Les Vivants Nullipares et alors ?

Pour ce billet, je vous propose la rencontre de deux univers : d'un côté un roman, de l'autre un manifeste. J'ai ouvert ces deux livres sans attente particulière, motivée à comprendre le succès populaire et justifié du premier (Les Vivants**** d'Ambre Chalumeau) et à découvrir les discours frondeurs du second (Nullipares et alors ?   entre *** et ****). 

Voilà dans le touchant Les Vivants, Ambre Chalumeau raconte des humanités touchées par un drame : la maladie d'un des leurs, celui qui les lie, celui qui n'a pas tout dit. On voit les deux grandes copines, les parents, le frère, on découvre le secret. Telles des bulles qui grandissent et parfois explosent, on les voit naviguer dans un quotidien tendu : l'une découvre la prépa, l'autre révèle ses traumas, le couple parental morfle, et le petit dernier apprend à vivre sans l'ombre de son frère, presque honteux d'apprécier enfin le soleil.  Les Vivants est le premier roman d'Ambre Chalumeau chroniqueuse culturelle de l'émission Le Quotidien, une personnalité que j'aime bien pour sa bienveillance, son flow, sa culture, la fluidité de ses paroles. Ce premier roman est facile à lire avec les punchlines de l'autrice, habituée à la concision, à l'écriture rapide, au jet incisif sans être méchant. La tendresse pour ses personnages transparaît à chacune de ses pages, sa générosité aussi. Telle une romancière déjà installée avec un univers bien campé, Ambre Chalumeau ose les métaphores, les réflexions toutes personnelles, les petites piques, met à nu ses idées tout en restant pudique. Les Vivants révèle surtout une autrice sur qui compter. Pourvu que son futur second roman soit aussi talentueux !

Éditions Le Livre de Poche 

 

Nullipares et alors ? Tout est dans le titre, oui, pourquoi à l'époque actuelle faut-il que des femmes justifient leur choix de ne pas avoir d'enfant, en écrivent un livre pour permettre à celles qui ont ce même désir de ne pas enfanter et qui n'osent pas, de savoir qu'elles ne sont pas seules ? Parce que l'intérêt de ce manifeste est surtout là pour raconter des itinéraires, pour donner des arguments et montrer implicitement la pression sociale forte que subit toute femme en âge de procréer, réduite à un état de porteuse d'utérus. J'ai lu Nullipares et Alors ? et à chaque fois, j'ai senti la colère contenue, la colère d'en avoir supporté des réflexions déplacées sur l'état de célibataire, l'état de celle qui ne veut pas suivre la logique implacable et toute tracée de la maternité qui rassure la norme sociale. Je me suis fait la remarque de savoir si on questionnait autant les futurs parents de leur choix d'enfanter. Pourtant on devrait, par équilibre, par la prise de conscience de ce que c'est de faire naître un enfant et de l'élever. J'ai regretté que ces femmes autrices aient éprouvé le besoin de se justifier capables d'amour. Je l'ai regretté parce que je n'en ai jamais douté, comme je ne doute pas que certains font des enfants sans éprouver tant d'attachement, répondant pour certains d'entre eux, plus à des rites sociaux/ancestraux/familiaux. Au-delà de ces différentes voix intéressantes, Nullipares et alors ? a le mérite de nous faire réfléchir loin et profondément en nous, sur ce qu'on veut réellement. C'est toujours utile.

Éditions Points 

[RDV en chanson] Comme Caroline - Zaho feat. MC Solaar

Pour notre rendez-vous mensuel avec Anne, je vous propose Comme Caroline de Zaho feat. MC Solaar.

J'aime assez l'idée de création d'une chanson qui répond à une autre, plus ancienne, qui la complète, qui la prolonge. C'est ce que propose Zaho avec son hit Comme Caroline qui rappelle la Caroline de Mc Solaar qui date maintenant de quelques années  (1991... cela ne nous rajeunit pas !).

Entre des rappels de rythme et des expressions mythiques "l'as de Trèfle qui pique mon cœur", Zaho a construit une réplique de son univers et franchement cela le fait bien ! Et c'est surtout l'occasion d'entendre à nouveau le flow et la belle tessiture de voix de Zaho et ça, c'est une bonne nouvelle ! À part pour Claude qui se fait larguer une nouvelle fois en chanson, le pauvre ! En tout cas il se montre généreux à partager son hit, à le laisser inspirer une autre chanson, tout cela est foncièrement intelligent.

Regarde, t'as pris toute la place,
Dans mon cœur où t'as pas pied.
On n'écrira pas les pages,
Il n'y a plus d'encre ni papier.
Y aura plus de nous du tout,
Plus d'je t'aime, plus d'I love you.
Tu ne rempliras plus les cases.
C'est ma dernière dédicace.


