Sur une idée de Blogosth
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| L'écume d'un jour |
Dahlia de la Cerda nous présente des femmes qui en ont marre de subir et qui choisissent de prendre leur destin en main dans notre monde ou celui des ombres. C'est d'ailleurs une vraie réussite dans ce recueil de portraits de savoir les faire se correspondre et de les fondre dans les mythes du pays (les morts et revenants ont une place particulière dans ce livre). C'est fait avec maestria et une bonne dose d'intelligence et de culture. L'entrée dans Chiennes de garde démarre dans un cabinet libérateur, puis on croise une héritière qui souhaite venger la mort de sa plus proche amie, victime d'un féminicide, une tueuse (voire plusieurs tueuses). Les histoires se croisent, chacune relatant un parcours et beaucoup de luttes pour (sur)vivre ou sur-vivre.
L'écriture de Dahlia de la Cerda est vive, crue, directe. Elle ne lésine pas et ne ménage pas son lectorat. La violence s'exprime dans les faits, dans les actes, dans les mots. Le tout formé par Chiennes de garde est cohérent, il n'y a pas de répétition, chaque histoire est unique et complète la précédente (s'il le faut).
Cette édition Points présente en fin d'ouvrage un glossaire de mots mexicains qui n'ont pas été traduits (ils apparaissent en italique dans le texte) : c'est utile.
Un livre uppercut, intéressant et sombre.
Éditions Points
Traduction de Lise Belperron
Et un de plus pour les challenges Petit Bac 2026 d'Enna et Les gravillons de l'hiver de Sibylline
et pour le défi En sortir 26 en 2026, défi lancé par Maghily (et logo repris chez Mokamilla) : vous retrouverez les participantes et participants de ce défi grâce aux deux liens.
| Catégorie Animal (CHIENNES de garde) |
Et un de plus pour le challenge Les gravillons de l'hiver de Sibylline.
Ma liste En sortir 26 en 2026 (en construction et au gré de mes publications) |
Pour ce rendez-vous mensuel avec Anne, je vous propose une chanson de l'année 1987 : Tes états d'âme Éric. J'ai toujours aimé Tes états d'âme, Éric, chanson de Luna Parker (alias Rachel Ortas et Eric Tabuchi).Pour plusieurs raisons : elle a un rythme entraînant tout en parlant de maladie mentale et de son impact individuel et sur l'entourage (sidération, résilience), avec des paroles aux nombreux jeux de mots (l'homophonie avec les États d'Amérique, avec l'âme et lame etc ; registres de l'eau et de la terre etc., polysémie du mot vague etc., anadiplose,... ) passant de la sphère de l'intime au discours universel. Une chanson de 1987 qui n'a rien perdu de sa superbe et qui reste bien d'actualité.
Le
Pacifique est pour moi
comme
tes états d'âme, Éric.
De
vague à l'âme en
lame de fond,
tu
surfes entre ces récifs.
Mais
le courant te
ramène
vers
le macadam, Éric.
De
vague à l'âme en
terrain vague, tu
divagues.
Tes
états d'âme sont des lassos
qui
tournoient et s'entrelacent
autour
de moi qui
suis lasse
des
rodéos du Texas
OK Corral.
C'est
le KO,
KO au moral.
Vague
à l'âme ou
bien lame de fond,
chaque
fois je fonds quand
tout s'enflamme.
(Refrain)
Tes
états d'âme sont pour moi, Éric,
comme
les états d'Amérique.
Je
les visite un par un, Éric,
dans
leur ordre alphabétique.
Tes
états d'âme sont pour moi, Éric,
comme
les états d'Amérique.
Je
les visite un par un, Éric,
dans
un état d'amnésie.
Le
dictionnaire de mes souvenirs
n'a
qu'une page, une seule rubrique.
Il
commence par ton absence,
et
dans l'ordre alphabétique, se
termine par
l'état d'amnésie.
Tes
états d'âme sont
un leurre
et
tes larmes sont
les armes dont
tu te sers.
Mais
ce piège ne
tromperait qu'un amateur.
Ton
âme sœur est
une meilleure adversaire.
Tes
états d'âme sont pour moi, Éric,
comme
les états d'Amérique.
Je
les visite un par un, Éric,
dans
leur ordre alphabétique.
Tes
états d'âme sont pour moi, Éric,
comme
les états d'Amérique.
Je
les visite un par un, Éric,
dans
un état d'amnésie.
Tes
états d'âme sont pour moi, Éric,
comme
les états d'Amérique.
Je
les visite un par un, Éric,
dans
leur ordre alphabétique.
Tes
états d'âme sont pour moi, Éric,
comme
les états d'Amérique.
Je
les visite un par un, Éric,
dans
un état d'amnésie.
