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Les plumes 40 d'Aspho : "Car ceux qui ont perdu quelque chose, comment font-ils pour éprouver encore de la joie ? (…) Ils connaissent désormais l’envers des choses."*)

écritoire vanishingintoclouds(3)*:  extrait de Le roi disait que j'étais le diable (Clara Dupont-Monod)

Consigne fut donnée par Asphodèle, de rédiger un texte utilisant ces vingt-six mots (on a le droit d'en oublier un) : temps, lire, ténacité, sidération, tour (nom masculin), regrets, déchirer, malgré, silence, bancal, résilience, pourquoi, aquarelle, fardeau, parenthèse, vide, rire, envol, vie, conscience, coeur, douleur, scintiller, symphonie, scène, sinueux.




Il est temps de reprendre à lire, à écrire.
Après la sidération de ce début d'année, à mon tour de briser le silence  !

Je n'ai qu'un regret : celui de ne pas t'avoir connu, Claude. 
Ton chemin de vie fut loin d'être sinueux ou bancal, tes journées s'accompagnaient de rires, de chants et de symphonies. 

Tu possédais la conscience du cœur, celle qui rend l'entourage heureux, celle qui partage et protège. 

Ton absence laisse un grand vide chez ceux et celles qui ont su t'aimer.
Malgré la douleur de ta perte, ils prolongeront tes biens les plus précieux : ta ténacité à croire en l'humain, ta profonde générosité, ton don de soi, ton enthousiasme à sublimer le quotidien, à le faire scintiller. 

Prends ton envol, fais-leur confiance : tes héritiers ont tout compris. Chez eux, pas de mise en scène, pas de fardeau qui ne tienne. Ils jouent du violon et de leurs voix avec virtuosité, dressent une jolie aquarelle empreinte de textes sensibles et percutants.

Voilà, Claude, j'espère que tu me pardonneras cette parenthèse écrite.

Tu as le droit de penser : « pourquoi ? pourquoi moi ? »
Mais tu vois, tes obsèques m'ont touchée. T'entendre à travers tes proches a fini par déchirer mon état lymphatique. 
Oui, tu as raison, il est bon et doux de vivre, d'échanger et de partager, de ne pas oublier.

Cette lettre devient ma propre résilience. Alors, merci pour tout cela !

                                                                                                       à D., à E., à C. et à S. 

Les liens vers les textes des autres participants sont recensés dans le billet d'Aspho

Les plumes 34 d'Aspho : Humeur du jour

écritoire vanishingintoclouds(3)Consigne fut donnée par Asphodèle, de rédiger un texte utilisant ces vingt-trois mots (on a le droit d'en oublier un) : regrets, engranger, boue, repos, découverte, hélianthe, regain, bond, imprévus, recherche, espièglerie, confiture, allégresse, jubilation, noctambule, brume, respirer, dépaysement, magnifique,  bleu, marais, maudit, myriade.

On pouvait aussi piocher dans cette liste de quatorze mots, si on le voulait :
Rien, sourire, montagne, déménagement, soleil, question, sagesse, océan, ivresse, tempête, lune, rêve, emménager, mer.

So,  let's go !

Au-delà des mots, au-delà des gestes,
tu es ma peau, tu es tout ce qui me reste.

Je te re/cherche, je te croque, je te respire,
je rêve d'étaler la confiture sur tes désirs.
Pas de repos entre nous, mais imprévus et dé/couverte !

Les jours s'effacent devant nos nuits magnifiques
où tout n'est que dépaysement et allégresse.
Tu ne souffres d'aucune retenue,
toute pause précède un regain d'ivresse.

Funambule de la parade, jouisseur noctambule,
tu emplis l'atmosphère bleue de bulles.

Les poètes maudits ne te parlent pas,
tu fuis les regrets.

Tel Éole, tu dissipes la brume des marais,
jongles avec « jubilation » et « espièglerie »,
engranges une myriade de pitreries.

 
Avec toi, la boue disparaît. 

Hélianthe de ma vie, continue les bonds 
dont ton cœur a le secret.  

