13 à table ! 2026 propose le thème Quelle bonne idée ! pour fêter dignement les quarante années des Restos du Coeur. Comme toujours, certaines nouvelles me parlent beaucoup, m'émeuvent, d'autres me laissent de marbre. C'est normal, le recueil est suffisamment riche et varié pour plaire au plus grand nombre.
J'avoue que cette année, j'ai particulièrement apprécié Quatorze minutes de Karine Giebel, une nouvelle forte qui fait passer par plein d'émotions : c'est une réussite (tant dans sa construction que dans sa narration) dans laquelle une absence peut à tout jamais changer la vie d'un humain.
J'ai éclaté de rire devant À nos actes manqués de Céline Denjean (une guerre sous fond de rosiers et de terrassement). Et pourtant si on y réfléchit, la situation n'est pas si drôle.
J'ai apprécié La Terre de lait de Sandrine Collette (l'exode des nourrices rurales pour gagner plus d'argent en ville.) et Le petit chat de la rue Murillo de Michel Bussi (l'adoption d'un félin par une famille parisienne sous fond d'éradication animalière. Même si la fin m'a paru bien obscure et métaphorique -j'aurais aimé plus de détails- , j'ai senti le même glissement que celui de Matin brun de Franck Pavloff, livre que je vous surconseille de lire, surtout en ces temps obscurs.).
J'ai découvert la plume usitée de Mireille Calmel dans La Tablée (tout est bon pour maintenir une brasserie généreuse) et le héros ordinaire, bienveillant et sans génie de Raphaëlle Giordano dans L'Homme sans idées. Lorraine Fouchet revisite des retrouvailles amicales version vachardes dans Une idée qui n'a pas de prix. Une sororité à recomposer. Alexandra Lapierre propose les effets d'un parfum érotique dans Senza fine - Le parfum de Pops ! Romain Puertolas anticipe l'immortalité dans son Cryogenic, intéressant, bien travaillé et glauque.
J'ai été moins fan de certaines nouvelles : La Montée des Eaux de Philippe Besson (je ne suis pas certaine que risquer la vie de camarades soit une si super idée), Odette de Valérie Perrin (l'autrice aborde les déserts médicaux au travers d'une histoire tout personnelle, et sans nuance.), Guérilla de Henri Loevenbruck (une guerre fleurie qui flirte allègrement avec des manquements à la loi), Quelle drôle d'idée d'Agnès Martin-Lugand (un univers bienveillant d'une maison d'hôtes dont le modèle économique n'est pas complètement assuré.)
Quand on ferme 13 à table ! 2026, on remercie les auteurs et autrices d'avoir pris le temps de nous évader, de nous proposer des écrits construits et consistants, de nourrir notre cerveau. La vente de ce recueil permet l'achat de 5 repas pour les plus démunis. Les Restos du Coeur fêtent leurs 40 ans, ce recueil est un cadeau qui a beaucoup d'intérêt. Et on remercie aussi tout le monde éditorial de rendre possible un tel objet à ce prix-là.
Éditions Pocket

C'est une belle tradition ce recueil de nouvelles des Restos du coeur.
RépondreSupprimerOui une belle tradition qui nécessite des efforts de tout le monde pour en faire un objet de qualité littéraire incontestable.
SupprimerJe ne rate aucune édition ; celui-ci m'attend tranquillement.
RépondreSupprimerChouette j'ai hâte de savoir ce que tu en penses.
SupprimerMalheureusement, trop de nouvelles m'ont déçue. Valérie Perrin rabaisse complètement le personnel médical dans sa nouvelle et celle de Martin-Lugand est d'une platitude...
RépondreSupprimerJ'ai trouvé que la nouvelle de Valérie Perrin manquait de nuance à l'égard du monde médical. Je ne nie pas qu'elle ait pu vivre certaines scènes mais pour côtoyer régulièrement des soignants (secrétaire, agents d'entretien, aide-soignants, infirmiers, psychiatre etc) auprès des personnes âgées, je les trouve d'un courage et d'une empathie exemplaires et louables.
SupprimerJe l'ai commandé. Je le lirai comme tous les ans. J'avais lu qu'il était moins bon que d'habitude, mais tu as apprécié plusieurs nouvelles, je vois.
RépondreSupprimerBonne fin d'année.
J'ai découvert des autrices dont je n'avais lu aucun écrit et j'ai eu de belles surprises. Néanmoins j'ai préféré l'édition 2025 à celle-ci.
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