Auteur de la chanson : Éric Tabuchi
La nuit retrouvée est un joli roman graphique avec des couleurs fantastiques, construit à quatre mains : celles de l'écrivaine Lola Lafon et celles de la dessinatrice Pénélope Bagieu. Avec délicatesse et intelligence, il nous permet de nous immerger dans une famille monoparentale : une femme divorcée et ses trois enfants adultes, réunis le soir de l'anniversaire maternel. Le décor est posé : il y a beaucoup d'amour et de gentilles chamailleries dans ce clan soudé. Cela débute dans la cuisine et cela s'achève au salon entre filles pour de secrètes confessions.
J'ai aimé l'humanité sincère des personnages, ces petites contre-vérités que nous opérons sur nos souvenirs et qui préservent l'image qu'on renvoie aux autres. J'ai aimé la dernière scène qui montre que la transmission a bien eu lieu et qu'une attitude et un enthousiasme non exprimés forcément par des mots la servent aussi. J'ai vraiment apprécié de lire cette histoire qui servira peut-être à des familles de dire, de se connecter.
Le scénario de La nuit retrouvée est commun et donc universel : je pense qu'on peut tous se retrouver dans une situation comparable, où une confidence maternelle permet aussi de comprendre un moment de l'enfance et envisager un autre avenir, de comprendre la complicité mesurée entre une mère et sa fille, une forme de retenue et de pudeur. Une vraie réussite très agréable à lire.
Éditions Gallimard BD
Autres avis : Gambadou,
Ma première participation au défi En sortir 26 en 2026 du défi lancé par Maghily. Logo repris chez Mokamilla [Vous retrouverez les participantes et participants de ce défi grâce à ces deux liens.]
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Ma liste En sortir 26 en 2026 (en construction et au gré de mes publications)
1. La nuit retrouvée - Lola Lafon et Pénélope Bagieu [PAL 2025]
Agatha Christie est une romancière géniale qui a réussi à construire une œuvre littéraire complètement adaptable à la réalisation filmée. En refusant de décrire plus qu'il n'en faut, elle ne prend aucun risque à divulgâcher des éléments compromettant le secret et de révéler l'identité du, de la ou des coupables, elle assure aussi l'entière liberté aux réalisateurs et réalisatrices de recréer une atmosphère, de poser les transitions. Bref je comprends pourquoi son œuvre immense est à ce point populaire. Parce que son écriture classe est accessible, parce que son univers ouvert a permis aussi la filmographie de ses œuvres en divers formats (films, séries, épisodes) et sa nécessaire complémentarité avec ses écrits, avec parfois un brin de modernité qui n'aurait pas tant déplu à l'autrice, parce que les vilaines pratiques (cupidité, irrespect, présomption, abus de pouvoir, etc.) restent malheureusement indémodables.
Et il semble que chaque livre soit un challenge pour Agatha Christie. Tantôt elle place la narration par une femme témoin secondaire (ici), dans Un, deux, trois... elle construit son intrigue autour d'une contrainte : celle d'une comptine. Chaque sous-partie a pour entrée une phrase de ladite comptine.
Dans Un, deux, trois..., vous apprendrez le fameux tour de la carte forcée, terriblement efficace dans cette histoire, vous verrez aussi qu'un crime peut en cacher un autre. Mais je n'en dis pas plus.
J'ai apprécié cette lecture car j'ai trouvé l'histoire plus complète que Meurtre en Mésopotamie. J'ai visualisé les personnages (je les ai retenus sans trop de difficultés), j'ai aimé les controverses politiques et les éclairages des différents protagonistes, j'ai aimé qu'Agatha mette le doute à son héros récurrent un brin arrogant. Et là pour le coup, Hercule Poirot doute, il doute beaucoup et ce n'est pas dans ses habitudes. On sent la lutte des classes, on sent les mouvements et les réseaux. J'ai apprécié les différentes options et comme toujours avec Agatha, toute phrase est utile, tout détail sert l'intrigue (un bas, une boucle de chaussure, des coïncidences plus que fortuites, une phrase, un nom malencontreux.). Le pas de bol pour le/la/les criminel.le.s, c'est qu'Hercule Poirot a été présent ce matin-là chez son dentiste et qu'il enquête ! D'ailleurs, on essaie de se jouer de lui et forcément le retour du bâton dans les roues vaut son pesant de cacahuètes. À lire pour passer un bon moment.
Éditions le Club des masques
Exemplaire issu d'une boîte à livres.
Première participation pour les challenges Un hiver polar d'Alexandra et Petit Bac 2026 d'Enna.
Et un de plus pour le challenge Les gravillons de l'hiver de Sibylline.
Petite dédicace de remerciement à Keisha pour le rappel du challenge d'Alexandra !
| Catégorie Musique (1 2 3 est un titre de chanson, celle d'Amel Bent et d'Hatik, repérée ici et là) |
| 190 pages |