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L'avis de Val, blogueuse itinérante

Le vieux qui lisait des romans d'amour de Luis Sepulveda.


Antonio José Bolivar vit dans la forêt amazonienne.  Il respecte la nature et les animaux et s'entend très bien avec les indiens qui peuplent cet endroit, C'est un peu un dur à cuire, cet Antonio José Bolivar et pourtant, il aime les romans d'amour que le dentiste lui apporte régulièrement. Dans sa jungle, des hommes meurent. On soupçonne le jaguar et Antonio est l'homme idéal pour partir à la recherche du tueur présumé.


Ce roman est bien sûr un pamphlet pour le respect de la nature et des populations autochtones, on y sent forcément le côté moralisateur et je ne suis pas la lectrice idéale pour ce type de romans. Alors sans doute que Luis Sepulveda est doué, que c'est un grand auteur mais il n'est pas pour moi, je crois et en plus, je ne le trouve pas sympathique quand je le rencontre sur les festivals, ce qui ne m'aide pas à avoir envie de le relire. Je n'avais pas été plus sensible que ça à ce roman en version papier, la version audio n'a rien changé car je ne trouve pas que le lecteur, Féodor Atkine, apporte grand chose.

Date de parution : 03 Décembre 2014.
Durée : 3h21.

Éditions Audiolib

L'avis de Val, blogueuse itinérante

La vérité et autres mensonges de Sasha Arango.


Henry est un auteur à succès qui vit heureux entre sa femme et sa maîtresse qui travaille dans la maison d’édition qui le publie. Son succès est basé sur un mensonge, il n’est pas l’auteur de ses livres mais ce n’est qu’un détail parce que celle qui écrit ses romans n’a pas besoin de reconnaissance pour vivre. Un gros grain de sable vient se glisser dans les rouages de sa vie quand sa maîtresse lui annonce qu’elle est enceinte. 

Ce roman est un polar mais n’en est pas vraiment un. Il y a bien des meurtres mais on sait qui les commet. Parfois, ça n’empêche pas d’avoir entre les mains un polar réussi mais je ne vais pas dire que c’est le cas ici parce qu’il n’y pas de suspense. L’ensemble se laisse écouter, j’ai plutôt aimé l’obsession de l’auteur pour la martre qui m’a rappelé les seules scènes des Petits Mouchoirs  ( film que je n’aime pas du tout à part ça ) qui m’ont fait rire, celle de François Cluzet obsédé par l’animal qu’il n’arrive pas à attraper. Là, ce n’est pas drôle mais le symbolisme autour de cette obsession reste intéressant. J’aime plutôt les polars qui sont le reflet d’un pays ou de la société, ce n’est pas le cas de celui-ci qui pourrait se passer n’importe où. Le lecteur, Olivier Cuvellier, fait ce qu’il peut mais il ne peut pas y faire grand-chose.

Date de parution : 18 Mars 2015 Durée : 8h31
Lauréat du Prix du Polar européen du Point. 

http://www.canelkiwi.com/archives/2014/10/19/30786740.html

                                                                                                                                             by Valérie 

L'avis de Val, blogueuse itinérante

Entretien avec Cécile Coulon autour du Cœur du Pélican

Mes élèves ont la chance de travailler avec Cécile Coulon qui est en résidence à Louviers pour plusieurs semaines. Lors de leur première rencontre, ils ont posé quelques questions à Cécile suite à la lecture de quelques extraits du Cœur du Pélican, publié en janvier 2015 chez Viviane Hamy.

Cet échange fut si intéressant à suivre que je ne résiste pas à l’envie d’en partager quelques extraits avec vous.
image captée sur le site des éditions Viviane Hamy
Le cœur du Pélican est-il inspiré d’une histoire réelle ?

Cécile Coulon : Non, il est inspiré d’une scène de Forrest Gump au cours de laquelle le héros se met à courir et fait le tour des Etats-Unis sans s’arrêter. J’ai aussi pensé à une gymnaste, Emilie Le Pennec, qui a disparu de la circulation après sa médaille d’or et je me suis demandée ce qu’elle était devenue. Avait-elle continué les concours mais n’avait plus jamais remporté de trophée, ou avait-
elle arrêté sa carrière sur cette médaille
?

Est-ce que les pensées des personnages traduisent vos propres pensées ? Ce roman est-il autobiographique ?
Cécile Coulon : Parfois, l’écrit permet de transmettre ce qu’on ne peut dire. J’utilise des émotions ressenties, mais pas des évènements de ma propre vie. Parce que ce serait manquer d’imagination mais aussi parce que ma vie est aussi celle de mes proches et que j’éprouve de la pudeur par rapport à ma famille et à mes amis qui vont me lire. Je pense qu’on n’a pas le droit d’utiliser la vie de nos proches pour un roman qui va devenir public. Dans Le Cœur du Pélican, il y a une relation frère/ sœur qui frôle l’inceste. Lors d’une présentation du roman à Clermont-Ferrant, on m’a demandé si j’avais vécu une telle relation, j’ai vu mes frères blêmir en entendant cette question. C’était bien sûr un pur élément de fiction.

Pourquoi avoir choisi l’image du pélican ?

