Psychopompe - Amélie Nothomb ***

Je pense qu'Amélie Nothomb gagnerait à savoir arrêter un livre au bon moment. Je m'explique : j'aime bien cette autrice, j'aime assez ses intentions et son écriture (son vocabulaire est toujours nourri et elle possède une plume éclairée tout en étant accessible).   

Lorsque j'ai débuté Psychopompe, j'ai apprécié le pitch de départ et l'inclinaison forte d'Amélie Nothomb à regarder les oiseaux, à les admirer. J'ai aimé leur compagnie et leur présence pendant toutes les péripéties de voyage et de déplacements professionnels du père d'Amélie. J'ai trouvé que leurs descriptions renforçaient les éléments du discours de l'autrice, à propos des conditions de vie de la population locale, à propos des relations géopolitiques. Et puis en seconde partie, le récit va vers l'intime, vers l'écriture et la relation au père et là je n'y ai plus cru du tout, je me suis même détachée (à défaut de voler). À vouloir tout associer à un psychopompe, Amélie Nothomb m'a perdue : j'ai trouvé le trait forcé et quasi ridicule.  

Résultat : une moyenne de lecture de *** alors que la première partie flirtait vers le **** et la dernière partie vers le **. C'est ballot tout de même !

Éditions Le Livre de poche 

Et un de plus pour le challenge Les gravillons de l'hiver de Sibylline 

et pour le défi En sortir 26 en 2026, défi lancé par Maghily (et logo repris chez Mokamilla) : vous retrouverez les participants et participantes grâce aux deux liens. 



149 pages 

4/26

Ma liste En sortir 26 en 2026 (en construction et au gré de mes publications)
 1. La nuit retrouvée - Lola Lafon et Pénélope Bagieu [PAL 2025]
 2. Chiennes de garde - Dahlia de la Cerda [PAL 2025]
 3. À quoi songent-ils ceux que le sommeil fuit ? - Gaëlle Josse [PAL 2025]
 4. Psychopompe - Amélie Nothomb [PAL 2025]

[Nouvelles] À quoi songent-ils ceux que le sommeil fuit ? - Gaëlle Josse ****

Retrouver la plume de Gaëlle Josse c'est comme avoir un rendez-vous avec une bonne copine / un bon copain : je me sens tout de suite chez moi, prête à chouchouter dans un climat bienveillant et respectueux, avec une écriture d'une grande poésie. J'aime retrouver cette écrivaine, dont l'univers me fait un bien fou : j'aime son style, j'aime son écriture, j'aime les endroits dans lesquels elle fait passer son lectorat. Bref, je continue ma découverte de son œuvre et à chaque fois, je suis conquise. Le recueil de nouvelles au titre si explicite et si fabuleux, À quoi songent-ils ceux que le sommeil fuit ?, ne déroge pas à cette règle. Tip top !

Gaëlle Josse a conçu son recueil de portraits et d'instantanés de vie avec la contrainte de la nuit, celle qui s'étire, celle qui se prolonge, celle qui est perturbée, celle qui permet les pensées de vagabonder (parfois un peu trop). Il y a dans À quoi songent-ils ceux que le sommeil fuit ? des récits si courts - 2 à 3 pages souvent - qu'ils se rapprochent de microfictions (si chers à Régis Jauffret). Entre chaque changement de personnage et de cadre, des petits mots de poésie et de respiration de Gaëlle Josse.

À quoi songent-ils ceux que le sommeil fuit ? : une belle question avec des éléments de réponse avec l'attente d'un père concernant l'appel de sa fille, des retrouvailles sous fond de lutte de classes, l'attente d'une femme pour un absent, le regard absent après les effusions ou après un bloc opératoire qui vire au cauchemar, le voyage plein de promesses, la bague de la discorde, un oreiller cajoleur, le concert de trop, la voyeuse d'amoureux, la maison de famille sans portique, les appels d'un frère...

Gaëlle Josse varie les histoires, les personnages, les regarde évoluer et penser avec respect (pour ses créatures et pour ses lecteurs). Le style reste descriptif sans variation de registres. 

À quoi songent-ils ceux que le sommeil fuit ? est un recueil de grande qualité, comme le sait faire cette autrice prolifique et innovante. 

Éditions J'ai lu (merci pour cette très belle première de couverture : quelle classe tout de même !) 

De la même autrice : De nos blessures un royaume -  L'ombre de nos nuits   - Le dernier gardien d'Ellis Island - Les heures silencieuses - Noces de neige - Nos vies désaccordéesUn été à quatre mains - Une femme en contre-jour  -  Une longue impatience 

Et un de plus pour les challenges Petit Bac 2026 d'Enna et Les gravillons de l'hiver de Sibylline 

et pour le défi En sortir 26 en 2026, défi lancé par Maghily (et logo repris chez Mokamilla) : vous retrouverez les participantes et participants de ce défi grâce aux deux liens.

Catégorie Pronom personnel sujet (À quoi songent-ILS ceux que le sommeil fuit ?)

