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Meurtre en Mésopotamie - Agatha Christie (entre ** et ***)

J'ai lu Meurtre en Mésopotamie pour reprendre contact avec Miss Agatha tout en répondant au défi d'Enna du Petit Bac 2025. Dernier thème à aborder pour clore ma première et dernière ligne (oui je sais, je n'ai jamais été précoce.) et quoi de mieux que la reine du roman policier pour clore ce beau défi de l'année !

 
On retrouve notre Hercule Poirot aussi astucieux que fier de ses trouvailles et de ses conclusions, de son esprit vif de fin observateur de l'âme humaine. Dans Meurtre en Mésopotamie, notre très cher detective belge se prend d'affection pour une nurse engagée tout récemment par un archéologue inquiet de la santé de sa femme. Notre nurse très sensible au moindre détail et attachée à répondre à ses engagements n'aura que peu de temps à s'attacher à sa patiente qui décède assassinée peu de temps après l'arrivée de sa soignante.  L'enjeu de ce huis-clos va être de défaire les fausses déclarations, les vrais ressentiments et comprendre en quoi la victime ne laissait absolument personne indifférent.

J'avais oublié que Miss Agatha aimait autant les personnages, j'avais oublié que ses intrigues regorgeaient autant de rôles secondaires, et que se souvenir de chacun d'eux nécessitait une bonne attention et une patience que je n'ai pas eues pour cette histoire. Bizarrement, Meurtre en Mésopotamie ne m'a pas super convaincue. Ce n'est pas le style d'écriture : la plume d'Agatha est toujours précise et riche lexicalement. C'est peut-être le rythme et les bavardages qui ne m'ont pas enthousiasmée. Je me suis perdue dans les personnages, je me suis perdue même dans les scènes : j'ai eu un mal fou à visualiser celles de crime, à imaginer les actions stratégiques, à visualiser les lieux (et pourtant ce n'est pas faute d'avoir un plan de la maisonnée). Je crois que j'aurais bien voulu des descriptions (lieux, scènes, actions) et un peu moins de psychanalyse. Et surtout, je n'ai pas cru au scénario (parce que quoiqu'on en dise, si l'esprit peut oublier des moments de vie et de proximité, le corps lui se souvient souvent.). Bref j'étais à la fois contente de découvrir Meurtre en Mésopotamie et un peu déçue du traitement. C'est un peu ballot tout de même !
 
Éditons Le Masque

Belle traduction de Louis Postif
 
Exemplaire issu d'une boîte à livres. 
 
Et ma participation (catégorie CRIME : MEURTRE en Mésopotamie) pour ma ligne du Petit Bac 2025 d'Enna

Bristol - Jean Echenoz (entre ** et ***)

Bon, j'aime toujours autant l'écriture de Jean Echenoz mais là je n'ai pas adhéré à l'univers foutraque de Bristol. J'entends bien que l'auteur s'est amusé à nous balancer une galerie de portraits, qu'il a pris un menu plaisir à introduire tel personnage et ensuite à le placer dans l'intrigue pour justifier son introduction. J'ai parfaitement saisi qu'il a brodé, beaucoup brodé, qu'il est parti d'un point A pour arriver à un autre point B et en empruntant pas forcément le plus court chemin, voire plus long l'itinéraire fut, plus l'auteur a apprécié (moi, un peu moins). J'imagine que Bristol est bourré de clins d’œil artistiques (cinématographiques, littéraires... du type nouvelle vague, nouveau roman français), je les ai ratés. Oui, Jean Echenoz a fait de son histoire une non-histoire, c'est-à-dire un cumul d'instantanés de vie avec un film en genèse, une défenestration en énigme, des parties de jambes en l'air régulières. L'histoire démarre par un anti-héros Bristol, un réalisateur à la recherche de fonds de financement de son film, qui vit l'instant présent (et ne se projette guère... une vraie dichotomie intellectuelle), qui dit oui à peu près à tout et réfléchit après. L'incipit présente une chute mortelle et une entrée fracassante dans l'intrigue, après se déroule un tournage catastrophe et la suite, je vous laisse découvrir. 

Dire que j'ai aimé, c'est plutôt non : j'ai lu sans rien comprendre et je suis à peu près sûre de ne rien retenir. Après, le traitement des personnages est intéressant : manipulés ils le sont par la fantaisie et la liberté de leur auteur. Les mots qui ressortent de cette lecture sont "décousu" et "bordélique". Reste la plume de l'auteur plus libérée que jamais, avec une volonté cette fois de moins se montrer, d'être moins présent (j'ai apprécié). Bref à vous de voir... je sais mon avis peu engageant mais je ne vais pas vous mentir non plus.