Les liens vers les textes des autres participants sont recensés dans le billet d'Aspho : ICI

Les plumes 22 d'Aspho : l'ennui

écritoire vanishingintoclouds(3)Consigne fut donnée par Asphodèle, de rédiger un texte utilisant ces vingt-quatre mots (on a le droit d'en oublier un) :

projet, dimanche, emmerdement,  penser, intimité, hésiter, oppresser, pluie, savoir, morosité, panne, créatif, silence, bâiller,  fatigue, mourir, soupir, ralenti, routine, figé, vide et whisky, xyste, zigzaguer. 




Ce soir, j'ai décidé d'être réactif créatif. Le silence et l'intimité de la pièce vont m'inspirer, j'en suis sûr.

Premiers principes à respecter : arrêter de bâiller, prendre une bonne rasade de whisky (flûte, la coupe est pleine et la bouteille, vide), tourner au ralenti (la routine, quoi), oublier la fatigue de la journée et construire le roman de ma vie (soupirs).

Tiens, pensons au titre : La pluie avant qu'elle tombe (déjà pris : encore un qui ne s'est pas foulé en zieutant la morosité météorologique) ou mourir les sirènes (comme les oiseaux cachés derrière la soutane).

Foutu projet littéraire : c'est toujours pareil, la panne d'inspiration m'oppresse ! Regard figé vers l'horizon obscur, surtout ne pas penser à demain : c'est dimanche (avec déjeuner chez la belle-doche à la clé, emmerdement assuré !).

Je me lève, hésite sur le parcours, bouscule quelques meubles et zigzague dans le couloir comme les Béatrix-Fourcade-Mattel foulent le xyste enneigé russe (bon, je sais, avec moins de dextérité). Arrivé à destination, j'essaie d'ouvrir la porte de ma chambrée.

Et puis, plus rien.

Corps allongé sur le sol, joue droite contre le carrelage froid, je somnole : encore une nuit d'ennui(s) !

Les liens vers les textes des autres participants sont recensés dans le billet d'Aspho :  ICI

Je souhaite un très bon anniversaire à mon neveu V., à sa grand-mère J. et à mon amie C !

Inspirations
en littérature : Monsieur Jonathan Coe - La pluie avant qu'elle tombe
                          Madame Colleen McCullough - Les oiseaux se cachent pour mourir

en musiqueMourir les sirènes - Canada

Les plumes 21 d'Aspho : Transparence

écritoire vanishingintoclouds(3)
Consigne fut donnée par Asphodèle, de rédiger un texte utilisant ces vingt-sept mots (on a le droit d'en oublier un) : 

Invisible, fantôme, innocence, introuvable, voile, dentelle, brouillard, psyché, honnête, insignifiant, dessous, eau, politique, nudité, diaphane, visible, cristal, blog, lumière, lagon, briller, vérité, fantaisie, traverser,  vagabonder, vapeur, vin.





Cher François,  

Pas de tweet cette fois. Je t'adresse cette simple lettre.

On ne peut pas dire que sur ce coup-là, tu aies brillé par ton élégance et que tu aies été honnête avec moi. Que cette maudite vérité te soit dure à entendre ne m'indispose plus ! 

Fuyant notre chambrée, devenu insignifiant voire invisible, tel un fantôme traversant Paris en scooter, sans escorte mais protégé par un casque dont les ventes ont explosé depuis, tu vagabondes et changes de cœur (à défaut de corps : d'ailleurs, un petit régime vapeur sans vin s'impose et ne devrait pas te faire de mal).

J'étais ta lumière, ton étoile (celle qui t'a mené au plus haut alors que personne ne croyait en toi), fin prête à prendre le voile (celui de la mariée, je précise !) et à me concocter une jolie robe diaphane en dentelle de Caudry, pour l'occasion. Hélas, trois fois hélas, tu viens de me répudier publiquement, de me « jeter » comme un vulgaire dessous usé. 

Adieu voyage de noces, doux lagon, eau paradisiaque. Bonjour tristesse et brouillard !

