Mon comité de lecture et moi #2 (ou plus)

c'est une histoire d'amour (surtout) et de découvertes (enfin, tout dépend des sélections, mais cet avis n'engage que moi). Bref après avoir râlé en long, en large (et en travers) le trimestre dernier, je dois reconnaître que j'ai tiré un petit bijou musical. Alors, je calme de suite les ardeurs de tout le monde : l'album de Rose, Pink lady, n'est pas un coup de coeur mais il est très agréable à écouter, permet de travailler sur un fond sonore doux  et sympathique. Et puis, il y a ce petit moment que je ne me lasse pas d'entendre : Pour être deux avec Jean-Louis Murat (notre ronchon national par excellence mais si brillant), servi par un clip extra : bref, on ne se prive pas !
J'fais jamais assez de place
Pour tes douleurs en face
J'les laisse s'emmêler
Sans même m'en mêler
J'ai pas dans les yeux
Le compas pour être deux
Pour être deux, pour être deux

La Photo du Mois #23 : Street art

Le thème de ce mois fut choisi par Who cares ?  qui nous rend artistes : "Le street art, ou art urbain, est de plus en plus à la mode, et il peut revêtir diverses formes : la peinture bien sûr (avec le graffiti ou les fresques), mais aussi le pochoir, le collage, le sticker (autocollant), ou encore la sculpture, le carrelage, etc... Si vous habitez en ville, il suffit de lever (ou de baisser) les yeux et d’observer attentivement, je suis sûr qu’il y en a autour de vous. Pour ceux qui habitent à la campagne, il vous faudra peut-être être un plus attentif, mais vous devriez y arriver quand même."

Alors, comme j'ai failli rater ce rendez-vous (j'ai rédigé hier cet article à 21h en me rappelant avec frayeur que l'impératif approchait dangereusement), je n'ai pas hésité à chercher dans mes archives quelques photos de street art prises à l'occasion de mon périple portugais avec mon cher et tendre.
J'aime particulièrement cette scène qui, sous son air Inspecteur Gadget, parle de livres et d'évasion. Je la trouve évanescente et elle pousse à la rêverie. Et puis, les aspérités sur le mur éloignent le tout de la perfection ce qui n'est pas pour me déplaire. L'artiste a habillé et occupé l'espace avec une image réussie, fourmillant de détails riches sans rien défigurer. Bref, vous comprendrez que mon choix fut rapide et radical !

Alors art-streeter chez les copains et les copines !
A chaque jour sa photo, Akaieric, Alban, Alexinparis, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Carole en Australie, Chat bleu, Chiffons and Co, Chloé, Christophe, Cécile, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, Dr. CaSo, E, El Padawan, Escribouillages, Estelle, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Je suis partie voyager, Jess_TravelPicsAndTips, Josette, Josiane, Julie, Kellya, Kenza, KK-huète En Bretannie, Koalisa, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lair_co, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mamysoren, MauriceMonAmour, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Noz & 'Lo, Pat, Paul Marguerite, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Sinuaisons, Sous mon arbre, Sweets Mix, Tambour Major, The Beauty is in the Walking, Tuxana, Who cares?, Wolverine, Xoliv', écri'turbulente, ÔBD.

2017 : ah, te voilà ? Il serait temps !!!!!

Je vous souhaite une magnifique année 2017 (nombre premier*) : qu'elle vous apporte des moments de joie, de bonheur, une excellente santé ; qu'elle vous épargne (j'ai une pensée pour nos amis turcs).

Pour débuter, 2017, j'ai choisi de reprendre le tag de Noukette de l'an passé  qui a renouvelé cette année aussi, avec mes lectures ... de l'an passé (c'est-à-dire de 2016). Vous suivez ?

Je lis ... donc je suis ! (d'après l'idée originale de Noukette)

Décris toi… L'exception (qui confirme la règle ... Comment cela, je me la joue ?)