A emprunter plutôt qu'à acheter, si vous voulez découvrir cette oeuvre : c'est plus sûr pour éviter deux déceptions (la lecture et l'achat)

Les Éditions de Minuit. 

Du même auteur : Des éclairs    Envoyée spéciale   ;    14   ;    Vie de Gérard Fulmard

Le café du temps retrouvé - Toshikazu Kawaguchi (entre ** et ***)

Bon, je ne pensais pas lire le second volet de la série littéraire du Café de l'auteur japonais Toshikazu Kawaguchi. Après une première lecture par les oreilles de Tant que le café est encore chaud, j'ai poursuivi par les yeux celle de Le café du temps retrouvé. Conclusion : j'aurais mieux fait de respecter ce que je m'étais promis.


Voilà on retrouve les protagonistes du premier tome, on apprend davantage l'histoire de la dame blanche, on comprend l'importance des signaux sonores émis lors de conversations, on découvre un personnage du futur. Voilà Le café du temps retrouvé permet une lecture agréable d'été, un moment sympa pour lequel il ne m'est absolument rien resté et ceci peu de temps après ma lecture. Soit j'étais hyper fatiguée (ce que je peux largement concevoir) soit rien absolument rien ne s'est figé en moi (aucune image, aucune scène, aucun personnage, rien de rien... si à part les anecdotes du bijou, du rendez-vous à plus tard et de la transmission du rituel "tasse" que j'ai trouvées touchantes). Et ce n'est pas faute d'avoir lu avec attention ledit bouquin. 

Conclusion : il est temps pour moi d'arrêter cette série qui présente un énorme avantage : celui de proposer des tomes courts (format que j'affectionne tout particulièrement). Je comprends son succès public, les histoires et les relations humaines sont douces, la lecture n'est pas prise de tête, les personnages principaux sont tous bienveillants, l'écriture est sympa. Mais il me manque l'émotion, quelque chose qui me ferre complètement à l'histoire, qui m'embarque. J'aurais au moins essayé... par deux fois et avec deux modes de lecture différents, on ne peut pas dire que je n'ai pas mis du mien ! 

Éditions Le Livre de Poche 

Traduction : Mathilde Tamae-Bouhon

Du même auteur : Tant que le café est encore chaud

[Jeunesse] Le problème de Nath - Gérard Tenenbaum (entre ** et ***)

Nath est un adolescent du futur (années 2038) qui a une difficulté : réussir les tests INPPM ( Instruction Nationale pour les Plus Méritants), le Graal pour la poursuite d'études gratuites à haut potentiel professionnel. Le problème est que Nath et les maths, cela fait deux (ou plusieurs !) et que l'épreuve de mathématiques fait partie des fameux tests INPPM. S'ajoute un léger problème familial à régler (une survie en jeu) et notre Nath qui n'aime pas les maths va se révéler être un grand aventurier et traducteur des formules scientifiques.


J'ai lu une première fois Le problème de Nath et je n'ai rien compris. Je l'ai lu une seconde fois (en mode rapide) et là j'ai compris ce qui m'avait déroutée et endormie. Si j'admire le talent de l'auteur Gérard Tenenbaum à construire un univers futuriste, à camper ses personnages, je reconnais que l'auteur m'a bien perdue avec ses nombreuses digressions, qui au mieux complètent l'affaire, au pire l'alourdissent  et en règle générale, les deux effets cohabitent ! La mémoire de l'eau, c'est sympa mais elle m'a perdue. Le scénario est d'un compliqué aussi et guère plausible (vous allez me dire, on est dans le futur !!! Certes, mais maintenant qu'on est en 2024, on peut dire que ce futur est relativement proche et j'ai un peu de mal à penser que la vie d'une personne pèse sur les épaules d'un petit bonhomme qui doit jongler entre des formules qu'il ne comprend pas, un dosage qu'il ne maîtrise pas complètement et tout cela avec un risque majeur d'intoxication, et sans que le problème moral ne se pose jamais !). 
 
Sur les mathématiques (domaine de prédilection de l'auteur), rien n'a redire : on a le droit à un très joli problème d'immersion d'une boule dans un récipient cylindrique (problème qui pourrait être abordé en classe de seconde), des sections planes d'une sphère, des jeux de mots de dérivation et une formule mystère avec une fonction fondamentale du lycée ; tout cela est serti d'un discours que parfois en mathématiques on n'est pas obligé de tout comprendre pour résoudre ou avoir une démarche de résolution  d'un problème posé (ce qui est vrai, à condition de comprendre un minimum tout de même, et là visiblement, Gérard Tenenbaum occulte ce léger détail.). 

