Chaque premier mercredi du mois, Anne propose qu'on mette à l'honneur des chansons en langue française.
Voici mon choix pour le mois de mars 2025 : Ma meilleure ennemie - Stromae et Pomme.
Une écoute et un vrai coup de foudre direct !
Bon, il faut dire que le hit est composé d'un génie musical (Stromae) avec la voix sylphide de Pomme. Bref que du bon (du très très bon) !
On est toujours dans l'amour toxique (cf mon post musical Mauvais garçon d'Héléna Bailly) à proscrire définitivement, parce que rien ne peut sauver de grands malades à part la psychiatrie, parce qu'aimer n'est pas se faire la guerre, parce qu'il vaut mieux être célibataire que de vivre une relation délétère et avilissante.
Je t'aime, je te hais, je t'aime, je te hais Je t'aime, je te hais, je t'aime, je te hais Je t'aime, je te hais, je t'aime, je te hais Je t'aime, je te hais, je t'aime, je te hais
T'es la meilleure chose qui m'est arrivée, Mais aussi la pire chose qui m'est arrivée. Ce jour où je t'ai rencontrée, j'aurais peut-être préféré Que ce jour ne soit jamais arrivé (arrivé). La pire des bénédictions La plus belle des malédictions De toi, j'devrais m'éloigner Mais comme dit le dicton "Plutôt qu'être seul, mieux vaut être mal accompagné".
Tu sais c'qu'on dit "Sois près d'tes amis les plus chers" Mais aussi "Encore plus près d'tes adversaires".
Mais ma meilleure ennemie, c'est toi. Fuis-moi, le pire, c'est toi et moi.
Mais si tu cherches encore ma voix, Oublie-moi, le pire, c'est toi et moi.
Pourquoi ton prénom me blesse Quand il se cache juste là dans l'espace ? C'est quelle émotion, ta haine ? Ou de la douceur Quand j'entends ton prénom. Je t'avais dit "Ne regarde pas en arrière, Le passé qui te suit, te fait la guerre."
Mais ma meilleure ennemie, c'est toi Fuis-moi, le pire, c'est toi et moi.
Mais ma meilleure ennemie, c'est toi. Fuis-moi, le pire, c'est toi et moi.
Je t'aime, je te hais, je t'aime, je te hais Je t'aime, je te hais, je t'aime, je te hais Je t'aime, je te hais, je t'aime, je te hais Je t'aime, je te hais, je t'aime, je te hais Je t'aime, je te hais, je t'aime, je te hais Je t'aime, je te hais, je t'aime, je te hais Je t'aime, je te hais, je t'aime, je te hais Je t'aime, je te hais, je t'aime, je te hais
Paroliers et compositeurs : Paul Van Haver (Stromae) - Alexander Seaver - Claire Pommet (Pomme) - Luc Van Haver
Cinq mille kilomètres par seconde raconte l'histoire d'une vie puis d'une autre, d'un couple qui s'installe et qui se quitte, deux itinéraires qui se croisent à des époques charnières de l'existence.
J'ai vraiment adhéré au graphisme et aux couleurs employées par Manuele Fior : c'est pour moi la force de cette lecture. À chaque planche, une évasion et à chaque endroit une couleur principale. J'ai trouvé l'histoire classique comme nos vies : rien de superflu, rien d'exceptionnel. C'est aussi l'autre force de ce livre : celle de ne pas nous sortir de nos conditions humaines, celle de ne pas en faire trop. On y trouve des personnes qui font des choix, qui fuient quand la réalité demande du répondant et du caractère, qui fuient sans se sentir responsables dans la rupture.