Comment te sens-tu ?   Celle que vous croyez

Décris où tu vis actuellement… Comme dans un film (une vie trépidante, parfois j'aimerais que le temps s'arrête un peu)


Si tu pouvais aller où tu veux, où irais tu ? L'archipel d'une autre vie (parce que j'ai deux logements donc deux vies, une en semaine, l'autre le week-end et c'est loin d'être une situation idéale)


Ton moyen de transport préféré ? Un paquebot dans les arbres (je me rends compte que j'ai choisi des titres fabuleux et des livres remarquables. Cela dit, une croisière me tenterait bien, j'adore naviguer)



Toi et tes amis vous êtes…Treize et  Les enfants indociles (garder une âme d'enfant est réjouissant)

Comment est le temps ? Banquises (ce givre sur les paysages les rend super jolis)



Quel est ton moment préféré de la journée ? le moment du goûter notamment avec Le rouge vif de la rhubarde 

Qu’est-ce que la vie pour toi ? (la) Naissance d'un père (surtout de ce père-là juste somptueux dans ses hésitations, au combien justifiées)


Ta peur ? (les) Nymphéas noirs (même si j'aime bien le noir, je préfère la couleur en peinture, c'est ainsi)


Quel est le conseil que tu as à donner ? Délivrances (moins on s'oxyde l'âme, mieux on se porte)


La pensée du jour… Les vrais héros ne portent pas de slip rouge (il faut le savoir. Dire que j'ai attendu plus de quarante ans pour m'en rendre compte... Livre lu en 2016 mais qui sera chroniqué en 2017)

Comment aimerais-tu mourir ?  (avec) l'odeur de la forêt  (un retour aux sources et j'adore la majesté des arbres. Mourir à côté d'eux serait classe)

Les conditions actuelles de ton âme ? Raison et sentiments

Ton rêve ? devenir une Envoyée spéciale (pour voyager, informer mais sans les dangers)


à comparer avec l'an passé : ici


* : les deux seuls entiers positifs qui divisent 2017 sont 1 et 2017. Comment procède-t-on sur ce grand nombre ? On utilise le critère de  Napoléon (évaluation de la racine carrée de 2017 - environ 44,9- et ensuite on vérifie que 2017 n'est pas divisible par tous les nombres premiers inférieurs à la racine carrée de 2017, soit inférieurs aussi à 44,9, à savoir 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, 31, 37, 41 et 43, ce qui est le cas !). C'était ma question du jour posée à mon A. lors de notre transhumance hivernale du grand Ouest vers le Ch'Nord ! Du coup, j'ai procédé aux calculs pour répondre à ma question : vous comprendrez que même en vacances, je bosse !!!

Raison et sentiments - Jane Austen ****

Dernier roman qui manquait à l'appel, Raison et sentiments achève ma boucle Jane Austen en beauté. Il n'est clairement pas mon préféré mais je lui ai trouvé tellement de qualités littéraires (intrigues variées, complexité des personnages -surtout masculins-, dialogues subtils, petits coups de mon cœur à chaque fois que le duo Elinor-Edward se présentait - c'est moins vrai pour celui formé par Marianne et Willoughby) qu'il mérite ses quatre étoiles. Il est également le moins féminin des œuvres de cette écrivaine britannique majeure et parlera à tout le monde.
Raison et sentiments
image captée sur le site d'Archipoche
Elinor et Marianne Daschwood sont les deux aînées du second mariage de leur père. Malheureusement pour elles, il décède trop tôt avant de leur laisser un pécule suffisant pour envisager un mariage de haute renommée (à l'époque des dots, l'origine sociale des demoiselles était consultée à la loupe : bref, cela ne rigolait pas !). Elles ne peuvent compter que sur la pingrerie de leur frère aîné issu du premier lit paternel aussi rusé que riche (il a su profiter de son union avec l'ex-Miss Ferrars et des largesses et l'héritage d'un oncle gaga de son rejeton) pour s'éclipser de leur lieu d'enfance (Nordland) avec leur mère et leur benjamine vers un état (le Sussex) certes plus rustique mais où les gens ont encore le cœur de les accueillir. Et cela tombe bien, il y a aussi des créatures avenantes, et  un peu venimeuses aussi !