Moi, j'voulais t'aimer pour toute la vie
Seulement t'aimer, on s'est promis.
T'étais l'as de trèfle qui piquait mon cœur.
(L'as de trèfle qui piquait ton cœur)
Moi, j'voulais t'aimer pour toute la vie.
Mais voilà, t'aimer n'a pas suffi.
T'étais l'as de trèfle qui piquait mon cœur.
(Comme Caroline)

Alors je suis partie comme Caroline
Je connais la chanson comme Caroline.
Je ne veux plus t'entendre dire "ti amo"
Comme Caro, je me tire sans dire un mot.
Alors je suis partie comme Caroline,
Je connais la chanson comme Caroline.
Je ne veux plus t'entendre dire "ti amo"
Comme Caro, je me tire sans dire un mot.
Je t'ai laissée sur le carreau, carreau
Carreau, comme Caroline (Caroline).
Carreau, carreau, carreau, Caroline (Caroline).
Je t'ai laissée sur le carreau, carreau
Carreau, comme Caroline (Caroline).
Carreau, Carreau, Carreau, Caroline.

Non, je ne ressens plus d'adrénaline.
Mon cœur ne battra plus sous ma poitrine.
Mon monde tournera plus autour de toi,
Pas comme les anneaux de Saturne.
Aujourd'hui, je me dis que tout nous oppose.
Tu m'diras que les opposés s'attirent.
Je vois par la fenêtre faner des roses.
Mais le jeu a changé, GG.


Moi, j'voulais t'aimer pour toute la vie
Seulement t'aimer, on s'est promis.
T'étais l'as de trèfle qui piquait mon cœur.
(L'as de trèfle qui piquait ton cœur)

Moi, j'voulais t'aimer pour toute la vie
Mais voilà, t'aimer n'a pas suffi.
T'étais l'as de trèfle qui piquait mon cœur.
(Comme Caroline)

Alors je suis partie comme Caroline.
Je connais la chanson comme Caroline.
Je ne veux plus t'entendre dire "ti amo"
Comme Caro, je me tire sans dire un mot.
Alors je suis partie comme Caroline.
Je connais la chanson comme Caroline.
Je ne veux plus t'entendre dire "ti amo".


Comme Caro, je me tire sans dire un mot.
Je t'ai laissé sur le carreau, carreau
Carreau, comme Caroline (Caroline)
Carreau, Carreau, Carreau, Caroline (Caroline)
Je t'ai laissé sur le carreau, carreau
Carreau, comme Caroline (Caroline).
Carreau, Carreau, Carreau, Caroline.

Elle était ma dame, elle était ma came, elle était ma vitamine.
Elle était ma drogue, ma dope, ma coke, mon crack, mon amphétamine.

Elle était ma dame, elle était ma came, elle


Elle était ma drogue, ma dope, ma coke, mon crack, mon amphétamine.
Caroline.
Caroline
Caro, Caro, Caro, Caroline.

 Et un petit rappel de Caroline, c'est ici

 

 

[RDV en chanson] Melodrama - Disiz et Theodora

Pour ce rendez-vous en chanson avec Anne, je vous propose le Melodrama version Disiz et Theodora. Parce que même si cette chanson parle de rupture, elle raconte aussi l'avant de l'amour, la dégradation de la relation amoureuse même si le lien persiste ! 

Un duo frais, dynamique avec des voix incarnées (avec un flow doux et percutant) et un style d'écriture qui m'accroche vraiment. 

Well done et bravo !

Citations :

Moi, j’ai dit : “ Je t’aime ” à un homme.. pas à deux.

J’suis comme un son que t’aurais pas Shazam.
* Shazam : application qui permet de retrouver un titre de chanson grâce à un court extrait sonore de ladite chanson.

C’еst donc la dernière fois qu’on s’raccompagne.

.... il pleut de l’eau d’javel.
Ça fait de l’aquarelle sur les couleurs de la vie sans elle.

... tout coule sur moi, sur la douleur de la vie sans toi.
Tout roule, tout roule pour toi...

et cette conclusion implacable :  J’ai jamais vraiment été ta Valentine.


Blessé bg, végéter dans l’TGV.
Dégoûté, qu’est-ce que j’ai fait ? Qu’est-ce que j’ai fait ?
Encore, toujours, pareil (encore), il pleut de l’eau d’javel.
Ça fait de l’aquarelle sur les couleurs de la vie sans elle.
Tout coule, tout coule sur moi, sur la douleur de la vie sans toi.
Tout roule, tout roule pour toi, ouh.

J’suis comme un son que t’aurais pas Shazam.
J’suis comme un con dans c’méli-mélo drame.
Ça fait si mal alors qu’ça fait pas long time.
J’suis comme ce son que t’aurais pas Shazam.
J’suis comme un con dans c’méli-mélo drame.
C’еst donc la dernière fois qu’on s’raccompagne.