J'ai regardé ces personnages sans éprouver la moindre empathie à leur égard, je pense que mon côté hyper installé et mon besoin de sécurité affective se confrontent à l'instabilité courante et constante chez Lucia, à sa liberté assumée (ce qui est bien) teintée d'égoïsme (ce qui l'est moins). Si je comprends certains choix bienvenus pour assurer un équilibre psychologique intellectuel, j'adhère moins à d'autres choix faits qui vont impacter sérieusement d'autres protagonistes qui n'ont rien demandé du tout (cf le souvenir que ramène Lucia de Norvège). Et je ne dis pas que j'ai la juste façon de voir, parce que l'émancipation de Lucia montre aussi des qualités : celle de s'éloigner avant que les choses empirent, celle de rester cohérente avec une certaine image de la vie mêlée d'insouciance et d'apesanteur. Restent vraiment les images, le graphisme, l'ambiance qui servent le récit, voire le subliment. Reste aussi un traitement un peu sévère sur une génération de jeunes adultes qui veulent avant tout vivre l'instant présent en harmonie avec eux-mêmes en limitant les contraintes (même si on voit bien que cette forme de raisonnement a ses limites morales aussi).
Ce roman graphique a reçu le prix Fauve d'Or du festival littéraire d'Angoulême 2011 (il reste d'actualité et expose à sa façon et par cette histoire les conflits philosophiques entre générations, par l'interprétation que s'en font ses lecteurs.)
D'Albane Gellé, j'avais découvert et grandement apprécié le très beau Si je suis de ce monde. Au détour d'un passage en bibliothèque, je plonge dans la lecture de Quelques. Trente-six pages et souvent cinq lignes, Quelques présente des humanités rencontrées lors d'une résidence d'autrice qu'a connue Albane Gellé fin 2002- début 2003 à Rennes. Cinq lignes, c'est définitivement peu pour dire l'essentiel et pourtant certains paragraphes sont si justes qu'en quelques mots, Albane Gellé narre un quotidien, une inquiétude, une réflexion, par ses rencontres avec les habitants du quartier du Triangle rennais. Certains paragraphes touchants m'ont réellement accrochée. À chaque fois, j'ai lu ces instantanés de vie avec application, parce que la prose d'Albane Gellé est nourrie et ne tombe jamais au hasard, parce que Quelques recèle de splendeurs tout simplement.
page 8 : À la télévision, des hommes en carton, leurs voix théâtre s'adressent à des maris qui sans rien dire les regardent, et ne font pas la vaisselle. Quel boucan dehors, pour des fenêtres neuves.
page 24 : Offrant du jus de pomme, il ne croit pas en Dieu, il voyage il chemine entre deux terres brunes, deux langues, deux mers, il se sent partagé.
page 25 : Tout de suite après bonjour, et toute emmitouflée, elle s'excuse pour son mari absent, sans lui elle ne voit pas quelle conversation, quand il arrive, elle s'efface.
Lire Gaëlle Josse est toujours synonyme de petit bonheur littéraire parce que cette autrice essaie de varier le cadre de ses romans, d'en adapter l'écriture et de nourrir chaque intrigue d'une bibliographie conséquente ou suffisante. De nos blessures un royaume ne déroge pas à cette règle.
Agnès, danseuse professionnelle, se décide à quitter brusquement son quotidien pour un voyage, une quête. Au cours de son périple (bus, autocar, train), Agnès va dévoiler l'objet de son périple et se dévoiler aussi. D'elle, on découvrira à la fois la force et les fêlures, son parcours dans la danse, ses contemplations, ses réflexions et son amour ; de ce livre, on apprendra l'existence d'un lieu européen insolite qui permet le cheminement et la conclusion. Et puis on découvrira aussi une autre intimité émouvante.
De nos blessures un royaume, j'ai apprécié les images et le voyage, j'ai visualisé les instants de vie d'Agnès, ses expériences et ses souvenirs, ses apartés sur les rituels culturels de divers pays : l'écriture de Gaelle Josse est explicite et instruite, sans être encyclopédique. J'ai aimé lire une écriture déliée, débridée comme si Gaelle Josse autorisait sa plume à se libérer. Si j'ai été un peu moins fan de la prose employée pour l'autre histoire sous-jacente - ce qui s'explique justement- , j'ai été touchée par la simplicité et la douceur des liens familiaux grâce à la description de scènes du quotidien et des escapades tantôt initiatrices tantôt fragilisantes.
Au cours de cette lecture, j'ai pensé au splendide La nuit tombée d'Antoine Choplin pour la quête intime, le lien avec un objet transitionnel et le lien à une enfant fille. Et cette allusion qui a été convoquée chez moi sûrement à tort est de bel augure.