Raison et sentiments est un roman complet : il aborde toujours la condition féminine comme Jane Austen aime la traiter, mais cette fois, l'écrivaine décline son œuvre selon deux thèmes : le renoncement (la non-déclaration) et l'honneur tour à tour symbolisés par Edward Ferrars (les deux), John Willoughby (uniquement le premier en bafouant allègrement le second) et le colonel Brandon (les deux). Raison et sentiments doit son rythme haletant par ce trio masculin divers tant par l'âge (une demi-génération sépare Brandon des deux autres) que par le caractère (le sérieux chez Ferrars, la volubilité chez Willoughby, la mélancolie chez Brandon). Mais tous aiment sincèrement l'une ou l'autre des deux héroïnes (Marianne et Elinor).
Le rythme soutenu de l'intrigue est aussi lié à la multiplicité des seconds rôles. Rare une œuvre de Jane Austen est aussi foisonnante de personnages secondaires qui prennent totalement possession des lieux et éclairent l'histoire par leur seule présence et ne servent que rarement de sous-fifres aux cinq précités. On retrouve cette multitude dans Emma ou dans Mansfield Park mais il me semble qu'ici elle est mieux construite, plus naturelle : le couple Dashwood fils et la belle-mère Mrs Ferrars et son nigot de benjamin Robert, le cousin sir John Middleton (et sa femme et sa formidable belle-mère Mrs Jennings), le couple Palmer aussi mal assorti que respectueux, les soeurs Steele (qui m'ont rappelé les demi-sœurs de Cendrillon), etc.
L'unité de lieu reste la triade : Nordland, le Sussex et Londres. L'effort de mémorisation sur les personnages se trouve avantageusement allégé par ces trois endroits explicites, chacun représentant également un temps de l'intrigue : pas d'espaces-temps parallèles ici !

Cette fresque mérite toute l'estime : elle est fraîche, lisible et jamais plombée par des discours pompeux et bavards. Chaque personnage évolue, même le pire. Jane Austen dévoile qu'on peut mourir d'amour, qu'on peut lui survivre aussi.  Impressionnant !

Editions Archipoche
Traduction très très moyenne par Madame de Montolieu (la présence de certains mots de l'époque) qui choquent maintenant).

Je vous surconseille l'adaptation (diffusée en janvier 2008) de la BBC exceptionnelle !

autres avis : Valérie, Sylire, Liliba, Keisha,

De la même auteure : Emma    Lady Susan     Mansfield Park     Northanger Abbey      Orgueil et préjugés   Persuasion

Marguerite et le colporteur aux yeux clairs - Leïla Sebbar ****

Marguerite, jolie Française qui rêve en lisant des romans d'amour d'horizons orientaux et de sable chaud se coltine chaque été un mois à la ferme de son beau-père. Heureusement, les travailleurs saisonniers originaires d'Afrique du Nord vont lui apporter ce supplément d'âme que son mari de retour de la guerre d'Algérie ne cessera de lui refuser. 

Marguerite et le colporteur aux yeux clairs est un très joli texte sur l'adaptation d'un nouveau territoire, sur l'acceptation de l'Autre après avoir été un ennemi. Il y a mille façons d'aborder l'après-guerre et Leïla Sebbar a choisi le roman sans occulter les préjugés, les clichés véhiculés entre les deux clans qui se sont affrontés. D'un côté, le respect, l'envie de se côtoyer de près (voire de très très près), de l'autre la douleur des villageois-soldats meurtris dans leur chair, pleins d'espoir d'un conflit "sain" sans traumatisme - espoir vain puisque cette sale guerre (comme ses copines) anéantira les corps et les âmes-. Marguerite au milieu, comme vecteur de paix, comme lien externe sans ambiguïté sans contrepartie, sans jugement, sans idée préconçue. 
Marguerite et le colporteur aux yeux clairs raconte une femme aimée, puis négligée qui aura cette chance inouïe d'attirer la sympathie, toute empathique et généreuse fut-elle. Un juste retour des choses, au final.

Leïla Sebbar narre nos campagnes loin de tout, en interprétant l'actualité au gré des piliers de comptoir. Comme toujours, des jets parfois grotesques, énervants et puis quelques saillies justes, profondément humaines sur l'accueil dû aux exilés et apatrides, fuyant les joutes militaires er récupérant d'autres verbales violentes à leur façon. 

Une écriture simple, très agréable qui me transporte ici et là-bas. Une belle découverte.

Éditions Elyzad (que j'adore)

autre avis : ma Zaz

Mille mercis à la libraire de La Gède aux livres à Batz-sur-Mer (22, rue Jean XXIII et www.facebook.com/lagedeauxlivres) pour ces conseils avisés. Grâce à elle, j'avais fait ma cargaison anglaise (Jane Austen, Charlotte Bronte, Emily Bronte, Thomas Hardy) l'an passé. Cette année sera plus éclectique et tournée vers le Maghreb.

évasion musicale : Waiting here - The Avener.



Nymphéas noirs - Michel Bussi *****

Voilà un livre offert de multiples fois sans l'avoir lu, avec le retour enthousiaste de mes proches gâtés et ravis du cadeau. Après un désert littéraire lié à des déconvenues successives, je me suis dit qu'il n'y avait pas de raison que je me prive d'un tel joyau, qu'après tout, moi aussi, je méritais une lecture simple, efficace, pas prise de tête, un bon gros polar frenchy, un succès qui collectionne les prix... 

