation qu'elle et son frère cadet vont vivre finit par le planter. Badjens est née révoltée et tout son environnement ne fait que conforter et renforcer cette révolte.

Delphine Minoui décrit une atmosphère oppressante sous un joug religieux omniprésent mais où la résistance fourmille d'audace et d'ingéniosité. Badgens rend hommage aux hommes et aux femmes d'Iran et d'ailleurs qui combattent pour leur liberté et l'expriment par des gestes symboliques, au péril de leur vie. Badjens décrit une jeunesse bien dans l'air du temps qui aspire à évoluer librement. 

La lecture de ce roman est aisée : par des phrases courtes et simples, par des mots punchys, Delphine Minoui ne s'embarrasse pas de larges descriptions et garde le point de vue de l'adolescente. J'ai apprécié ce style direct et parfois lyrique. J'ai visualisé les scènes et les temps forts de famille (d'opposition avec le père et la grand-mère, de connivence silencieuse et tenace avec la mère). On sent l'Iran en mouvement, et aussi les répressions perpétuelles. On sent la force et le poids de la majorité silencieuse, malgré l'oppression, et c'est peut-être ce qui est à retenir ici : la peur et la violence sont les armes des dictateurs, pas leur endoctrinement ni le nombre de personnes qui leur sont corvéables à merci. 

Page 173 : vers de Simin Behbahani

Pour ne pas mourir, il faut assassiner le silence

Éditions Points 

Ma première participation (185 pages) au super défi Les gravillons de l'hiver de Sibylline du blog  La petite liste. Merci aussi à Kathel, PatiVore et Philippe pour la promotion.