Une dernière chose : il y a quelques personnages (pas des masses mais quand même) et j'ai lu le livre fatiguée. Il m'a fallu du temps pour en intégrer quelques-uns, surtout que certains font un passage éclair. Donc si vous avez envie de découvrir Le problème de Nath, n'hésitez pas à prendre un papier et un crayon et de tracer un arbre généalogique ou un arbre de relations. C'est un peu pareil avec l'arc narratif, j'ai lu l'enchainement des actions et des scènes; il m'a manqué une articulation plus prononcée, une narration romanesque. Elle existe sûrement mais je n'ai pas senti son ossature.
 
Après, il est possible que Le problème de Nath incarne le type habituel de livre d'aventure pour la jeunesse (Nath a 13 ans) et je ne suis pas une spécialiste de la littérature Jeunesse. Mais je sais aussi que j'ai gardé une âme de (vieille) enfant et j'ai besoin de croire un peu en ce que je lis pour adhérer au discours proposé. Là, j'ai été moyennement convaincue.

Éditions Le voile des mots

Lu en service de presse : je remercie la maison d'édition pour le partenariat et la patience.


Je m'attache très facilement - Hervé Le Tellier (entre ** et ***)

Dans Je m'attache très facilement (au titre très explicite), Hervé le Tellier présente un double littéraire, cinquantenaire, qui s'amourache d'une Écossaise, de vingt ans au moins sa cadette. Motivé à retrouver son amante, notre anti-héros prend le vol et se casse la figure, pas attendu du tout par la dulcinée. Hervé Le Tellier nous raconte son séjour écossais aussi grandiose que la douche éponyme.

J'ai lu Je m'attache très facilement sans regret mais sans conviction non plus. Il ne m'en reste rien après un mois de la lecture et c'est un signe. Aucune scène ne m'a accrochée, ne m'a percutée. Je reconnais pourtant une chose à Hervé le Tellier : sa sincérité à incarner son héros, sa capacité à décrire cet état amoureux où on veut que l'autre soit aussi amoureux qu'on l'est soi-même, au point de flirter avec l'égoïsme et la manipulation. D'un côté, un homme à la force de l'âge qui n'a qu'une envie (prolonger son état de jeunesse et de jouissance), de l'autre une jeune femme en devenir qui a succombé en France et a repris ses esprits au retour du pays. Entre les deux, des silences, des incompréhensions, une différence d'âge et d'attente (et pour moi, un peu d'ennui). 

Je m'attache très facilement est un écrit court d'Hervé Le Tellier, qui raconte avec une douce ironie (comme à son habitude) les mésaventures d'un héros vieillissant, en quête d'une vie affective palpitante. Voilà, voilà, voilà.

Éditions Mille et une nuits.

Emprunté à la bibliothèque

Du même auteur : 
L'anomalie  Assez parlé d'amour - Toutes les familles heureuses   - Cher Père Noël (du collectif OuLiPo) 


 

Ravel - Jean Echenoz (entre ** la première partie et *** la seconde partie)

J'aime beaucoup l'écriture de Jean Echenoz, son style sympa, accessible, à la limite du pote. J'aime et là je reconnais que j'ai été hérissée par le discours complètement creux utilisé dans Ravel dans la première partie du livre (j'ai même failli abandonner la lecture, lassée par l'accumulation de noms illustres rencontrés, sans traitement derrière. J'ai senti l'absence de fond et le talent gâché, surtout que Jean Echenoz est tellement capable de mieux, mais tellement mieux). Heureusement, le traitement du Boléro et son double contrefait ainsi que celui de l'état de vieillesse du héros sauvent une histoire mi-figue mi-raisin. 

Dans Ravel, Jean Echenoz relate, ou disons, imagine les dix dernières années de la vie du compositeur génial. Cela débute par un voyage aux States (avec un voyage en croisière) et une tournée triomphale, puis un retour en Europe. Cette partie m'a laissée aucune souvenir : à part des visages, des noms et des villes cités, on a rien, mais absolument rien (et l'auteur se dispense de toute interprétation et s'en défend... et là je me dis "que de pages totalement inutiles".). Puis vient l'histoire du Boléro et là, l'intrigue et l'esprit d'imagination de Jean Échenoz s'emballent : on sent l'incarnation des personnages, on visualise la dualité artistique mise en avant par le personnage, on sent aussi le boulot de recherche de l'auteur, son implication de créateur aussi. J'ai aimé découvrir qu'une composition musicale est aussi une histoire, que chaque note et chaque ton respectent un univers, que les changer bouleverse l'équilibre et modifie durablement l'intrigue construite (un peu comme un code informatique ou un codage séquentiel génétique est perturbé et ne renvoie pas la même information suite à une seule altération). J'ai trouvé fin et juste aussi le traitement de la fin de vie de Ravel : la lente décadence. C'est dit et explicité avec finesse et classe, tout en respect, à l'image de ce compositeur, qui n'a jamais perdu attendrissement et perfectionnisme, suffisamment modeste pour reconnaître le talent d'un autre (si tant que cet autre existe ou a existé) avec son oreille absolue. 