Ma psyché choquée ne l'a point supporté. Je viens de perdre mon amour, mon innocence, ma fantaisie. Victime collatérale et visible des pires railleries, la nudité de mon intimité en pâture, je suis brisée (contrairement au cristal de la République qui, lui, ne semble pas souffrir de notre rupture).

Voilà, François, je te laisse sur ces derniers maux mots, peut-être un jour publiés sur un blog introuvable, qui sait ?
                   
                                                                                                                                    Valérie                                                      
J'ai volontairement omis le mot politique : je me demande bien pourquoi.

Un merci particulier à Mina (et elle seule sait pourquoi)

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évasion musicale : Pas besoin de toi - Joyce Jonathan (même, la belle-fille s'y met)

Les plumes 20 d'Aspho : Masque(s)

LOGO PLUMES2, lylouanne tumblr comConsigne fut donnée par Asphodèle, de rédiger un texte utilisant ces vingt-trois mots :  
Visage, camouflage, armée, plume, vénitien, jaune, déguiser, bal, argile, mensonge, embaumer, comédie, celer, mystère, pailleté, crème, farandole, grimace, hypocrisie, dissimuler, unir, usure, unique.


Il entra dans la chambre et repéra le joli masque pailleté aux plumes jaune orangé. Il se rappela combien elle aimait se déguiser, jouer la comédie à la moindre contrariété, dissimuler son corps menu sous les taffetas colorés ou user de perruque, camouflage idéal de son blond vénitien.  

Il balaya du regard l'intérieur de la pièce : rien de nouveau, rien de changé. Partout son image. Ici, la mallette de maquillage avec la fameuse crème mascara « pour faire comme les grandes, hein Papa ? » et là, son parfum dont quelques effluves embaumaient encore l'atmosphère unie

Son visage se crispa et laissa place à une grimace : il étouffa une armée de sanglots. Venir chez elle entraînait à chaque fois la farandole douloureuse des souvenirs.

Ce n'était plus un mystère : il représentait à présent un géant aux pieds d'argile, au cœur fragile et à jamais celé. L'usure du temps et la chose avaient agi sur lui. 

Point de bal cette année, pas d'hypocrisie sociale, moins de mensonges, peu de sourires.
Elle resterait son unique ravissement.

Il retint sa respiration, quitta son univers et referma la porte derrière lui. Puis pleura.

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(pour découvrir l'écrit de Dame Aspho et celui de Jacou) ou ci-dessous (je ne suis qu'une vulgaire copieuse)
Violette Dame Mauve, Adrienne, Ghislaine, Valentyne, Janickmm, Soène, Mon Café Lecture, Miss Nefer, Célestine, Jobougon, PatchCath, Mind The Gap, Eeguab-Modrone, Marlaguette, Nunzi, Brize, Evalire, Claudialucia, Marie, Cériat, Jean-Charles, l’Or Rouge, Pierrot Bâton. Wens.LilouSoleil, Béatrice, Coccinelle, DimDamDon, Rosemonde (dès qu'Aspho a le lien !).

Les plumes 16 d'Aspho : correspondance

Consigne fut donnée par Asphodèle, d'écrire une lettre et d'utiliser ces dix-neuf mots : plume, épistolaire, échange, relation, courrier, essoufflement, assortiment, liaison, amoureux, carte, rencontrer, lettre, souvenir, distance, train, couleur, pétrifier, pantin, perpétuel.

Vincent,

Ne sois pas pétrifié à l'idée d'une énième scène de ménage (occupation que tu n'affectionnes guère, cela dit en passant). J'ai pris la plume pour clore une liaison frustrante. Telle une marionnette en mouvement perpétuel, toujours dans un train ou un avion, à marquer cette distance entre nous, tu tardes nos échanges, renvoies nos souvenirs heureux aux calanques grecques et abuses de mes cartes postales avec ton jeu de fléchettes. Passe encore le courrier mais me voici touchée.

Notre relation épistolaire connait un essoufflement sans précédent, te rencontrer devient éphémère : j'en oublie la couleur de ton regard (ton assortiment de lentilles de contact m'égare.)

Cher ex-amoureux, il est temps d'apprendre à finir cette lettre.

Alors, tchao  
 
Pantin !
 


               


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