Pochеs pleines surtout sous les yeux.
Babe, tu m’as fait trop d'peine, j’ai même pleuré Dieu.
Je t’ai dit “ Je t’aime ” plus d’une fois ou deux.
Mais moi, j’ai dit : “ Je t’aime ” à un homme.. pas à deux.
Tu m’donnes le blues d’hiver.
Je suis dans un étoilé mais je repense à hier.
Galères et RER, si ton pied c’est mon pied, pourquoi tout foutre en l’air ?

J’suis comme ce son que t’aurais pas Shazam.
Y a ton odeur dans mon lit, dans mes draps.
J’ai jamais vraiment été ta Valentine.
J’suis comme ce son que t’aurais pas Shazam.
Y a ton odeur dans mon lit, dans mes draps.
J’ai jamais vraiment été ta Valentine.

C’est tout à ton bonheur de m’vouloir du mal.
Moi, j’suis venu pour l’amour, pas pour l’tribunal.
Je plaide coupable de toute façon, y a l’enfance dans l’équation.

J’suis comme un son que t’aurais pas Shazam.
J’suis comme un con dans c’méli-mélo drame.
Ça fait si mal alors qu’ça fait pas long time.
J’suis comme ce son que t’aurais pas Shazam.
Y a ton odeur dans mon lit, dans mes draps.
J’ai jamais vraiment été ta Valentine.

Melodrama 

J’suis comme un son que t’aurais pas Shazam.
J’suis comme un con dans c’méli-mélo drame.
Ça fait si mal alors qu’ça fait pas long time.
C’еst donc la dernière fois qu’on s’raccompagne.
Y a ton odeur dans mon lit dans mes draps,
J’ai jamais vraiment été ta Valentine.
Melodrama.


Les insolents Du même bois

Les insolents **** - Ann Scott

Les insolents, une découverte de la plume d'Ann Scott et une belle surprise. Dans Les insolents, Ann Scott décrit un trio de potes parisiens (Alex, Jacques et Margot), et plus particulièrement le choix d'Alex, compositrice reconnue de musiques de film, de quitter la capitale pour respirer le bon air, se rapprocher de la mer après une période Covid enfermante. Ses deux amis comprennent peu/pas cette décision, tous deux habitués à la culture à foison qu'offre la capitale, les rencontres enivrantes, les soirées à n'en plus finir, les choix de partenaire. Alex n'en a cure, son choix est acté depuis longtemps. À l'ère de l'IA, elle sait son métier en péril, elle sait les distances menaçantes pour les réseaux professionnels, pour les amitiés aussi. Mais Alex a envie d'espace, de verdure, d'un nouveau challenge de vie cette fois. Une énième rupture amoureuse, une liaison pas satisfaisante vont l'aider. Dans Les insolents, Ann Scott nous épargne aucune description, aucune étape, aucune remise en question : il n'y a rien de rose, juste des humains qui ont envie de se retrouver. J'ai senti les atmosphères, j'ai visualisé les scènes, les chemins qui mènent à la plage, les courses au village. J'ai lu l'isolement, les rencontres de solitudes. Les insolents est un roman qui offre aussi des réflexions sur nos vies encombrées. Intéressant, vraiment intéressant. 

Éditions J'ai lu
Prix Renaudot 2023 

 

Du même bois *** - Marion Fayolle  

Autre autrice découverte avec ce court livre mi-fiction mi-autobiographie, Marion Fayolle décrit dans Du même bois des scènes de famille dans une ferme : une maison partagée, un frère à surveiller, chaque femme qui devient à son tour la matriarche (une petite devient si vite grande). Chaque vêlage est à la fois une fête et une inquiétude. Une enfance parmi les animaux (de toutes sortes, en chair et en os, et pas dans les documentaires) à les observer et à les ausculter, une famille d'accueil, de nouvelles arrivées et un cycle de vie qui se régénère. C'est une lecture agréable à découvrir, très courte (autour de 120 pages) qui rappellera des souvenirs à celles et à ceux qui ont connu des épisodes d'enfance dans les fermes (à l'occasion de vacances, de fêtes de famille, de dimanches à la campagne, de vie aussi). Une époque passée pas si lointaine, une époque où les enfants étaient beaucoup dehors et pas devant les écrans (d'ordinateur, de tablettes, de smartphones) exceptée la fameuse télé. Du même bois ne présente pas de nostalgie, il est avant tout un témoignage d'une époque révolue, un témoignage littéraire comme les vêtements, les murs ou les photographies en représentent d'autres plus matériels. À l'aide de courts chapitres, Marion Fayolle décrit des événements, des personnalités d'une famille, rend hommage à un monde de labeur, de simplicité et de générosité. Et cela fait du bien aussi de prendre ce temps de la contemplation. 

Éditions Folio

 

Avec Les insolents, je participe au Petit Bac 2026 d'Enna
Catégorie PLURIEL (Les INSOLENTS)