189 pages 

3/26

Ma liste En sortir 26 en 2026 (en construction et au gré de mes publications)
 1. La nuit retrouvée - Lola Lafon et Pénélope Bagieu [PAL 2025]
 2. Chiennes de garde - Dahlia de la Cerda [PAL 2025]
 3. À quoi songent-ils ceux que le sommeil fuit ? - Gaëlle Josse [PAL 2025]

L'heure zéro - Agatha Christie *****

L'heure zéro est un excellent Agatha Christie, j'entends par là que je n'ai pas grand chose à lui reprocher, j'ai pris un réel plaisir à lire cette histoire, à faire des pronostics et à me planter (comme toujours... Je ne serai jamais une Miss Marple ou une Herculine Poirot : les héros récurrents d'Agatha Christie ont un sens de l'observation et une mémoire que je n'ai pas.). Un conseil : lisez attentivement L'heure zéro pour trouver avant la fin. C'est le genre d'histoire qui mérite d'être lue deux fois (une première fois pour le plaisir, une seconde fois pour repérer tous les indices qu'a gentillement disséminés Agatha pour aider son lectorat et je peux vous dire qu'elle en a écrits). Telle une lapalissade, l'histoire commence de la première page à la dernière page, comme le discours de l'écrivaine le prétend (un meurtre prémédité prend parfois racine dans un passé lointain et tous les éléments convergent vers une vérité - et pas forcément la vérité-).


J'ai trouvé le scénario béton avec une construction d'une grande intelligence, et j'ai apprécié le renouvellement de cette immense écrivaine : Agatha Christie débute L'heure zéro par des tranches de vie qui apparemment ne se correspondent pas mais qui vont servir tôt ou tard à l'intrigue et seront rappelées à bon escient. Toute réflexion, toute attitude de personnage n'est jamais inutile : d'ailleurs dans L'heure zéro, rien n'est superflu, rien n'est à jeter. Tous les détails servent (un ascenseur en panne, un club de golf, une odeur de poisson mort, etc.). Les personnages sont bien cernés et démarqués, certains avec un passé trouble ou des fragilités tantôt apparentes, tantôt anciennes, tantôt les deux !

La psychologie des personnages est bien mené, les secrets sont partiellement divulgués voire reformulés, ce qui renforce l'intérêt de dépatouiller le vrai du faux. On sent bien que

  • l'atmosphère générale est pesante (et pourtant, longtemps, il n'y a pas de décès à constater),
  • tout ce petit monde qui se retrouve en vacances en septembre dans la belle demeure de Lady Tressilian n'est pas totalement jouasse de cohabiter mais le fait bon gré mal gré,
  • l'idée de son neveu (Neville Strange) de réunir sa première épouse (Audrey) dont il est divorcé et sa seconde épouse (Kay) pour qu'elles deviennent de grandes copines le temps d'un séjour de quinze jours n'est pas l'idée du siècle, tout le monde en convient.

Bref, lisez ce roman, il est top !

Éditions du Masque 
Traduction et adaptation de Michel Le Houbie 

Exemplaire issu d'une boîte à livres

Et un de plus pour les challenges Un hiver polar d'Alexandra et Petit Bac 2026 d'Enna.

Catégorie Passage du temps (L'HEURE zéro) 


 

 

[Nouvelles] Chiennes de garde - Dahlia de la Cerda (entre **** et *****)

Chiennes de garde est un recueil de portraits-nouvelles de combattantes, un recueil incisif, corrosif, percutant et violent. Oui, cet écrit est à la mesure de l'univers mexicain dans lequel vivent certaines femmes, très loin de l'image des plages, temples et paysages de ce pays, plus près du narcotraffic et du hors-zone. D'ailleurs ces femmes répondent à hauteur de leur agression ou de leur perte, souvent en raison de l'absence de défense judiciaire suffisante et préalable. 

Dahlia de la Cerda nous présente des femmes qui en ont marre de subir et qui choisissent de prendre leur destin en main dans notre monde ou celui des ombres. C'est d'ailleurs une vraie réussite dans ce recueil de portraits de savoir les faire se correspondre et de les fondre dans les mythes du pays (les morts et revenants ont une place particulière dans ce livre). C'est fait avec maestria et une bonne dose d'intelligence et de culture. L'entrée dans Chiennes de garde démarre dans un cabinet libérateur, puis on croise une héritière qui souhaite venger la mort de sa plus proche amie, victime d'un féminicide, une tueuse (voire plusieurs tueuses). Les histoires se croisent, chacune relatant un parcours et beaucoup de luttes pour (sur)vivre ou sur-vivre. 

L'écriture de Dahlia de la Cerda est vive, crue, directe. Elle ne lésine pas et ne ménage pas son lectorat. La violence s'exprime dans les faits, dans les actes, dans les mots. Le tout formé par Chiennes de garde est cohérent, il n'y a pas de répétition, chaque histoire est unique et complète la précédente (s'il le faut). 

Cette édition Points présente en fin d'ouvrage un glossaire de mots mexicains qui n'ont pas été traduits (ils apparaissent en italique dans le texte) : c'est utile. 

Un livre uppercut, intéressant et sombre. 

Éditions Points 

Traduction de Lise Belperron 

Et un de plus pour les challenges Petit Bac 2026 d'Enna et Les gravillons de l'hiver de Sibylline 

et pour le défi En sortir 26 en 2026, défi lancé par Maghily (et logo repris chez Mokamilla) : vous retrouverez les participantes et participants de ce défi grâce aux deux liens.

 
Catégorie Animal (CHIENNES de garde)

Et un de plus pour le challenge Les gravillons de l'hiver de Sibylline. 


189 pages + 3 pages de glossaire




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Ma liste En sortir 26 en 2026 (en construction et au gré de mes publications)
 1. La nuit retrouvée - Lola Lafon et Pénélope Bagieu [PAL 2025]
2. Chiennes de garde - Dahlia de la Cerda  [PAL 2025]