Mais que n'avais-je pas imaginé ? Parce que sous son allure "d'enquête un peu barrée avec une vieille sorcière, une petite artiste en herbe, une instit' qui met le feu avec ses yeux", j'avais osé supputer un fait divers simplet, une histoire rectiligne, qui ne demande à aucun de mes neurones de fonctionner (surtout en vacances). J'ai même pensé un temps, perfide : "eh, eh, ce personnage ne sert à rien" ou bien "cette scène n'est pas possible dans la vraie vie parce qu'on ne peut pas pas consulter les dossiers comme cela, surtout maintenant. Monsieur Bussi, vous vous plantez !" (oui, oui, je peux vraiment être mesquine) avant que la connection cérébrale (plutôt longue, en ce moment) perturbe mes railleries et me plonge dans un total désarroi : "non, Phili, c'est toi, Cocotte, qui commence à comprendre... Seulement, cinquante pages avant la fin !"  Oui, ce n'est pas glorieux !
Bref, j'ai eu tort sur toute la ligne (comme cela m'arrive rarement : si, si je vous assure !) et j'en suis ravie (comme mes potes).
Un ophtalmologue pas du genre fidèle est retrouvé mort à Giverny, village par excellence du peintre Claude Monet, dont il était un fervent passionné. L'enquête piétine et se scinde rapidement en trois parties : les rendez-vous galants, les enfants et la peinture (les chers Nymphéas). Tout y est mais dans des espaces-temps parallèles au cours desquels le chien Neptune et des rubans d'argent servent de passerelles.

Sans trop en dire, et là clairement on peut me taxer de taiseuse, Nymphéas noirs est un policier grandiose. Si, si, j'emploie rarement cet adjectif mais là, il est totalement mérité et justifié. Je pense même, qu'à l'instar de Pierre Lemaitre, Michel Bussi possède une écriture et une ingéniosité qui le mèneront au prix Goncourt un jour (ce roman frise l'intelligence tout du long). Il y a un souffle épique dans ce texte, une référence aux mythes, une poésie dans la prose, la capacité à rompre continument mais sans fracture. Il y a une façon d'émouvoir sur cette "réparation"Nymphéas noirs représente un lent mais juste cheminement d'une femme vers la liberté et le bonheur amoureux, aidée en cela par une vieille camarade qui a apprécié et remercié son honnêteté. 
L'art dans tous ses états 
Tout est beau dans cette œuvre de Michel Bussi : les mots, les sous-entendus, les détails jamais laissés au hasard (tout compte : MB est un écrivain de l'essentiel), l'histoire emberlificotée (liée à une construction du récit maîtrisée), la violence contenue sans excès de descriptions morbides. Tout y est jusqu'aux noms. Tout simplement remarquable !     

Éditions Pocket
A tous prix 
autres avis :  Valentyne, Aifelle, Alex, Galinette, Philippe Dester,

et un de plus pour les défis de Shel (parce que la peinture en devient une héroïne et que ses artisans historiques y prennent toute la place) et d'Aspho (prix des lecteurs du festival Polar de Cognac, 2011)

Unconditionally

... j'adore cette chanson de Katy Perry* et elle me rend encore plus amoureuse de mon A. lorsque je l'entends. (bon, cela dit, je n'ai pas non plus besoin de l'avoir en tête constamment pour me rendre compte de la chance d'avoir un tel homme près de moi, qui me porte, motive mon ambition, me fait confiance et gère le quotidien bien bouleversé depuis quelques mois). Cette période de Noël est synonyme de retrouvailles familiales, de moments heureux et puis aussi de périodes douloureuses (je pense à mes proches qui ont éprouvé une séparation cette année et qui vont vivre certaines fêtes sans leurs enfants à leurs côtés : je suis de tout cœur avec elles ; je sais leur courage et leur volonté, leur capacité à surmonter les affronts et le deuil d'un amour disparu - à ce propos, c'est fou comme une séparation peut révéler une personnalité et décevoir). L'amour est fragile, alors profitons-en maintenant !
Pour ceux et celles qui décrochent du net pendant cette période (et pour les autres aussi),
je vous souhaite de magnifiques fêtes de fin d'année : amusez-vous, riez, aimez !
* : le deuxième grand amour de MTG après La Douce !

Excellente nouvelle de la journée : Liliba est de retour !!!!!!!!!!!!!!!!!!