Moralité : Jean Echenoz a une plume fantastique qui amplifie tout : le discours creux et le néant, le sublime et le nourri. Dommage que son Ravel ne soit pas aussi homogène que l'univers du compositeur qu'il est censé honorer.

Éditions de Minuit

emprunté à la bibliothèque

autres avis :  Keisha,

du même auteur : Des éclairs  Envoyée spéciale - 14  - Vie de Gérard Fulmard

 

Femmes sans merci - Camilla Läckberg (entre ** et ***)

Femmes sans merci présente trois femmes malheureuses en amour qui décident de changer leur quotidien de façon drastique.

Dans le passé, j'ai lu une partie de la série Jjällbacka (plus exactement j'ai lu les quatre premiers tomes) et à l'époque j'avais bien aimé : c'étaient des lectures sympas avec une héroïne attachante (la romancière Erica Falck) et son amoureux d'enquêteur Patrick Hedstrôm : pas des coups de cœur mais bien des moments agréables de lecture. 

Là, je dirais que Femmes sans merci est une histoire sans chichi, qui se lit sans difficulté, avec des héroïnes de notre époque même si la fatigue aidant, j'avais un peu de mal à les distinguer (c'est bien leur propre contexte conjugal qui m'a aidée à chaque fois à les repérer).

Toutefois cette intrigue m'a semblé boiteuse. Si deux de ces femmes sont mariées à deux beaux salauds dont on comprend aisément qu'il serait utile pour leur survie qu'elles s'en débarrassent, la troisième connaît les affres de l'infidèle constant et là, on comprend un peu moins son esprit revanchard. Le premier contact des trois héroïnes n'est pas clairement explicité dans le roman (ou alors j'ai sauté les pages qui le précisent) et cela m'a vraiment manqué : à croire que Camilla Läckberg a laissé de côté le nœud de l'histoire. Sinon, le reste se tient : l'alternance des trois vies donne un rythme à la narration ; l'écriture est efficace. On survole les problématiques sociétales (la maladie, le défaut de soin, la maltraitance, le mariage arrangé) mais après tout, on n'est pas non plus là pour faire de la politique et c'est clairement le modèle choisi de la nouvelle qui ne permet pas d'entrer dans les détails.

Donc, en résumé, Femmes sans merci (à l'excellent titre à double sens : pas de pitié pour les salauds, le peu de reconnaissance de ces femmes de l'ombre) est une lecture idéale au coin du feu (ou sous un plaid), en sirotant un bon chocolat chaud (ou une infusion si vous êtes en période régime). Je ne suis pas certaine qu'il m'en restera de grands souvenirs dans un an.

Une image : une corde fatale entre deux arbres.

Editions Actes Sud

Traduction du suédois de Rémi Cassaigne

Emprunté à la bibliothèque

Cendres - Anne Duvivier (entre ** et ***)

Cendres aborde la mission de trois femmes en Italie : répandre les cendres d'un défunt. Deux d'entre elles -Lila (l'âinée) et Violette- sont sœurs, la troisième -Hélène- est leur cousine germaine. Leurs pères étaient frères. Et ce voyage a priori anodin va se révéler plein de surprises.

Cendres offre une écriture qui claque, une plume honnête qui ne s'embarrasse pas du superflus et va à l'essentiel. Anne Duvivier garde le cap de son histoire de famille chargée qui tient ses promesses au-delà de la mort. Les trois quinquas ont des comptes à régler avec le passé et leur présent : cela fouette et cela dégage, pour mieux reconstruire.

Les personnages sont correctement campés, l'écriture d'Anne Duvivier est alerte, drôle et accrocheuse. Je loue la capacité de l'autrice à planter son décor, une atmosphère, , à nous proposer des femmes vives. Mais je n'ai pas réussi à m'attacher à aucune d'entre elles, ni à leur passé / leur présent / leur futur. J'ai surtout trouvé un peu grosses les ficelles. J'ai été dérangée par le devenir très incertain au cours du roman de ces fameuses cendres (peut-être mon côté old school). Je n'ai pas complètement cru à l'histoire, ni aux amours éphémères, ni aux retournements de situation, ni aux réconciliations. Je pense qu'il y a en un peu trop à mon goût, au point de prendre le risque de perdre en discours.

Cendres est un roman court sans prise de tête et qui propose un moment agréable de lecture, malgré quelques imperfections.

Éditions MÉO

Lu en service de presse : je remercie les éditions MÉO pour l'envoi de ce roman. 

Autres avis : Antigone, Philippe Dester,