Cécile Coulon : Au Moyen-âge, le pélican était représenté en train de s’arracher le cœur avec son bec pour nourrir ses enfants. Je trouve cette image de sacrifice très belle. Dans mon roman, Anthime sacrifie tout pour plaire à ses admirateurs et à ceux qui croient en lui, même sa femme et ses enfants.
portrait de Cécile Coulon, capté sur le site de France Culture
Pourquoi vos personnages paraissent-ils tous solitaires dans le Cœur du Pélican?

Cécile Coulon : Pour créer un personnage, il faut s’arrêter sur eux et faire abstraction de ce qui les entoure. Pour les comprendre, il faut aller chercher ce qu’il y a de plus violent en eux. C’est pour ça qu’ils peuvent paraître solitaires mais ils ne le sont pas forcément.

Comment choisissez-vous vos titres ?

Cécile Coulon : Je propose une liste de titres à mon éditrice, Viviane Hamy, qui en choisit un. C’est souvent un titre de poème. Ce titre-ci provient d’un poème de Musset.

Vivez-vous de votre plume ?

Cécile Coulon : Depuis trois ans, j’en vis, oui mais je ne vis pas à Paris et je n’ai pas d’enfants. Je touche 1.20 € sur chaque exemplaire du Cœur du Pélican vendu. Il faut aussi payer l’éditrice, l’imprimeur, les libraires et les autres intermédiaires. Quand on vend 10 000 exemplaires d’un roman, c’est un palier important car on intéresse alors les éditions de poche qui paient des droits pour publier le livre, droits que se partagent l’éditeur et l’auteur. C’est ce qui permet à l’auteur de vivre de l’écriture. Mais un auteur peut aussi gagner de l’’argent en écrivant des scénarios pour la publicité, le cinéma ou les séries télévisées. 
Quand vous êtes un écrivain célèbre, les transactions entre éditeurs pour vous avoir dans une maison d’édition peuvent s’élever à des millions d’euros.

[note : les paliers varient selon les livres de poche]
Logo Terres de Paroles
Festival du 26 mai au 7 juin 2015 
Un grand merci à Cécile pour son enthousiasme qui a conquis mes élèves, pour son éternel sourire aussi. Merci aussi à Erwan et Marie qui s’occupent des relations avec les scolaires dans le cadre du Festival Terres de Paroles. C’est une chance inestimable pour mes élèves et pour moi (qui ne suis que prof d’anglais et non de littérature- mes élèves me demandent parfois pourquoi c’est moi qui m’occupe de ça) de pouvoir participer à ces beaux moments d’échange.

présentation du programme de Terres de Paroles : ici
                                                                                                              by Valérie

L'avis de Val : Le Clan Suspendu - Etienne Guéreau (#1)



Avis de Dame Valérie (qui, elle, sait tenir l'engagement d'une lecture commune, c'est pas comme la gestionnaire de Jemelivre, hein ? )

Le Clan suspendu est une réécriture d’Antigone transposé dans un univers tout à fait différent de l’original. Ismène, le personnage principal, vit dans un village suspendu, dans un arbre, avec sa tribu. Avec toujours la crainte d’Anne, ce monstre qui vit en bas et qui se repait des membres de la tribu. Ismène devient femme, son corps change et elle commence à se sentir attirée par Polynice. Mais Hémon, qui a les dents longues, désire Ismène et il n’est pas du genre à laisser aux autres ce qu’il convoite.

Ce roman parle de thèmes comme la transmission et le passage de relais entre deux générations, les dérives des pratiques sectaires, le mensonge et les mystères qui entourent le passé. L’idée de partir d’Antigone pour le transposer dans autre société fermée, totalement différente est excellente. Antigone est très présent, d’abord parce que l’une des possibilités pour prénommer un enfant est de le prendre dans Antigone et ensuite parce qu’Antigone est le livre de référence du Clan, celui dont ils apprennent des extraits par cœur. Malheureusement, il manque à ce roman un souffle épique. Ismène est un personnage intéressant, Hémon l’est encore davantage mais même si Etienne Guéreau respecte la trame d’Antigone, il nous manque l’âme de la tragédie. Il me semble que ce roman serait davantage à sa place dans le rayon jeunesse, il m’a parfois fait penser à Hunger Games même si l’action y est moindre. J’aurais vraiment voulu aimer ce roman, d’abord parce que c’est un coup de cœur pour ma copine Mathilde, et ensuite parce que j’ai trouvé l’auteur sympathique (et esseulé) quand je l’ai rencontré à la Maison de la radio.

C’est avec grand plaisir que je partage cette lecture avec Philisine. J’ai hâte de lire son avis. (oui, il va falloir attendre un peu que la demoiselle ait fini de lire ledit bouquin !)

Éditeur : Denoël (Septembre 2014)

contexte de la chronique de Valérie : elle m'a été envoyée par courriel, je n'ai censuré aucun de ses mots et j'ai choisi en accord avec elle de la publier le jour décidé de notre LC (qui ne produira donc pas un BC - billet commun- en raison de mon retard).  Mes seuls rajouts sont mes commentaires en italique. Des bises

d'autres avis : Jostein, Leiloona, Ramettes,